© LCILudovic Sienni, suspecté d'avoir tué à l'arme blanche Amel Yahiaoui, 20 ans, dimanche dernier à Saint-Etienne, s'est donné la mort en prison dans la nuit de jeudi à vendredi, selon une source judiciaire. Il s'est pendu à l'aide d'un drap dans la cellule où il se trouvait seul. Il a été retrouvé mort par un gardien lors d'une ronde vers 1h du matin.
Ce jeune Français, originaire du Centrafrique, était "particulièrement surveillé durant sa détention car il souffrait de troubles psychologiques", a déclaré le juge d'instruction Jean-Luc Jaillet en charge du dossier. "Ludovic Sienni était seul dans sa cellule car, lors de précédentes incarcérations, il avait fait preuve de violences envers des détenus, ce qui avait conduit à son hospitalisation d'office", a ajouté M. Jaillet. Le juge a également précisé que, lorsque le jeune homme lui avait été présenté mardi, au tribunal de grande instance (TGI) de Saint-Etienne, "il n'avait pas voulu répondre à (ses) questions, préférant bénéficier d'un délai". Le jeune homme était détenu depuis mardi soir à la maison d'arrêt de Moulins-Yzeure (Allier) après avoir été mis en examen pour assassinat.
L'autopsie, réalisée mardi, a révélé qu'Amel avait été atteinte de trois coups de couteau, dont un mortel. L'arme, un couteau de cuisine doté d'une grande lame, avait été retrouvée sur le toit d'un centre social du quartier de Jacquard, où se sont déroulés les faits. Selon des témoins interrogés par les enquêteurs, l'agresseur présumé serait rentré chez lui, a priori pour récupérer le couteau, après avoir vu la jeune fille tenter de garer sa voiture dans la rue où s'est déroulé le drame, ce qui aurait conduit le parquet à requérir la préméditation.
"J'ai la rage, cette fille, elle est trop belle"
Depuis plusieurs mois, le jeune homme semblait porter un intérêt certain à cette employée d'un fast-food de la région stéphanoise, qui habitait dans la même rue que lui, dans ce quartier populaire du centre de Saint-Etienne, explique une source proche de l'enquête. Le discernement du jeune homme au moment des faits a été jugé "légèrement altéré", lors d'une expertise médicale pratiquée dimanche soir. Ludovic, qui avait apparemment effectué un séjour au service psychiatrique du CHU de Saint-Etienne, dans le cadre d'une condamnation pénale, avait déjà agressé physiquement la jeune femme dans la rue le mois dernier.
D'après un membre de la famille de la victime, il lui avait, sans raison, tiré les cheveux et donné un coup de pied. Un jeune du quartier, qui a ramassé le corps ensanglanté de la victime, dimanche après-midi, a rapporté que l'agresseur lui aurait un jour confié : "moi, j'ai 'la rage', cette fille, elle est trop belle". Un frère de la victime a pour sa part déclaré mardi avoir effectué un dépôt de plainte contre X et contre le médecin en charge du suivi psychiatrique de l'agresseur.
(D'après agence)
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