Les émeutes de Firminy © TF1/LCI| Regardez le reportage à Firminy.. |
Le jeune homme, qui avait tenté de mettre fin à ses jours dans un commissariat du Chambon-Feugerolles, lundi soir, est décédé mardi après-midi à l'hôpital. Mohamed Benmouna, âgé de 21 ans, "est décédé aujourd'hui à l'hôpital à 16h", a affirmé le parquet de Saint-Etienne. Après une nuit d'échauffourrés entre la police et des jeunes en colère après cette tentative de suicide, un important dispositif de szcurité a été mis en place. Quelque 200 CRS et gendarmes ont été mobilisés, notamment à Firminy, la banlieue où habitait Mohamed Benmouna, et au Chambon-Feugerolles, où se trouve le commissariat en question, a annoncé la préfecture de la Loire. Il n'y avait pas d'incident majeur en début de soirée. Une voiture et trois poubelles ont été brûlées mercredi soir, selon les pompiers.
Appel au calme
La famille Benmouna a lancé un appel au calme. "Nous lançons un appel au calme afin que ceux qui veulent respecter la mémoire de Mohamed le fassent de façon pacifique, sinon ils n'auront pas notre aval", a déclaré Mohamed Hansali, porte-parole de la famille Benmouna. Nous demandons à ce que l'on respecte notre recueillement et notre deuil dans le calme et la dignité" a ajouté le quadragénaire, qui s'est rendu au CHU de Saint-Etienne où se trouve la dépouille de Mohamed. "On a confiance dans la justice. Je veux savoir ce qui s'est passé pendant la garde à vue... Soit ils (les policiers) ne l'ont pas surveillé, soit le suicide c'est une couverture", a, de son côté déclaré M. Benmouna dont le fils avait été placé en garde à vue pour une affaire de tentative d'extorsion de fonds.
Un médecin légiste a été commis pour examiner le corps "afin de vérifier s'il porte d'éventuelles traces de violences", a précisé le procureur, Jacques Pin, qui "écarte a priori" la thèse d'une bavure policière mais a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Selon le parquet, c'est plutôt la vétusté des lieux qui serait en cause, la cellule étant "délabrée" et "pas aux normes", avec notamment la présence de deux trous dans un mur, auxquels le jeune homme a fixé, pour se pendre, les deux extrémités d'une cordelette fabriquée avec la toile d'un matelas. Autre élément discréditant la thèse de la bavure selon le parquet: un fonctionnaire de police lui a rendu visite peu avant son suicide, allant jusqu'à lui offrir une cigarette.
Neuf interpellations
Neuf jeunes ont été interpellés à la suite des incidents, qui n'ont pas fait de blessés mais causé d'importants dégâts matériels avec des voitures brûlées et des boutiques saccagées. Deux d'entre eux doivent être présentés au juge jeudi en vue d'une mise en examen. "La rumeur a circulé très vite qu'il y avait ce jeune qui était décédé et qu'il y avait une bavure policière. Et ces personnes sont venues pour saccager", a déclaré le maire de Firminy, Marc Petit (communiste), accusant les casseurs d'être des "personnes extérieures au département", "venues pour saccager". Le maire a organisé mercredi une "réunion de crise" avec les pompiers et la police, mobilisée en vue de l'éventualité d'une nouvelle nuit de violences.
D'après agence
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