© TF1/LCILes parents du jeune homme en état de mort clinique après sa tentative de suicide dans un commissariat de la banlieue de Saint-Etienne, ont lancé mercredi un appel au calme. La tentative de suicide de leur fils a été suivie de violences urbaines à Firminy dans la Loire dans la nuit de mardi à mercredi. "J'ai parlé avec les jeunes en leur disant que ça ne sert à rien de brûler et de casser. Ce n'est pas une solution. Mais je ne suis pas arrivé à les calmer", a déclaré Abdelkader Benmouna, le père du jeune suicidé qui se trouve dans le coma. "J'ai lancé un appel au calme, ça ne sert à rien de brûler, de casser", a ajouté sa femme, Malika. De son côté, le procureur a affirmé qu'il écartait a priori "la thèse de la bavure policière."
Neuf personnes en garde à vue
"Tout a commencé vers 21 heures. Les jeunes se sont révoltés, c'était une grosse émeute, qui a duré quatre à cinq heures". Un animateur de quartier décrit ainsi les violences qui se sont emparées mardi soir et qui ont vu des bandes de jeunes affronter la police. Peu après 3h30 mercredi matin, des poubelles flambaient encore dans le quartier du Grand H, au sol s'amoncelaient des déchets et des cailloux, et on pouvait encore sentir l'odeur de pneus brûlés. Bilan de cette nuit agitée : pas mal de dégâts... et neuf personnes placées en garde à vue.
Mohammed Benmouna, 21 ans, qui a tenté de mettre fin à ses jours, est originaire du quartier. "C'est n'importe quoi ce qu'ils ont fait, avec d'autres et la famille de Momo, on a appelé au calme, on leur a dit de rentrer chez eux, que ça servait à rien", a expliqué "Sam", 30 ans, qui dit bien connaître Mohammed. Les parents du jeune homme, dont un porte-parole a affirmé dans la nuit de mardi à mercredi qu'ils "émettaient des doutes quant aux conditions de détention" de leur fils.
Pronostic vital très réservé
Le geste de Mohammed Benmouna semble disproportionné si on le rapporte au motif qui avait conduit à sa garde-à-vue, selon le parquet de Saint-Etienne : il s'agissait d'une affaire de tentative d'extorsion de fonds. Le jeune homme a essayé de se pendre, et a été hospitalisé dans le coma au service des urgences du CHU de Saint-Etienne. Mardi en fin d'après-midi, le pronostic vital était très réservé. Selon un porte-parole de la famille Benmouna, le cerveau de Mohammed aurait subi de lourds dommages.
L'Inspection générale de la police nationale, saisie par le parquet, s'intéresse désormais particulièrement aux matériaux, de type placoplâtre, qui constituaient la cloison de sa cellule. Mais "Sam" a déjà sa propre idée : "ce sont les policiers qui l'ont massacré, affirme-t-il. Il venait d'avoir son permis, de trouver un petit boulot : on ne se suicide pas à 21 ans". Les parents de Mohammed ont demandé au procureur de la République de visiter la cellule de garde-à-vue en compagnie de leur avocat, "afin de comprendre ce qui s'était passé".
D'après agence
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