Deux enfants arrêtés à la sortie de leur école

Par , le 21 mai 2009 à 11h31 , mis à jour le 09 janvier 2010 à 13h21

L'interpellation en pleine sortie des classes de deux élèves de CP et de CM1, âgés respectivement de 6 ans et 10 ans, suscite la réprobation à Floirac, près de Bordeaux.

L'entrée de l'école Louis-Aragon, à Floirac (21 mai 2009)Image d'archives © TF1/LCI

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La mère du petit Hisham témoigne
 
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Ce qui aurait pu n'être qu'une banale affaire de vol de vélo s'est transformé en quelques heures à Floirac, dans la banlieue bordelaise, en une polémique impliquant une école, deux familles d'élèves... et surtout la police, dont les méthodes ont provoqué la colère de plusieurs parents. Les faits se sont déroulés mardi après-midi et ont été révélés par le quotidien Sud-Ouest. Le lieu : l'école élémentaire Louis-Aragon, un établissement comptant un peu moins de 200 élèves. Six membres des forces de l'ordre, et deux véhicules, ont été mobilisés pour interpeller deux enfants de parents différents : l'un scolarisé en classe de CP, aura 7 ans au mois d'août ; l'autre, un élève de CM1, est âgé d'une dizaine d'années. L'interpellation a eu lieu en pleine sortie des classes, devant des enfants que leurs parents venaient chercher, sans que ni la direction de l'établissement, ni les enseignants n'aient été prévenus de ce qui se passait aux portes mêmes de l'école. A l'origine de cette intervention policière, la plainte d'une mère d'élève du même établissement. Elle aurait cru reconnaître successivement deux vélos volés à ses enfants : un vert, et un bleu.

Olivier Billand, le directeur de l'école, tombe des nues. "Je venais de recevoir deux parents d'élèves dans mon bureau, quand deux de mes collègues sont venues me dire que la police était venue interpeller des enfants dans la rue à côté de l'école", témoigne-t-il sur LCI.fr. "Il devait être aux alentours de 17 heures. Elles venaient elles-mêmes d'être prévenues par une élève. Comme notre école donne sur une voie piétonne, que nous ne voyons pas directement, nous ne pouvions pas savoir qu'il y avait là des policiers qui attendaient. Je suis aussitôt sorti, mais il n'y avait plus rien à voir. Et quelques minutes plus tard, la maman d'un des enfants qui avaient été interpellés est venue crier sa colère. Je suppose qu'elle s'imaginait que les policiers étaient intervenus dans l'école même".

"Elle a cru reconnaître un vélo volé à son frère"

Cette mère, Aïsha, dont le petit Hisham, 10 ans, s'est ainsi retrouvé au poste, ne cache pas sa révolte. "C'est l'école maternelle où se trouve mon autre petit garçon de 4 ans qui m'a prévenue mardi après-midi. Elle m'a dit qu'Hisham n'avait pas pu passer le récupérer comme d'habitude. L'institutrice ne voulait pas m'en dire plus au téléphone. C'est seulement quand je suis arrivée là-bas qu'on m'a dit que mon fils avait été arrêté devant son école, qui est juste de l'autre côté de la rue. Je suis allée réclamer des explications, je leur ai demandé : comment pouvez-vous laisser embarquer des enfants comme ça... Mais ils m'ont dit qu'ils n'avaient rien vu. Alors, je suis allée au commissariat, où j'ai été entendue, ainsi que mon fils, pendant deux heures. Je voyais bien que là-bas, les policiers étaient mal à l'aise. Qu'eux-mêmes n'approuvaient pas ce qui s'était passé. Quand il y a un problème avec un enfant, on téléphone aux parents, on n'agit pas comme ça".

Du côté de l'école aussi, l'intervention est aujourd'hui qualifiée "d'ahurissante". Olivier Billand s'interroge : "N'y avait-il pas d'autres manières de faire ? S'ils m'avaient posé la question, je leur aurais dit de contacter les familles, pour régler ça autrement. Aujourd'hui, il y a des élèves qui se demandent si leurs camarades ont été mis en prison, il va falloir que je passe dans les classes lundi pour en discuter avec eux et leur répondre". Les enfants ne sont d'ailleurs pas forcément les plus choqués ; certains parents d'élèves sont plus virulents.

