Une rame du RER © SNCF / E. BernardC'était le 4 juillet dernier. Un samedi. Jour des grands départs en vacances. Jour de galère aussi pour des milliers de parisiens tentant de rallier l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle via le RER B dont le trafic s'est retrouvé brutalement interrompu. Ce matin-là, peu après 6 heures, un conducteur de rame est en effet agressé gare du Nord. Il porte plainte. Par solidarité, ses collègues exercent aussitôt "leur droit de retrait". Résultat : plus de trafic pendant plusieurs heures. "C'est inadmissible ces agressions contre un collègue qui s'est levé tôt pour travailler, ce n'est pas la première fois, il ne faut pas laisser faire sans rien dire", tempête alors Eric Ravier, délégué CFDT.
Mais après visionnage des bandes des caméras de vidéosurveillance, le scénario décrit par le conducteur s'avère quelque peu en décalage par rapport aux faits, révèle deux semaines plus tard RTL. Selon nos informations, on verrait bien le conducteur sortir de sa machine, être suivi dans l'escalator par deux jeunes dont l'un, apparemment éméché, lui fait un mini croche-pied. Mais c'est après que le scénario change : ce ne serait pas le conducteur qui se fait molester par les deux individus, qui avaient repris leur chemin, mais le conducteur qui serait revenu vers eux pour leur asséner des coups de poing. Qui plus est, précise une source policière, le conducteur était en civil, donc il n'a pas pu être agressé pour ce qu'il représente. Les policiers du service régional des transports ont convoqué une première fois l'agent dans la semaine suivant l'incident. Mais ce dernier ne s'est pas présenté. Une nouvelle convocation est prévue demain. En cas d'absence, le parquet devrait être saisi du dossier. En attendant, ce sont bel et bien les voyageurs qui ont fait les frais du mensonge...
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