Image d'archives © TF1-LCILe Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA), chargé de l'enquête technique sur l'accident du vol AF447 d'Air France, disparu le 1er juin entre Rio de Janeiro et Paris, a exclu jeudi l'hypothèse d'une dislocation en vol de l'avion.
AF447 : le Rio-Paris a-t-il fait demi-tour ?
La zone où ont été localisés les enregistreurs du vol AF447 Rio-Paris pourrait indiquer que l'appareil a fait demi-tour avant le crash. Le BEA dit se garder de "scénarios prématurés".
Publié le 10/05/2010
L'examen des pièces récupérées "amène à faire le constat suivant: l'avion n'a pas été détruit en vol", a dit le responsable de l'enquête Alain Bouillard, lors d'une conférence de presse. "L'avion paraît avoir heurté la surface de l'eau en ligne de vol, avec une forte accélération verticale", a-t-il ajouté.
Depuis le 6 juin, 640 éléments de l'avion, un Airbus A330, ont été retrouvés, dont la dérive, le 7 juin, a-t-il rappelé. "Les éléments identifiés proviennent de l'ensemble des zones de l'avion", ont précisé les enquêteurs. Selon eux, l'examen de plusieurs éléments récupérés montre qu'ils ont subi une forte accélération verticale, qui pourrait être la conséquence de l'impact de la surface de l'eau avec l'appareil.
"Les passagers n'étaient pas préparés à un amerrissage"
Ainsi, dans le galey --meuble où sont rangés les plateaux repas--, toutes les étagères sont descendues au fond, ce qui laisse à penser qu'il a subi une accélération verticale. Un morceau de plancher retrouvé est déformé du bas vers le haut, impliquant que l'avion ait heurté la surface de l'eau.
Le fait que la dérive soit toujours fixée à la structure de l'avion et qu'elle ait été retrouvée au milieu des autres débris confirmerait qu'elle n'a pas cassé en vol. Aucun gilet de sauvetage gonflé n'a été retrouvé. "L'absence de gilets de sauvetage gonflés montre que visiblement les passagers n'étaient pas préparés à un amerrissage", a dit M. Bouillard.
Pas de raison de maintenir les Airbus A 330 au sol
Par ailleurs, le BEA a estimé que les sondes Pitot étaient "un élément, mais pas la cause" de l'accident. "Les sondes sont le premier maillon de la chaîne anémométrique" (surveillance de la vitesse, ndlr), a déclaré devant la presse Alain Bouillard, responsable de l'enquête sur l'AF447. Les sondes Pitot sont "quelque chose qui est fortement soupçonné dans les incohérences de vitesse", c'est "un des facteurs mais ce n'est pas le seul", et "c'est un élément mais ce n'est pas la cause", a-t-il commenté.
Le BEA avait relevé dès le début de l'enquête des "incohérences" des vitesses mesurées, affirmant toutefois que rien ne permettait de lier les causes de l'accident de l'Airbus A330 aux sondes Pitot, qui mesurent la vitesse en vol.
Les sondes Pitot ont été mises en cause par deux syndicats de pilotes peu après l'accident, ce qui a conduit Air France à accélérer le remplacement d'un ancien modèle de sondes par un modèle plus récent. Conclusion : il n'y a pas de raison de maintenir les Airbus A 330 au sol.
| Les proches des victimes ont reçu 1 million d'euros des assureurs |
Les assureurs d'Air France ont déjà versé environ un million d'euros d'avances aux proches des victimes du vol AF 447 à titre d'indemnisation, a indiqué jeudi Patrick de la Morinerie, de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA). A ce jour, les ayants-droit de 58 victimes, dont 19 françaises, ont demandé et reçu des avances sur indemnisation, sur les 216 passagers que comptait le vol. Les 12 membres d'équipage font l'objet d'une couverture distincte. L'indemnisation des familles des victimes de crashs aériens incombe aux transporteurs en vertu d'une convention internationale, même s'ils n'ont commis aucune faute avérée. Il s'agit de la convention de Montréal (Canada), qui date de 1999 et a été transposée en droit français par un décret du 17 juin 2004. Elle a été signée par 91 pays, dont le Brésil et la France. |
(D'après agence)
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