La police à Montreuil après des heurts, le 13 juillet 2009 © LCIAu lendemain des affrontements qui ont éclaté lors d'une manifestation lundi soir à Montreuil en Seine-Saint-Denis, la police est de nouveau sous le feu des critiques. Lundi soir, 250 à 300 personnes, selon la police, 500 à 600 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté à Montreuil pour protester contre "l'usage excessif de la force" après la blessure subie à l'oeil le 8 juillet par Joachim Gatti, 34 ans, lors d'un rassemblement de soutien à des expulsés d'un squat.
Malgré la volonté affirmée par certains d'en découdre, la majorité des manifestants souhaitait que la marche se déroule dans le calme, selon les organisateurs. Une cinquantaine de participants étaient casqués: "nous voulons par ce signe montrer que nous devons nous protéger si nous souhaitons manifester. C'est symbolique", avait expliqué l'un des organisateurs, souhaitant conserver l'anonymat. Après un premier face à face assez tendu entre forces de l'ordre et manifestants, marqué par des tirs de mortiers de feu d'artifice et de fusées en direction des gendarmes mobiles, les organisateurs ont modifié le parcours de la manifestation et les forces de l'ordre ont fait preuve de retenue, évitant que la situation ne dégénère, selon un journaliste de l'AFP.
Mais peu avant 21h, un nouveau face à face s'est produit au niveau du marché couvert de la Croix de Chavaux. Les forces de l'ordre ont alors chargé la queue de la manifestation, plaquant des manifestants contre des murs et utilisant leurs matraques, entraînant une réplique de nombreux manifestants jetant de projectiles, de chaises et de peinture, selon le journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont alors utilisé des gaz lacrymogènes. Selon la préfecture, l'ordre de charger a été donné suite au jet de projectiles divers, tels que boules de pétanques, bâtons ainsi que quelques pavés.
La colère de Dominique Voynet
Dominique Voynet, maire (Verts) de Montreuil, a déclaré que tous les témoignages recueillis auprès de "militants associatifs et syndicaux", de "témoins et voisins" sans rapport avec la manifestation "s'accordent à dire que la police a cherché à disperser la manifestation alors que celle-ci se déroulait dans le calme". Auparavant, Mme Voynet avait souhaité sur France Info une "enquête indépendante" sur les violences lors de cette manifestation, envisageant de saisir la commission nationale de déontologie de sécurité. Douze personnes ont été interpellées et relâchées, selon elle.
En début de manifestation, une lettre de Joachim Gatti avait été lue, affirmant que le 8 juillet, des policiers ont tiré volontairement au flashball, le blessant lui et quatre autres personnes. "Le tir aurait été enclenché sans viser. Mais c'est justement tout le problème, car cela semble démontrer qu'il n'y a pas eu de respect des procédures", a ajouté Mme Voynet. Rappelant que, depuis le début de l'année, plusieurs personnes ont été blessées au flashball en Seine-Saint-Denis, Mme Voynet s'est inquiétée d'un éventuel "sentiment d'impunité dans la police". "Je ne suis pas en mesure de dire si des consignes ont été données ou non, mais dans tous les cas, c'est très grave", a-t-elle dit.
La préfecture s'est refusée à tout commentaire "dans un souci d'apaisement", rappelant que l'inspection générale des services (IGS, police des polices) était chargée d'une enquête sur la blessure de Joachim Gatti.
(D'après agences)
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