Ecoliers interpellés : MAM veut une enquête

le 21 mai 2009 à 18h54 , mis à jour le 22 mai 2009 à 13h27

Fallait-il interpeller deux enfants à la sortie de l'école pour éclaircir des accusations de vol de vélo ? La ministre de l'Intérieur a réclamé une enquête interne.

L'école Louis-Aragon de FloiracL'école Louis-Aragon de Floirac © TF1/LCI

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Six policiers mobilisés pour attendre deux enfants, l'un de six ans, l'autre de dix ans, à la porte de leur école... Les moyens déployés par les forces de l'ordre à Floirac pour régler une affaire de possible vol de vélo étaient-ils adéquats ? Et l'interpellation, en pleine sortie des classes et à laquelle ont pu assister d'autres élèves, était-elle la bonne méthode ? La question agite l'agglomération bordelaise et elle est remontée jusqu'au ministère de l'Intérieur. "Je trouve que c'est un peu exagéré par rapport aux faits", a estimé sur France Info le maire de Floirac, Conchita Lacuey. "Il y avait d'autres moyens d'agir" pour entendre "ces gamins qui n'ont jamais fait parler d'eux", a renchéri Jean-Jacques Puyobrau, adjoint au maire de Floirac. "Je conteste la forme, pas le fond", a-t-il ajouté, avant de regretter une intervention "qui participe à stigmatiser la ville".

Du côté des syndicats également, l'affaire a choqué.  Pour Aymed Korbosli, secrétaire régional de l'Unsa-police-le-syndicat-unique, la responsabilité de ce type d'interventions incombe à sa hiérarchie qui exige "de la quantité, pas de la qualité", au "manque d'effectifs" et "à la religion du chiffre et des statistiques". "Qu'elle corresponde à un excès de zèle ou à une dérive sécuritaire, cette arrestation heurte profondément l'ensemble des enseignants, des éducateurs et des parents d'élèves", écrit pour sa part dans un communiqué le SNUipp. Le syndicat enseignant demande à Xavier Darcos "d'intervenir pour que la primauté des mesures éducatives soit respectée et qu'aucune interpellation n'ait lieu dans ces conditions".

Une "affaire complètement banale"

Pour sa part, le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde, Albert Doutre, a assuré les policiers de son soutien, évoquant une "affaire complètement banale qui prend un tournant polémique surprenant". Selon lui, les enfants ont été interpellés "très judicieusement un peu à l'écart du groupe scolaire" après la fin de la classe, avant d'être conduits "sans menottes ni rudoiement" au commissariat. Et tout a été fait, assure-t-il, dans le cadre "des lois de la République". Il a aussi rappelé qu'une personne avait déposé plainte et que les policiers "ont des comptes à rendre au parquet". Albert Doutre a enfin précisé que l'enfant de six ans avait "reconnu avoir emprunté le vélo". Pour le deuxième, "l'enquête se poursuit".

Michèle Alliot-Marie n'en a pas moins demandé une enquête interne. Dans un communiqué publié par son service de presse, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, affirme qu'il "prendra connaissance avec attention des conclusions" de cette procédure. "Les faits impliquant des mineurs de cet âge appellent des réponses proportionnées et doivent tenir compte de la responsabilité des familles", écrit-il, ajoutant que ce cas "ne saurait être confondu avec la question de l'introduction des armes en milieu scolaire". Mardi, la ministre a ajouté qu'on ne "traitait pas des enfants comme des adultes". Selon elle, "il y a des principes, ensuite il faut savoir ce qu'est la réalité des faits", or, sur cette affaire, "les versions divergent", a-t-elle poursuivi.

Du côté des partis politiques, l'UMP a publié un communiqué dans lequel son porte-parole, Frédéric Lefebvre, affirme que "l'école doit rester un lieu privilégié du vivre ensemble", et dénonce "l'arrestation d'un enfant de six ans soupçonné du vol d'un vélo à la sortie de l'école".

D'après agence

le 21 mai 2009 à 18:54
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63 Commentaires

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  • Moi, le 24/05/2009 à 02h32

    Il est facile de prendre la défense de ses enfants mais est-on crédible quand depuis leur 1ers pas on les laisse traîner dans la rue, seuls?Quelle honte Madame!!!!

  • Fleur, le 23/05/2009 à 10h52

    Et comment vouliez-vous que réagisse le directeur ? d'abord la mère dit avoir reconnu un vélo . puis , elle en voit un deuxième et dit qu'il est aussi à elle !! " deux pour le prix d'un !! " c'est aussi de cette façon que je l'aurais ressentie . elle voulait prendre les vélos elle-même , de suite , sans aucunes assurances que c'était bien les siens , donc le directeur a bien réagit , désolée . faire venir les enfants et leurs parents dans une salle de l'école pour les intéroger n'aurait pas pris plus de temps ni de moyens aux policiers . cela aurait évité un traumatisme aux autres enfants de l'école , car c'est très impressionnant pour un tit bout de 6/7 ans !! pour le reste , je laisse faire son travail à la justice , sans juger du quartier ou des origines des enfants .

