
Plus de TGV entre Paris et Bordeaux. Pour ce premier jour du pont de l'Ascension, et au lendemain de l'incident qui a paralysé des milliers de voyageurs, la SNCF a mis en place jeudi un "trafic renforcé" de ses trains à grande vitesse sur la ligne, afin d'acheminer les clients qui n'ont pas annulé leur voyage. Mercredi, ce sont près de 30.000 personnes qui n'ont pas pu voyager "normalement" selon le directeur général délégué de la SNCF. 30 trains ont été annulés dans les deux sens et 10.000 voyageurs n'ont pas pu voyager du tout. La SNCF appelle encore ce jeudi ses clients à s'informer sur le site www.sncf.com ou au 3635.
Après les retards, l'heure est à la polémique. Pour la CGT, l'incident de mercredi repose le problème de la dérèglementation du fret en Europe. "Force est de constater qu'il y a une recrudescence d'incidents établis et d'accidents évités qui mettent en cause la plupart du temps des opérateurs privés", a déclaré jeudi sur France Info Didier Le Reste, secrétaire général de la fédération Cheminots de la CGT. Le syndicaliste a dénoncé "une politique qui conduit à réduire les coûts de production, les coûts de fonctionnement et les coûts sociaux". La CGT réclame la création d'un "gendarme du rail" pour éviter des collisions impliquant des trains de voyageurs. Didier Le Reste a évoqué des "structures de contrôle sous l'autorité et la responsabilité des pouvoirs publics, avec des moyens à leur disposition, pour vérifier la durée du temps de travail, le niveau de formation des conducteurs de train, les conditions de sécurité et d'exploitation du réseau".
"Les usagers vont payer la facture"
De telles structures existent déjà, lui a rétorqué le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, pour qui il n'y a "aucun carton rouge" à distribuer en matière de fret. "La dérèglementation et les incidents, ça n'a rien à voir. Nous avons une agence de sécurité européenne et nous avons en France un établissement public de sécurité ferroviaire qui vérifie, habilite, fait des audits, punit et peut même retirer les licences à ceux qui n'accepteraient pas les règles", a-t-il expliqué sur Europe 1. La députée socialiste Aurélie Filipetti a jugé pour sa part "absurde" de faire un lien entre l'accident de Charente et la libéralisation du fret en Europe. "Le problème c'est que la SNCF n'a pas assez développé le fret pendant des années", a-t-elle dit sur i-télé. Invité sur France Inter, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot a lui demandé de "stopper toutes les mesures de libéralisation et de privatisation, que ce soit l'activité fret ou voyageurs parce qu'au total ce sont les usagers qui vont payer la facture". Dominique Bussereau a demandé une enquête du Bureau enquête accident (BEA) pour déterminer les causes de l'accident.
Mais à ce stade, ces causes ne sont pas déterminées. Le choc est "probablement lié à un chargement déplacé" sur le train d'ECR, a indiqué mercredi Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF, précisant qu'il s'agissait du troisième incident dans la nuit impliquant ce train d'ECR. Le conducteur du train SNCF, qui a le poignet cassé, a été hospitalisé.
D'après agence
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