Bracelet électronique © TF1/LCIIl est 19h40, ce lundi 17 août lorsque trois individus surgissent dans le bar-tabac de la rue Toulouse, à Montpellier. "Habillés comme des ninjas, avec des cagoules, ils ont braqué une arme de poing en direction du tenancier", relate une source policière. "Ce dernier leur a alors donné le tiroir-caisse contenant la recette du jour : 3000 euros". Avant de déguerpir en voiture, le trio roue le propriétaire de coups de pieds et de coups de poings et prend le temps de dépouiller les quelques clients présents, dérobant notamment leurs portables.
Bloqués un peu plus loin dans un ralentissement de la circulation, les trois malfrats sont rapidement repérés et rattrapés par des policiers de la BAC. L'un de ces derniers s'approche alors du véhicule qui tente aussitôt de l'écraser. Les trois individus sont finalement maîtrisés sans violence. Un pistolet 8 mm chargé de 6 balles est toutefois retrouvé au pied de l'un d'eux.
Les trois braqueurs sont âgés de 16, 22 et 36 ans. Le plus âgé, en liberté conditionnelle, finissait de purger une peine de six ans de prison pour de multiples braquages. Surtout, il portait un bracelet électronique ! "L'enquête va devoir déterminer s'il est normal qu'aucune alerte n'ait été déclenchée par les services de contrôle de l'Administration pénitentiaire", note cette même source policière. Le multirécidiviste, lui, affirme qu'il avait une permission de sortie de son domicile jusqu'à 22 heures pour pouvoir participer à une formation en vue de sa réinsertion... Le parquet s'est refusé à tout commentaire dans cette affaire dont l'instruction reste en cours. Les trois individus ont été placés en détention provisoire.
Cette affaire ne devrait pas manquer de pimenter le débat sur les aménagements de peine prévu à partir du 14 septembre devant les députés dans le cadre de l'examen du projet de loi pénitentiaire, déjà voté l'hiver dernier par le Sénat. Contacté par LCI.fr, Guillaume Didier, porte-parole de la Chancellerie tient à rappeler qu'à l'heure actuelle "4500 condamnés portent un bracelet électronique et qu'ils sont 11 000 par an au total" et que "ce ne sont pas quelques dizaines de cas d'échecs comme celui-ci qui vont remettre en cause la mise en place de ce dispositif qui reste le meilleur moyen d'assurer la réinsertion professionnelle et sociale d'un détenu".
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