La cité des 4000, à La Courneuve (archives) © TF1-LCI 
> "Pas question de lâcher le terrain"
> Guet-apens à l'arme à feu : un "première"
Il y a eu trois impacts dans la carrosserie du véhicule de police. Et les enquêteurs ont retrouvé cinq douilles de fusil 7.62. C'est donc avec une arme de guerre que les policiers ont été pris pour cible dans la nuit de samedi à dimanche à la cité des 4.000, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis (lire notre article). Une "première, en matière de violences urbaines", selon le Directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Herdhuin. "Je n'en avais entendu parler que dans les affaires de grand banditisme" et "c'est la première fois, et je travaille depuis longtemps en banlieue parisienne, que je vois utiliser des armes de ce calibre dans le cadre des violences urbaines", a-t-il dit sur Europe 1. Interrogé ensuite sur LCI, il promet de ne pas se laisser intimider et reste ferme : "il n'est pas question de lâcher le terrain", dit-il (voir la vidéo).
D'où le "dispositif policier renforcé" mis en place ce dimanche par Jean-François Herdhuin, en particulier dans la cité des 4.000. "Des renforts venant de Paris ainsi qu'une compagnie de CRS supplémentaire", "des patrouilles renforcées très dissuasives, avec fusils à pompe et pistolets mitrailleurs" et "un gros dispositif de fouille", a-t-il détaillé lors d'une conférence de presse, ajoutant "la police sera très offensive. Cependant, il y a une volonté forte de ne pas aggraver la situation et d'agir avec discernement", car "depuis le début de l'année, la délinquance a baissé de 5% (dans) le département". Dès dimanche, des policiers ont mené plusieurs opérations de fouille d'immeubles dans le quartier des 4.000, où ils ont trouvé notamment 10 kilogrammes de cannabis et une vingtaine de téléphones portables.
Voiture volée et munie de fausses plaques
Revenant sur les événements de la nuit dernière, Jean-François Herdhuin a déclaré que les fonctionnaires de police "n'étaient pas habitués à de telles situations mais sont entraînés pour les gérer le cas échéant". Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 02h30, un fourgon circulant avec un autre véhicule de police et transportant deux hommes placés en garde à vue un peu plus tôt dans la soirée, a été la cible de tirs émanant d'une arme à gros calibre après avoir été bloqué par deux véhicules avec à bord plusieurs individus. Aucun des quatre policiers présents à ce moment-là, âgés de 29 à 35 ans, n'a toutefois été blessé. Durant la fusillade, l'une des personnes détenues a tenté de s'évader, immédiatement prise en chasse par les agents de police chargés de sa surveillance qui ont pu le rattraper.
L'un des véhicules utilisés par les assaillants a été retrouvé dans la matinée. Il s'agissait d'une voiture volée et munie de fausses plaques. Le parquet a ouvert une enquête pour "tentative de meurtre en bande organisée" et "tentative d'évasion en bande organisée". Les deux personnes arrêtées samedi soir en compagnie d'une troisième pour un tir de grenailles sur un véhicule de patrouille peu avant 21 heures, sont également concernées par cette nouvelle enquête.
Des inscriptions "sur les murs" pour prévenir les policiers de la violence à venir
L'agression a fait ressurgir le débat sur le manque de moyen des policiers chez les syndicats. "Il est urgent dans un premier temps que les services de police judiciaire disposent des moyens nécessaires pour mettre hors d'état de nuire les 'caïds'", écrit l'Unsa Police. "Dans un deuxième temps, seul un travail coordonné entre associations, éducateurs, parents et policiers de proximité permettra aux quartiers défavorisés de retrouver l'ordre républicain." Pour le syndicat SGP-FO, "la banalisation d'une violence de guérilla urbaine impose une mobilisation d'effectifs et de moyens". "Cela fait des années que nous dénonçons cette poudrière des 4.000, et plus largement des cités sensibles. Rien ne change, les policiers subissent au quotidien cette violence désormais armée. Qu'attendons-nous ? Un mort comme cela aurait pu être le cas ce matin ?", écrit son secrétaire général. A La Courneuve, selon Thierry Mazé, responsable d'Alliance (2e syndicat de gardiens de la paix) pour qui cette attaque est "rarissime", des inscriptions "sur les murs" des "4.000" prévenaient la police que la "violence" allait "monter" après des incidents ces dernières semaines.
Pour marquer son soutien aux policiers, à qui elle a rendu hommage samedi matin, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie assistera en tous cas lundi à une cérémonie annuelle d'hommage aux policiers morts pour la France, en Seine-Saint-Denis, et en profitera pour rencontrer les policiers victimes de l'attaque. L'UMP a plaidé pour "des mesures très fortes pour condamner les voyous qui s'attaquent aux forces de l'ordre". Le député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg a souhaité que "l'Etat prenne rapidement des engagements" pour assurer "le droit à la tranquillité" dans les quartiers populaires.
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