Et tout ceci a eu pour seule origine le témoignage d'une mère d'élève. "Elle accompagnait sa fille, lorsque celle-ci a cru reconnaître dans la rue un vélo qui avait été volé à son frère, raconte Olivier Billand. La mère a alors discuté avec le petit garçon qui circulait sur ce vélo, la fillette s'est persuadée que le vélo était bien celui de son frère. La mère a voulu récupérer la bicyclette en question, l'enfant a refusé, il est reparti vers l'école. Cette femme est alors venue me voir pour me demander, à moi, de confisquer ce vélo, en me disant que dans le cas contraire, elle porterait plainte". Mais entretemps, cette mère d'élève aurait apparemment reconnu un autre vélo comme le sien. Outre la première bicyclette, de couleur verte, elle aurait alors aussi demandé à récupérer celle du petit Hisham, de couleur bleue. "Deux vélos pour le prix d'un, ironise tristement Aïsha. Et voilà comment j'ai récupéré mon fils au poste. Quand je suis repartie mardi vers 19 heures, l'autre petit garçon attendait toujours sa maman".

"C'est vraiment beaucoup pour un possible vol de vélo"

L'affaire fait d'autant plus de bruit qu'elle survient après plusieurs cas lors desquels les policiers de l'agglomération bordelaise ont pu être accusés d'excès de zèle - comme lors de la mise en garde à vue de cyclistes qui avaient bu un verre de trop. Du côté des forces de l'ordre, on affirme avoir agi dans le cadre de la légalité. Et le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde, Albert Doutre, a assuré que le plus jeune des enfants aurait d'ailleurs reconnu avoir "emprunté" le vélo sur lequel il circulait.

Mais devant la controverse sur la méthode, l'affaire du, ou plutôt des vélos, est largement passée au second plan. "Ils sont toujours au commissariat, indique Aïsha. J'ai fourni aux policiers la preuve que le vélo de mon fils lui avait été offert par quelqu'un que j'ai connu dans le cadre de mon travail. Cette dame a elle aussi fourni ses propres preuves. Et on attend". Le directeur de l'école Louis-Aragon a entendu pour sa part une autre version provenant de la mère qui avait cru reconnaître le vélo de son fils : elle lui aurait affirmé que "tout était rentré dans l'ordre" et qu'elle "avait pu récupérer le vélo". Mais dans un cas comme dans l'autre, "c'est vraiment beaucoup pour quelque chose qui était, peut-être, un vol de vélo", s'indigne Olivier Billand. Quant au petit Hisham, depuis les faits, il n'est pas revenu en classe. Sa maman redoute les conséquences de l'affaire : "Vous savez comment sont les enfants, il va être traité de voleur, alors qu'il n'a rien fait..." Et elle craint, pour elle-même, les réactions du voisinage.

Par Franck Lefebvre-Billiez le 21 mai 2009 à 11:31
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197 Commentaires

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  • Nono, le 02/06/2009 à 22h35

    Aux lecteurs : lisez correctement afin de bien comprendre, et ensuite jugez, et voilà on traite directement ce gamin de voleur alors qu'il ne l'est pas, vous allez lui gâcher sa scolarité!!!!!!!Quand à certains propos (je pense à Vermes de Paris) ils sont graves, vous dites certains pays, ou voulez vous en venir ? Sachez que dans certains pays, comme vous dites, il existe des enfants très très bien éduqués et très très très bien INSTRUITS. Alors pour mieux vous répondre, je vous dis : pffffffffffffffffffffffff

  • Narou, le 01/06/2009 à 14h54

    Quand on emprunte;on demande la permission , sinon c'est de la fauche ;éducation à revoir

  • Narou, le 01/06/2009 à 14h47

    Un voleur est un voleur ;bravo la police!

