Image d'archives © TF1En 2000, dans le Gard, un homme, que nous appellerons Jean-Pierre*, qui vit seul avec ses parents les égorge dans un moment de folie. Interpellé par les gendarmes, il avoue son crime puis est interné. Les experts diagnostiquent alors une schizophrénie à délire paranoïde, le rendant irresponsable de ses actes. Jean-Pierre ne répondra donc jamais de ce double parricide devant la justice pénale. Une histoire dramatique pour la famille qui connaît un rebondissement depuis avril 2008, lorsque Jean-Pierre, depuis son établissement psychiatrique, réclame sa part de l'héritage. Une demande que la justice civile lui a accordée.
En mai 2008, le tribunal de Nîmes ordonne que Jean-Pierre reçoive sa part de la succession, estimant que l'homme est civilement apte à gérer ses biens. Mais comment un homme jugé irresponsable de ces actes pour un meurtre peut-il être capable de gérer ses biens ? Le problème c'est que Jean-Pierre a été reconnu irresponsable seulement au moment des faits. Son casier judiciaire est donc vierge. Or, selon l'article 727 du code civil, une personne ne peut-être déshéritée que si elle a commis un crime ou un délit à l'égard de ses parents. Et Jean-Pierre n'a pas été condamné pour ce double parricide. Il est alors en droit d'exiger sa part de la succession.
"Ce n'est pas une question d'argent"
Une décision que son frère, Luc*, vit très mal. "Je ne veux pas perdre ce qui reste de la mémoire de mes parents. Il n'y a pas de mots pour qualifier l'attitude de mon frère. Je suis attaché à ce que ses deux enfants, mes neveux, héritent. Mais pas lui. Pas l'assassin de mes parents !", a-t-il déclaré au JDD. Son avocat, Maître Breteigne a indiqué à LCI.fr qu'il venait de faire appel de cette décision. "Ce n'est pas une question d'argent qui motive mon client, (la succession étant modeste) mais de principe", souligne l'avocat. "Mon client a l'impression que la justice fait comme si rien ne s'était passé, et se demande parfois si son frère ne jouerait pas la comédie" ajoute-il.
Si le jugement en appel est confirmé, l'avocat prévient qu'ils iront en cassation voire au niveau européen. "Nous allons tenter de faire jurisprudence. Nous souhaitons faire réformer cet article 727, de l'ouvrir et ainsi donner la possibilité de rendre un jugement adapté à la situation", confie Me Berteigne.
* : les prénoms ont été changés.
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