Après avoir menacé les quartiers est, les flammes, décrivant un arc de cercle, se sont rapprochées des quartiers sud ; les habitants pouvaient suivre leur progression depuis les rues. © TF1/LCI
"L'an dernier, c'était la même chose près du camp de Canjuers, ça avait été le plus grand feu de l'été. Aujourd'hui c'est à Carpiagne". Le préfet de région, Michel Sappin, se dit consterné par l'imprudence des militaires qui auraient procédé à des tirs malgré la forte chaleur et les risques de départ de feu. Il a évoqué "l'imbécilité du geste". Et fait un premier état des lieux : "La deuxième ville de France est en partie cernée par les flammes. On sent la fumée partout. Des centaines de pompiers sont mobilisés, y compris des pompiers militaires d'ailleurs. Tout le monde est traumatisé. Et tout ça, simplement parce que les militaires n'ont pas cessé leurs tirs alors qu'on le leur avait explicitement demandé".
D'où la colère du préfet de région : "J'ai téléphoné au gouverneur militaire pour leur dire qu'il est inadmissible et scandaleux que les militaires, comme si de rien n'était, continuent leurs activités alors qu'il y a du vent et que les conditions sont dangereuses". Message reçu cinq sur cinq par l'armée, qui a annoncé dès jeudi matin la suspension d'un gradé présenté comme responsable des tirs qui auraient provoqué le feu. Sans apaiser néanmoins la colère des élus. Le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a ainsi réclamé l'aide des militaires pour venir à bout des flammes, dénonçant la "stupidité incroyable" des tirs. Et de souligner : "Personnellement, je ne pense pas qu'il soit utile de faire des exercices militaires avec 32 degrés de chaleur et du vent, c'est vraiment quelqu'un qui ne doit pas être d'ici qui a donné ces instructions".
"Une catastrophe humaine, une catastrophe écologique"
"Je veux qu'il y ait une enquête administrative au sein des armées et deuxièmement, une enquête de police judiciaire et je m'y emploierai dès demain", a renchéri le député UMP des quartiers sud de Marseille, Guy Teissier, président de la commission de la défense à l'Assemblée nationale et promoteur du futur parc national des Calanques. "C'est une catastrophe humaine, une catastrophe écologique".
"Je pense que le préfet prendra les sanctions adaptées", estime le vice-président socialiste du conseil général, René Olmetta, élu du principal canton touché par l'incendie. "C'est d'autant plus grave qu'il s'agit de professionnels qui sont normalement là pour protéger la population. Maintenant, l'acte est fait, nous en subissons les conséquences".
D'après agence
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