© AFP/G.JulienMercredi matin, des Comoriens avaient brièvement bloqué l'embarquement d'un vol Yemenia à destination de Sanaa à Roissy, tandis qu'à Marseille, où vit une importante communauté d'origine comorienne, une centaine de personnes avaient contraint à la fermeture deux agences de voyage du centre-ville qui vendent des billets de la compagnie Yemenia et à l'annulation d'un premier vol Yemenia. La colère de la communauté comorienne ne passe pas. Jeudi à la mi-journée, quelque 500 manifestants de la communauté comorienne bloquaient à l'aéroport de Marseille-Marignane les accès à l'enregistrement d'un vol de la compagnie Yemenia qui devait décoller à 18h pour Moroni.
Conséquence : le vol a été annulé, a annoncé dans l'après-midi le directeur de l'aéroport, sous les applaudissements des manifestants. "C'est la décision la plus sage, une décision d'apaisement que la compagnie Yemenia a acceptée", a expliqué le porte-parole. "Il y a une très, très grande tension, c'est de l'émotionnel pur qui s'exprime, ce serait un manque de respect de leur dire que le vol part", a-t-il dit, ajoutant : "même si je sais qu'un grand nombre de Comoriens auraient souhaité partir, il fallait être capable de prendre cette décision". "Ca va être problématique de faire revenir Yemenia à Marseille, la compagnie va reconsidérer ses escales à Marseille", a par ailleurs estimé le directeur de l'aéroport, rappelant que Yemenia a "aussi perdu 11 membres d'équipage". "On vous demande maintenant de partir, on sait que le combat n'est pas terminé mais pour aujourd'hui, c'est terminé", a-t-il dit.
Une journaliste et un passager malmenés
Auparavant, une journaliste de l'AFP a été violemment prise à partie par une petite dizaine de manifestants qui lui ont donné des coups et ont jeté à terre son matériel, refusant d'être filmés. "L'émotion est légitime mais on ne peut pas être d'accord avec ce geste", a réagi l'un des organisateurs de la manifestation, Chamoux Saydi. "Nous, on veut que l'Etat français, l'Etat comorien et la compagnie Yemenia se mettent d'accord pour arrêter le massacre", a-t-il ajouté.
Auparavant, devant les guichets, des barrières avaient été placées et des CRS étaient présents. Une chaîne humaine avait été formée par des femmes en tenue traditionnelle se tenant par la main. "Nous menons un blocus sévère avec une ligne dure : tant que Nicolas Sarkozy et que la République française n'affréteront pas un avion, nous resterons là", avait expliqué un manifestant, Nassurdin Hadara, ajoutant : "nous avons une pensée pour les victimes mais nous essayons d'éviter une autre catastrophe". Peu avant midi, une personne qui essayait de faire accéder des passagers aux guichets avait été violemment expulsée du hall de l'aéroport par la foule. A l'écart de la foule, un passager, Ahamada Bacar, attendait de pouvoir embarquer. "Je n'ai pas le choix, l'avion (l'A310 qui s'est écrasé, ndlr) a eu des soucis mais ce n'est pas la solution de boycotter, il faut s'arranger avec la compagnie", avait-il dit alors qu'il souhaitait partir en vacances avec sa femme et ses deux enfants.
| La communauté comorienne veut une commission d'enquête |
Des représentants de la communauté comorienne de Marseille demandent, dans une lettre qu'ils comptent remettre jeudi au président Nicolas Sarkozy, une commission d'enquête sur les causes de l'accident de l'A-310 de la Yemenia. Dans le texte, signé notamment des responsables de la Chambre de commerce franco-comorienne et de l'association SOS Voyages aux Comores, ils demandent que la commission d'enquête soit placée sous l'égide du ministère français des Transports et soit composée de représentants de la diaspora, des autorités comoriennes et de la compagnie Yemenia. Selon Saïd Ahamada, président de la Chambre de commerce franco-comorienne à Marseille, elle a pour objectif d'établir les causes de la catastrophe aérienne et de rassurer les passagers. "Tant que nous n'aurons pas les résultats de cette commission d'enquête, aucun vol ne partira de Marseille", a affirmé M. Ahamada à l'AFP. Les auteurs de la lettre demandent en outre que la France affrête un vol pour que les familles endeuillées puissent se rendre aux Comores, a-t-il précisé. |
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