L'usine de Carling en Moselle © TF1/LCI
| La réaction du directeur du site |
Une explosion s'est produite ce mercredi sur la plate-forme pétrochimique Total Petrochemicals France (TPF) de Carling en Moselle. Le bilan définitif de cette explosion est de deux morts et six blessés. La préfecture de Moselle avait indiqué dans l'après-midi que des personnes pourraient être ensevelies sous les décombres. Mais un responsable de la cellule de crise mise en place après l'explosion a indiqué vers 19h30 qu'il n'y avait pas d'autre victime et que ce bilan était définitif. "A cette heure, huit victimes sont à déplorer, dont deux sont malheureusement décédées. Les six blessés ont été évacués vers un centre hospitalier", avait auparavant précisé le groupe pétrolier dans un communiqué. Un ouvrier a été tué par le souffle de l'explosion, et un second est mort après avoir été enseveli sous les pierres réfractaires qui tapissent l'intérieur du surchauffeur, selon une source proche de l'enquête. Ils étaient respectivement âgés de 21 et 26 ans. Et leurs corps seront autopsiés prochainement. "L'accident s'est produit au cours d'opérations de redémarrage du vapocraqueur à la suite d'un arrêt lié aux récentes intempéries. Au cours de ces opérations, une unité de production de vapeur a explosé pour une raison encore inconnue", a précisé Total.
Borloo appelle le patron de Total
Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable et de l'énergie, a appelé le patron de Total Christophe de Margerie pour lui demander de collaborer à l'enquête sur l'explosion de Carling (Moselle), selon un communiqué du ministère. "J'ai demandé à Total de collaborer avec les services pour que toute la lumière soit faite sur cet accident et que les conséquences soient tirées pour les installations similaires", indique le ministre cité dans le texte. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, s'est rendu en début de soirée à Carling. Avant de rejoindre le site et de se rendre au chevet des six blessés hospitalisés à Saint Avold et à Forbach, il a déclaré: "c'est une journée particulièrement triste, je suis venu montrer notre solidarité avec les familles des victimes". La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, chargée de la prévention des risques industriels, l'accompagnait. Ils ont indiqué qu'une enquête judiciaire serait ouverte dès jeudi.
Concernant les risques industriels, Total affirme que cette explosion est sans risque sur l'environnement et sur les populations et qu'il n'y a aucune émanation de gaz. Même son de cloche à la sous-préfecture. "Il n'y a pas de danger pour les populations vivant autour du site. C'était de l'eau qui était présente dans le surchauffeur, il n'y a donc pas d'émanations toxiques", a expliqué dans un communiqué Sylvie Houspic, sous-préfète de Forbach. Elle a également précisé que le pronostic vital des six blessés n'était pas engagé. Parmi les six blessés évacués vers les hôpitaux de Saint-Avold et de Forbach (Moselle), quatre avaient déjà regagné leur domicile en soirée, a-t-on appris auprès de la sous-préfecture de Forbach. Les autorités allemandes du land voisin de Sarre ont été informés "en temps et lieu" alors qu' il est apparu rapidement qu'il n'y avait pas de danger pour les populations française et allemande.
Aucun départ de feu
Une vingtaine de véhicules de sapeurs-pompiers de Freyming-Merlebach et de Saint-Avold étaient sur place et une cinquantaine d'hommes ont été déployés sur le site, ont indiqué les services de secours. Les raisons de l'explosion, qui n'a entraîné aucun départ de feu, n'étaient pas encore déterminées en fin de journée. L'explosion se serait produite dans un surchauffeur lors d'un redémarrage du vapocraqueur, a indiqué un ouvrier de TPF, Bernard Harter, délégué CFDT. Selon le délégué, le vapocraqueur aurait été modernisé récemment et sa capacité augmentée. 850 personnes travaillent sur le site.
Le vapocraqueur n°1, où travaillent une centaine d'ouvriers, peut traiter quelque 320.000 tonnes d'éthylène par an. Il est opéré par TPF, filiale chimique du groupe Total, et fournit notamment la filière PVC du groupe chimique Arkema, située sur la plate-forme de Carling, et l'usine Ineos (ex-Solvay) de Sarralbe (Moselle). Le vapocraquage est un procédé pétrochimique par lequel des hydrocarbures saturés sont cassés en molécules plus petites pour produire de l'éthylène et du propylène, matières premières à l'origine de nombreuses matières plastiques. En mars, TPF avait annoncé l'arrêt à Carling d'une unité de polyéthylène basse densité qui devait entraîner d'ici à 2012 une centaine de suppressions de postes à Carling.
(D'après agences)
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