L'usine Total de Carling, le 15 juillet 2009 © LCIQue s'est-il passé mercredi sur le vapocraqueur n°1 ? Au lendemain de l'explosion sur le site Total de Carling qui a fait deux morts et six blessés, les enquêteurs tentent d'en déterminer les causes. Selon le directeur de la sécurité du groupe Total, le vapocraqueur a connu "un incident électrique" dû aux orages de lundi. "Nous étions hier en phase de redémarrage", a expliqué Jean-Marc Jaubert sur RTL. "On ne redémarre jamais ces installations automatiquement, on le fait partie par partie", a-t-il précisé, tout en excluant qu'un redémarrage trop rapide des installations soit la cause de l'incident. Il s'agissait d'une "phase de démarrage unité par unité, pour remettre tout en service progressivement, vérifier que ça fonctionne bien, et passer à l'unité suivante", a-t-il détaillé.
Total assure que tous ses moyens vont être mis en oeuvre "pour collaborer étroitement avec la police judiciaire" pour trouver les causes de cette explosion et que "cela n'arrive bien sûr pas dans d'autres unités". Total possède "des surchauffeurs dans d'autres unités" et portera "une vigilance accrue à l'opération de ces unités" tant que les causes de cet accident n'auront pas été éclaircies.
Une étude avait été menée
Concernant les risques industriels, Total affirme que cette explosion est sans risque sur l'environnement et sur les populations et qu'il n'y a aucune émanation de gaz. Même son de cloche à la sous-préfecture. "Il n'y a pas de danger pour les populations vivant autour du site. C'était de l'eau qui était présente dans le surchauffeur, il n'y a donc pas d'émanations toxiques", a expliqué la sous-préfète de Forbach. Elle a également précisé que le pronostic vital des six blessés n'était pas engagé. Parmi les six blessés évacués vers les hôpitaux, quatre ont regagné leur domicile mercredi soir. Les autorités allemandes du land voisin de Sarre ont été informés "en temps et lieu" alors qu'il est apparu rapidement qu'il n'y avait pas de danger pour les populations française et allemande.
Jeudi matin, un cratère mesurant environ un mètre de profondeur et deux mètres de diamètre témoigne de la violence de l'explosion. "Ils n'ont eu aucune chance de s'en tirer. La déflagration a dû être terrible", commente Aldo Sclazo, délégué CGT au comité d'entreprise, et employé sur le site depuis près de 25 ans. "Jamais, nous n'avons eu d'accident d'une telle gravité. Ce qui est arrivé était totalement imprévisible", ajoute-t-il.
Classée Seveso 2 "seuil haut", le site opéré par Total Petrochelmicals France (TPF), la filiale pétrochimique de Total, dispose d'une "étude de danger" comportant l'identification précise des scénarios d'accident envisageables et l'analyse de leurs conséquences. "Il faut maintenant savoir si cette étude avait prévu qu'un surchauffeur puisse exploser de la sorte", pointe un responsable syndical sous couvert de l'anonymat. Dans un bâtiment, une cellule psychologique s'est activée auprès des collègues des victimes. "C'est le temps du deuil. Le temps des questions viendra plus tard", déclare l'un d'eux, les yeux encore rougis de larmes.
D'après agence
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