prison © LCIJacques Mariani, considéré comme une figure du grand banditisme corse et actuellement incarcéré pour l'assassinat du nationaliste corse Nicolas Montigny en 2001, est soupçonné d'avoir piloté depuis sa cellule de la maison centrale de Saint-Maur des extorsions de fonds dans la région d'Aix-en-Provence. Entendu mercredi et jeudi dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire à Nanterre, il a, selon une source proche de l'enquête, reconnu un certain nombre de faits et devrait être mis en examen.
Les enquêteurs surveillaient depuis fin 2008 les agissements de ce personnage qui "inspire une certaine crainte", selon le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. Jacques Mariani n'est autre que le fils de Francis Mariani, autre figure du banditisme corse, également condamné dans l'affaire Montigny mais qui avait pris la fuite avant de mourir en janvier 2009 dans l'explosion d'un hangar en Haute-Corse. Depuis sa condamnation, Jacques Mariani bénéficiait étrangement, en prison, d'un "argent de poche conséquent". Cet argent semblait issu de prélèvements importants dans la trésorerie de certains établissements du Sud-Est, effectués, selon Jacques Dallest, plus ou moins sous la contrainte.
18 personnes interpellées
L'affaire porterait sur plusieurs dizaines de milliers d'euros et 18 personnes ont déjà été interpellées dans le cadre de l'enquête. Parmi elles, huit ont été mises en examen pour des faits, selon les cas, d'abus de biens sociaux, blanchiment aggravé, extorsion de fonds en bande organisée et association de malfaiteurs. Quatre ont été écrouées, les autres étant relâchées sous contrôle judiciaire.
Parmi les personnes écrouées figure la compagne de Jacques Mariani, Stéphanie Luciani, soupçonnée d'avoir joué les intermédiaires, et "deux agents de recouvrement musclés" - selon les mots du directeur de la PJ marseillaise Roland Gauze - qui récupéraient les sommes d'argent extorquées. Les trois autres personnes écrouées sont Jean-Paul Gentile, Aurélie Merlini et Antoine Gastaldello. Le gérant d'une boîte de nuit huppée d'Aix-en-Provence, Le Mistral, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Deux autres établissements aixois, la Joïa et l'Icône, sont concernés par cette affaire et un quatrième pourrait l'être dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Au cours d'une conférence de presse, le procureur de la République et le directeur de la PJ marseillaise ont replacé ce coup de filet dans le cadre des investigations contre le grand banditisme corse que mènent une cinquantaine d'enquêteurs dans le cadre d'une "task force" de la PJ mise sur pied entre Ajaccio, Marseille et Paris. "On est sur le terrain des luttes d'influence entre des groupes, d'où la nécessité de taper dans tous les camps", a souligné Roland Gauze, évoquant de précédents coups de filet à l'encontre de la bande du Petit Bar à Ajaccio et du "clan Orsoni". La Jirs de Marseille est saisie de 17 dossiers de morts violentes et d'une quinzaine d'autres affaires touchant au milieu corse, notamment pour trafic de stupéfiants et détournement de fonds.
D'après agence
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