Un tronc d'arbre corse entièrement consumé. © TF1/LCI
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| > Des pompiers pyromanes ? > Les pompiers travaillent sans répis |
C'est un comble mais hélas, dans les enquêtes sur les départs de feux volontaires, ce n'est pas rare. Deux incendiaires présumés qui ont été interpellés lundi matin à quelques heures d'intervalle en Corse-du-Sud, étaient pompiers volontaires.
"L'arrêté n'a pas encore été signé mais ils vont être suspendus mardi dans la matinée", a réagi le commandant des pompiers Bruno Maestracci qui s'est déclaré "consterné par cette affaire". "Ils ont mis le feu alors qu'ils étaient chargés au contraire de lutter contre les incendies et de protéger les biens et les personnes. Si les faits sont avérés, ils méritent d'être lourdement condamnés", a-t-il ajouté. Le commandant a souligné qu'"il fallait faire la différence entre les pompiers dévoués qui combattent, à Aullène (au nord-est de Sartène) notamment, depuis six jours, et des éléments qui ne correspondent ni à l'éthique, ni aux valeurs des sapeurs-pompiers, dont la devise", a-t-il rappelé, est "honneur, courage et dévouement".
Condamnations lourdes
Un des deux hommes, interpellé à son domicile lundi et placé en garde à vue par les gendarmes de la brigade de recherches d'Ajaccio a reconnu avoir procédé à des mises à feu -rapidement éteintes par les pompiers- au nord d'Ajaccio les 8 et 14 juillet. Dans la même affaire, un second incendiaire présumé a été interpellé en fin de matinée lundi à Sari d'Orcino (Corse-du-Sud). Ces interpellations portent à huit le nombre des incendiaires présumés arrêtés dans les deux départements corses en un peu plus d'une semaine. Deux d'entre eux, de jeunes éleveurs de Haute-Corse, ont été condamnés lundi soir à Bastia, l'un à deux ans de prison ferme, l'autre à huit mois ferme pour destructions volontaires par incendies (lire notre article) et ont été écroués.
Depuis jeudi, près de 6.000 hectares de végétation ont été détruits dans trois incendies, près d'Aullène, autour de Peri près d'Ajaccio et entre Sartène et Bonifacio. Les pompiers espéraient "fixer" celui d'Aullène mardi. A lui seul, ce feu a brûlé 3.500 des 6.000 hectares de maquis et forêt dévastés. Les pompiers accomplissent sur le terrain un véritable travail de fourmi. Lundi, à la pelle, à la pioche, à la serpette et au râteau, ils ont tracé un layon - dégagé la végétation sur une largeur de 5 à 10 mètres d'une cime à l'autre - pour empêcher les flammes de progresser. Mardi matin, en pleine chaleur, ils ont poursuivi leur travail, retournant le sol sous lequel le feu peut courir encore et noyant les souches incandescentes. En plus du "chantier" d'Aullène, les pompiers intervenaient aussi, "mètre par mètre", sur les deux autres feux qui sont "fixés" depuis plusieurs jours.
| Amende pour non-respect de l'interdiction de faire du feu |
Un hôtelier d'Evisa (Corse-du-sud) qui brûlait en plein air des nappes en papier a été condamné mardi à 1.000 euros d'amende pour avoir mis en danger la vie d'autrui en ne respectant pas un arrêté du préfet de Corse interdisant les feux dans l'île à partir du 1er juillet. Le tribunal correctionnel d'Ajaccio l'a en revanche relaxé de l'accusation de destruction involontaire par incendie. Toussaint Ceccaldi, 68 ans, avait mis le feu à un sac de papier kraft contenant les nappes qu'il avait placé dans un trou, sur un terre-plein proche de la forêt. Il s'en était ensuite allé "nourrir des cochons" avant de revenir quelques minutes plus tard et constater que le feu s'était éteint tout seul. |
(D'après agence)
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