© SXC.HUAvis aux amateurs de SMS : sachez qu'un message reçu sur votre téléphone portable peut vous coûter 24 heures de garde à vue. C'est en tout cas ce qui est arrivé à un jeune menuisier de 29 ans à Abbeville, dans la Somme. Selon le Courrier picard qui révèle l'information, tout a commencé jeudi 16 avril, lorsque le jeune homme est invité à se présenter au commissariat de la ville. Une fois sur place, c'est la stupeur. Les policiers lui parlent "d'affaire criminelle, de terrorisme, et d'une garde à vue qui pourrait durer dix jours", raconte-t-il au Courrier picard.
L'objet de toutes ces suspicions ? Un SMS envoyé par un collègue, dans lequel ce dernier lui demandait : "Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?". Repéré par l'opérateur de téléphonie mobile, qui prêtait alors au jeune homme un téléphone le temps que le sien soit réparé, le message est aussitôt signalé au bureau du procureur. "L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis", explique le procureur d'Abbeville, Eric Fouard, au Courrier picard.
"Un vulgaire criminel"
Le jeune menuisier est alors placé en garde à vue pour "non dénonciation de crime". Son erreur ? Ne pas avoir alerté les autorités après avoir reçu le SMS tendancieux. Aux policiers, il donne le nom de l'auteur du message incriminé. Celui-ci est alors amené au commissariat après avoir vu son domicile perquisitionné. Les deux hommes seront finalement libérés 24 heures plus tard. "J'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel", se souvient le menuisier encore sous le choc.
Mais pour les autorités judiciaires, on ne rigole pas en matière de terrorisme. Encore moins depuis l'arrestation des membres du "groupe de Tarnac", soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en novembre 2008. Une affaire pour laquelle seul Julien Coupat reste incarcéré à ce jour.
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