Nicolas Sarkozy à Roissy, le 1er juin 2009, alors qu'un A330 d'Airf France a disparu © TF1-LCI- Avion disparu - Edition spéciale sur LCI.fr : cliquez ici -
Le document qui raconte les derniers instants de l'Airbus
LCI.fr a pu consulter les messages d'alerte envoyés par l'A330 d'Air France qui a disparu au large du Brésil. Ils décrivent, sous forme codée, le déroulement du drame.
Publié le 06/06/2009
"C'est une catastrophe comme jamais la compagnie Air France n'en avait connue." "Un accident tragique". "Les chances de retrouver des survivants sont infimes." Les autorités françaises, le président français en tête, ne cachent pas leur pessimisme à propos des 228 personnes à bord, dont 73 Français, de l'Airbus A330 d'Air France qui a disparu des écrans radars lundi dans la nuit en survolant l'Atlantique entre Rio et Paris (lire notre article). Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu à Roissy lundi en fin d'après-midi, a expliqué avoir "dit la vérité" aux familles : "c'est-à-dire que les perspectives de retrouver des survivants sont très faibles". D'autant que nous n'avons "aucun élément précis sur ce qui s'est passé" (voir la vidéo).
Le chef de l'Etat a aussi fait le point sur les moyens mis en oeuvre pour retrouver l'appareil dont le signal a été perdu au beau milieu de l'Atlantique, entre Rio et Paris. "Nous avons envoyé des bateaux sur la zone, des avions. Nos amis espagnols nous aident. Les Brésiliens nous aident beaucoup aussi. Nous avons demandé l'aide y compris des Américains, par le biais des satellites" (et des moyens d'écoute, le Pentagone ayant été sollicité, ndlr) "d'abord pour localiser l'endroit où s'est produite la catastrophe", a précisé Nicolas Sarkozy, qui avait demandé le matin-même au gouvernement et aux administrations concernées "de tout mettre en oeuvre pour retrouver la trace de l'avion". Ce qui "sera extrêmement difficile car la zone est immense, des centaines de kilomètres et naturellement, ce drame s'est produit en pleine nuit au-dessus de l'Atlantique. On imagine que l'avion était alors à 400 km du Brésil", a conclu le chef de l'Etat. Lundi soir, Air France a dit avoir localisé la zone de la catastrophe "à quelques dizaines" de milles nautiques près, "à mi-chemin entre les côtes brésiliennes et les côtes africaines".
Borloo : "le drame paraît acquis"
Avant de s'exprimer devant la presse, le président est allé au PC de crise de Roissy, où il a rencontré les familles dans l'intimité. Des familles "extrêmement dignes et courageuses. Chacun peut bien imaginer ce que peut penser une mère qui a perdu sa fille, une fiancée qui a perdu son futur mari", a-t-il souligné. Jean-Louis Borloo, Dominique Bussereau et Bernard Kouchner, respectivement ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, secrétaire d'Etat chargé des Transports et ministre des Affaires étrangères étaient déjà arrivés sur place plus tôt dans la journée, pour "suivre au plus près l'évolution de la situation" , selon les instructions de l'Elysée.
Dès le début, Jean-Louis Borloo s'est montré, lui aussi, pessimiste. Sur LCI notamment : "le drame paraît acquis", a-t-il déclaré dès le début de l'après-midi (écouter l'interview). D'autant qu'"on est au-delà du temps de capacité de kérosène". Le ministre de tutelle des Transports privilégie la thèse de l'accident, estimant que l'"hypothèse d'un détournement est clairement écartée". "Rien sur les radars espagnols, rien sur les radars marocains, rien sur les radars français... On peut sérieusement envisager le pire", a conclu le ministre, tandis qu'Air France évoque la possibilité "la plus vraisemblable" que l'appareil ait été "foudroyé". Mais "toute hypothèse serait fausse et erronée", a pour sa part déclaré Dominique Bussereau (voir la vidéo), qui s'est rendu au PC de crise de Roissy avant de rencontrer les proches des passagers, qui sont rassemblés dans un espace isolé de l'aérogare 2D.
Entretien téléphonique Lula - Sarkozy
Le Premier ministre est évidemment mobilisé aussi. Il a assuré dans un communiqué "que tous les moyens de recherche nécessaires seront déployés, en liaison avec les pays susceptibles de nous apporter leur aide". Indiquant s'être "tenu constamment informé des dispositions prises en matière de recherches aériennes et d'organisation de l'accueil des familles des passagers," François Fillon exprime "dans ce moment douloureux (...) son soutien personnel et celui de tout le gouvernement aux proches des disparus". Le ministère des Affaires étrangères a en outre activé son centre de crise.
Le président s'est aussi entretenu lundi soir avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour lui exprimer "ses condoléances et sa solidarité" aux familles brésiliennes des passagers et le remercier "des efforts des forces aériennes brésiliennes dans la recherche de l'avion". Les "deux présidents sont convenus de se tenir régulièrement informés des progrès des recherches", selon l'Elysée.
Deux numéros d'urgence pour les familles ont été ouverts par Air France : un numéro vert pour la France 0.800.800.812. et un autre pour l'étranger 00.33.1.57.02.10.55. Le quai d'Orsay a aussi mis en place un numéro vert : 0.800.174.174..
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