Explosion chez Total : à qui la faute ?

le 16 juillet 2009 à 19h34 , mis à jour le 16 juillet 2009 à 22h48

Usine Total de CarlingUsine Total de Carling © TF1/LCI

"Une information judiciaire va être ouverte (...) à Metz pour laquelle un ou  plusieurs juges d'instruction vont être désignés", a indiqué Philippe Leonardo,  substitut à Sarreguemines en Moselle. L'enquête technique sur l'explosion qui a fait deux morts dans l'usine Total de Carling, a été confiée à la police judiciaire de Metz et de Strasbourg "en raison de la complexité du dossier", a précisé le magistrat à  l'issue d'une réunion avec les responsables de Total Petrochemicals France  (TPF). D'après lui, "il est impossible de désigner un quelconque responsable" du grave accident qui a également fait six blessés, tous rentrés chez eux jeudi. "Cela ne sera possible qu'après les  très nombreuses auditions qui vont être faites et l'analyse de très nombreux  documents qui nous ont été soumis", a-t-il expliqué. Les victimes ou leurs familles pourront avoir accès aux dossiers, a-t-il  précisé. "Des moyens très importants ont déjà été mis en oeuvre pour permettre à  l'enquête de progresser aussi vite que possible et des experts ont été nommés qui sont déjà à pied d'oeuvre", a-t-il ajouté.

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Selon des informations données par des syndicats du site et partiellement  confirmées par des sources proches du dossier, une poche de gaz serait à  l'origine de l'explosion d'un surchauffeur, survenue lors du rédémarrage du  vapocraqueur n°1 qui avait été arrêté lundi à la suite d'un orage. "Les deux victimes, Maximilien Lemaire, un jeune en formation de 20 ans, et  Jérôme Grifoul, un opérateur confirmé de 28 ans originaire de Dieuze (Moselle),  rallumaient à la main le surchauffeur lorsque la poche de gaz, qui s'était  formée on ne sait comment sous cette cuve de 30 tonnes, s'est enflammée,  provoquant la déflagration", a déclaré un responsable CGT sous couvert de  l'anonymat. Auparavant à Paris le directeur de la sécurité du groupe Total, Jean-Marc  Jaubert, avait exclu qu'un redémarrage trop rapide ait pu être la cause de  l'accident.

"Total fera tout pour masquer ses responsabilités"

"Pourquoi le surchauffeur qui a explosé n'était-il pas équipé d'un allumage  automatique comme celui du vapocraqueur n°2 que TPF a entrepris de démanteler?",  s'est interrogée Aurélie Filippetti, responsable de l'industrie au sein du  groupe socialiste à l'Assemblée nationale venue recontrer les syndicats à  Carling. Arrivé sur place dans la matinée, le directeur général de Total, Christophe  de Margerie, s'est refusé à tout commentaire sur les causes du drame. Mais il a  assuré que "l'explosion ne remettait pas en cause l'avenir du site", frappé par quatre plans de restructuration depuis 2006. "TPF va-t-il reconstruire le vapocraqueur n°1 alors que, juste à côté, le  vapocraqueur n°2 est en train d'être démantelé?", s'est en revanche demandé  François Pelegrina, délégué CFDT du groupe.

Pour Charles Foulard, responsable CGT chez Total, "le surchauffeur (qui a  explosé) est entièrement à raser et on ne sait pas encore si Total va le  reconstruire". "La construction projetée d'ici à 2019 d'un pipeline entre  Ludwigshafen (Allemagne) et Carling permettrait à Arkema et Ineos,également  présents à Carling, de s'approvisionner ailleurs que chez TPF et le groupe  pourrait saisir l'opportunité pour se retirer du site mosellan plus tôt que  prévu", a-t-il envisagé. Le président (PS) du Conseil régional, Jean-Pierre Masseret, a prévenu que  "l'étude de faisabilité (du pipeline, nldr) en cours ne doit pas conduire Total  à justifier son retrait du site d'ici à quelques années".

Dans un communiqué publié à Paris, la CGT a par ailleurs estimé que  "l'accident a lieu sur un site industriel fortement impacté par les choix  financiers de Total qui imposent une restructuration avec suppressions  d'emplois, déstabilisant les équipes de travail". Le syndicat a par ailleurs  indiqué qu'il serait "très vigilant" car, selon lui, "Total fera tout pour  masquer ses responsabilités".

(D'après agences)

le 16 juillet 2009 à 19:34
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1 Commentaires

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  • Antonio, le 17/07/2009 à 06h23

    "... a déclaré un responsable CGT sous couvert de l'anonymat." Ce qui est dit sous couvert de l'anonymat ne peut être qu'un ragot ou un mensonge. Quand on défend ses copains, on ne se cache pas. Le syndicalisme a pris un drôle de virage !

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