  • Narou, le 01/06/2009 à 14h38

    Il faut arreter de plaindre ses gamins ;un des velos etait bien emprunté!!!!!! la police fait son boulot tant mieux ; la mère devrait eduquer son gamin,

  • Vermes, le 31/05/2009 à 19h33

    Si j'ai bien tout compris c'estb un collègue de travail qui aurait payé le vélo à "Hisham" !!!! et ma mère du "volé" a récupéré le vélo. Certaines mères de certains pays même si leur fils tuait quelqu'un devant elles criraient à l'innocence de leur fils........Un vélo à 10 ans, à 12 on fait le guet pour les dealers, à 14 on met le feux aux voitures et on caillasse les pompiers....mais faut surtout pas que la police y touche ! Scandale !

  • Nono, le 31/05/2009 à 13h00

    J'espère que cette fois-ci, mon message sera publié. Tout d'abord bonjour à tous les lecteurs quels que soient leur avis. Je respecte l'avis de chacun mais en même temps, la première des choses à laquelle il faut penser lorsqu'il s'agit de mineurs, c'est la PRESOMPTION D'INNOCENCE. Je suis mère de deux petits garçons scolarisés en primaire, j'ESSAIE leur donner l'éducation la meilleure car il n'existe pas de parents miracles, je les accompagne moi meme à l'école, mais cela ne pourra pas durer, car je compte bien un jour ou l'autre sur eux pour qu'ils s'y rendent tous seuls et là je pense qu'ils auront le temps de faire des rencontres sur le chemin. Si un jour venait où mes enfants "commettraient" des vols : d'une je préférerais qu'on vienne me voir pour régler cela à l'amiable et si tel était le cas je les punirais sévèrement, et deux : avant de déposer plainte il faut des preuves. Donc venir chercher des enfants mineurs à l'école alors qu'on n'est pas sûr de leurs actes est inadmissible. Et toutes les personnes qui ne sont pas d'accord devraient s'imaginer si c'était leur gosses qu'on venait chercher à l'acole avec une armée qu'en penseraient-ils?

  • Jerome, le 27/05/2009 à 23h02

    C'est ABSOLUMENT scandaleux !

  • Julie, le 25/05/2009 à 15h57

    Pour répondre à Tom j'ai moi-même deux enfants de 7 ans et 12 ans et ils ont une notion bien précise de ce qui est bien ou mal. Il faut dire que c'est à la responsabilité des parents de leur apprendre les notions élémentaire d'une vie en société. Que cette intervention soit un peu forte certes mais à un moment donné il faut bien remettre les choses en place et peut-être que cela obligera certains parents à prendre les choses en main. Il y a bien eu au moins un vélo de volé dans l'affaire!! C'est amusant de voir comment on stigmatise systématiquement la délinquance en victime. C'est un choc qui leur sera peut-être salutaire pour leur avenir.

  • Mary P, le 22/05/2009 à 22h32

    A Tom de Lille Il vous échappe sans doute que ces enfants interrogés par des policiers concernant un vol qu'apparemment ils auraient commis, ce qui est avéré pour l'un d'eux, sont certainement moins en danger remis à des policiers le temps d'un interrogatoire, que les très nombreux gamins qui sont quotidiennement la proie facile de multiples voyous qui les rackettentt sans vergogne ou les transforment dès leur plus jeune âge en receleurs, petits voleurs, guetteurs ou passeurs de came. Vous n'avez sans doute aucune idée non plus de ce que l'on peut trouver dans les cartables d'écoliers de moins de dix ans dans certains quartiers sensibles sous forme d'objets volés, armes (couteaux, cutters, etc.)... Il faut arrêter de se voiler la face, ne pas se tromper d'adversaire et accepter de regarder en face d'où vient le vrai danger pour des enfants livrés à eux-mêmes dès leur plus jeune âge et vivant dans la rue (au sortir de l'école quand ils y vont), certains quartiers de nos villes étant devenus une véritable jungle.

  • Cris, le 22/05/2009 à 22h09

    Oui honte à ceux qui pense que c'est normal, d'autant plus qu'il n'y a jamais eu vol ! et c'est là encore plus la honte. En plus vous ne savez même pas lire ni écouter. Vous condamnez sans savoir et surtout sans vouloir savoir. Régression quand tu nous tiens !

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