  • Gerard, le 22/05/2009 à 21h03

    Juste un petit rappel (de) (a) la Loi Article 432-4 du code penal : Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, agissant dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, d'ordonner ou d'accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est puni de sept ans d'emprisonnement et de 100000 euros d'amende. Lorsque l'acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d'une durée de plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et à 450000 euros d'amende. Article 432-5 du code penal : Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ayant eu connaissance, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, d'une privation de liberté illégale, de s'abstenir volontairement soit d'y mettre fin si elle en a le pouvoir, soit, dans le cas contraire, de provoquer l'intervention d'une autorité compétente, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. Le fait, par une personne visée à l'alinéa précédent ayant eu connaissance, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, d'une privation de liberté dont l'illégalité est alléguée, de s'abstenir volontairement soit de procéder aux vérifications nécessaires si elle en a le pouvoir, soit, dans le cas contraire, de transmettre la réclamation à une autorité compétente, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende lorsque la privation de liberté, reconnue illégale, s'est poursuivie.

  • Marianne, le 22/05/2009 à 20h39

    Il faut saluer le travail des policiers. Malgré tout dans un cas comme celui ci je pense qu'il est plus question de lâcheté. Je refuse d'admettre que la lutte contre la criminalité trouve ses solutions dans l'interpellation d'enfants mineurs ( je ne reviens pas sur l'âge des enfants! ). J'attends de voir si les licenciements prononcés contre les préfets qui n'ont pas répondu aux attentes du président seront appliqués dans un cas comme celui ci ! !

  • Oula, le 22/05/2009 à 19h50

    Moi, je vais m'adresser a cette mère de famille qui va porté plainte par ce qu'elle cru voir un vélo vert puis bleu donc pas crédible.Ensuite qu'elle serais sa réaction si on ferais cela a ses enfants, madame êtes une mère ? une vrai mère pour faire subir cela a deux enfants (jeunes) ensuite vous dites avoir perdu un vélo puis 2 je ne comprends pas!! pour finir si j'étais l'un des deux parents vous auriez tellement de plainte au derrière que vous ne pourriez plus vous assoir en tout cas je dis courage aux parents et au petits et surtout déposer plainte.

  • Cinqsous, le 22/05/2009 à 19h34

    Parents surveillez vos enfants, à 10 ans ils ne sont pas dans les rues seuls ainsi vous éviterez les bavures!!

  • Marie, le 22/05/2009 à 16h07

    En plus, si vous avez suivi l' affaire, le petit n' a pas volé ce vélo, il s' agissait de son vélo... Il a donc été emmené au post sur de simples soupçons...

  • Marie, le 22/05/2009 à 16h03

    Il est temps en effet de prendre les choses en main, et je suggère à nos policiers d' aller arreter les bébés délinquants, qui, dans les bacs à sable se permettent de voler le hochet de leur petit concitoyen d' à coté. L' une de mes filles a six ans, je n' imagine pas un seul instant la voir partir au commissariat pour quoi que ce soit, c' est complètement déraisonnable; mais je ne dis pas non plus qu' il ne faut pas punir l' enfant... Il faut etre un peu serieux tout de meme.

  • Motyl christophe, le 22/05/2009 à 13h21

    Je pense qu'il est grand temps de revoir les méthodes policières afin de les adapter aux situations.En effet, dans le cas présent les mesures sont disproportionnées eu égard à l'âge des enfants et au lieu où l'arrestation s'est déroulée.I Cetes, tout acte fait en viloation de la loi doit être puni mais il aurait été plus judicieux de convoquer les parents au commisariat avec un rappel à l'ordre et de les obliger à règler une somme réparant le préjudice du vol. il appartient ensuite aux parents de punir leurs enfants.

  • Motyl christophe, le 22/05/2009 à 13h16

    Je pense qu'il est grand temps d'adapter les mesures et les méthodes policières selon les cas. Il faut avouer que l'attitude des policiers est disproportionnée eu égard à l'âge des enfants et surtout au lieu où celà s'est déroulé. Certes, tout acte commis en violation de la loi doit être puni mais il aurait été plus judicieux de convoquer les Parents au commisariat pour un rappel à l'ordre et de les obliger à régler un montant pour le préjudice.Il appartient ensuite aux parents de prendre leurs responsabilité en punissant les enfants

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