Le port autonome de Marseille (20 avril 2008) © TF1/LCILa direction générale du grand port maritime de Marseille compte déposer plainte. Elle a publié lundi en début d'après-midi un communiqué vengeur dénonçant "l'agression" dont a été victime le directeur. Une quarantaine d'individus en tenue de travail du port, dont certains cagoulés et armés de haches et de barres de fer, avaient fait irruption au cours de la matinée dans son bureau avant de tout ravager.
"Le directeur général Jean-Claude Terrier a été directement menacé et a vu son bureau entièrement saccagé à coups de hache", a souligné le GPMM. "Cette agression est intervenue une heure après que la direction générale eut envoyé aux délégués du syndicat CGT des bassins de Marseille une lettre contenant des propositions" sur les conditions de transfert de l'activité du terminal de conteneurs de Mourepiane (bassins Est) au manutentionnaire Intramar, dans le cadre de la réforme portuaire.
Les raisons de la colère dans les ports
La CGT du port a réagi pour sa part dans un communiqué dans lequel elle a déploré les dégradations matérielles tout en condamnant "l'attitude provocatrice de la direction générale du port, accusant sans aucune preuve notre organisation syndicale d'être responsable des agissements survenus ce matin". Parallèlement, le syndicat a ajouté : "Nous avons depuis plusieurs mois prévenu de l'exaspération grandissante des salariés suite aux discours aléatoires sur leur avenir. Les menaces déclarées jeudi, lors de la dernière réunion, par la direction du port à l'encontre de ses salariés, ne sont pas de nature à apaiser les tensions sociales".
De son côté, le premier adjoint au maire UMP de Marseille, Roland Blum, a "réprimé vivement ces agissements inqualifiables qui pénalisent l'ensemble des acteurs économiques travaillant sur le port" et qui montrent "que la réforme portuaire doit être appliquée au plus vite à Marseille comme dans tous les ports de France".
La discorde porte sur la réforme des ports qui a donné lieu, le 30 octobre dernier, à la signature d'un accord-cadre national avec les syndicats dont la Fédération nationale CGT des ports et docks. Mais la réforme suscite toujours l'opposition d'une partie de la CGT à Marseille, où des grèves perlées entravent depuis le 3 février l'activité des bassins Est. Le port a présenté le 3 avril son plan stratégique, ouvrant une période de trois mois pour négocier de gré à gré avec les opérateurs privés susceptibles d'accueillir ses agents et outillages. Faute d'accord, il peut ensuite lancer des appels à projet. Le délai maximum légal pour les transferts est avril 2011.
D'après agence
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