Course-poursuite mortelle : "toute la lumière sera faite"

le 10 août 2009 à 19h25 , mis à jour le 10 août 2009 à 22h18

Le jeune qui s'est tué à moto en voulant échapper à la police est mort d'un traumatisme, selon l'autopsie.

Bagnolet © TF1

 

> Une habitante contredit la police
> Le témoignage d'un policier
> Jeunes et policiers, des relations tendues
> Le point sur l'enquête

 

Le gouvernement a prôné l'apaisement lundi après les violences qui ont suivi la mort d'un jeune homme fuyant un contrôle de police dimanche à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Le procureur adjoint de Bobigny, a ainsi assuré que "toute la lumière" serait faite sur les circonstances de la course poursuite entre le jeune motard et véhicules des forces de l'ordre. Pour lever tout doute, une double expertise en accidentologie a été confiée au service spécialisé de la gendarmerie nationale.
 
"L'objectif est de résoudre les zones d'ombre. Mais en l'état des éléments de l'enquête, il n'y a pas de trace de contact qui soit apparu entre les véhicules de police et la moto", a dit le magistrat. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a affirmé de son côté que les résultats de l'enquête seraient rendus publics.
 
"Ils ne feront pas avancer les choses par la violence"
 
Selon la version du parquet, trois véhicules de police sont intervenus et non un seul, comme indiqué dans les premiers communiqués officiels. Une riveraine avait alerté en fin d'après-midi la police parce qu'un livreur âgé de 18 ans en congé, Yacou Sanago, faisait une sorte de rodéo avec une motocross de 125 cm3 non homologuée, dans un quartier de la ville. Alertée par radio, une première voiture de police aurait réussi à bloquer le jeune motard pour lui "donner une injonction verbale" mais celui-ci aurait aussitôt pris la fuite, a précisé le parquet. En débouchant d'une ruelle, le jeune homme serait alors tombé nez à nez avec une seconde voiture de patrouille et aurait repris sa course. Il aurait ensuite croisé un troisième véhicule de police, cette fois de la brigade anticriminalité (Bac) vers 20 heures, perdu le contrôle de sa moto et percuté une barrière métallique, le deux-roues glissant sur plusieurs dizaines de mètres.
 
Yacou Sanago a succombé à un traumatisme thoracique profond, selon les résultats de l'autopsie. Ces blessures correspondent au choc avec le pilier de la rambarde où s'est encastré le fuyard mais ne permettent pas de dire si l'un des trois véhicules de police intervenus a pu heurter ou barrer la route de la moto. Le procureur adjoint a donc appelé les témoins ayant raconté devant des caméras de télévision qu'une voiture de police avait percuté le deux-roues à se faire connaître des enquêteurs. "Ils ne feront pas avancer les choses par la violence", a-t-il dit. Néanmoins, le magistrat a souligné que les témoins entendus jusqu'à présent "ne font pas état de contact" et que la moto et deux des véhicules de police avaient été placés sous scellés afin d'être expertisés.
 
"Prendre le temps du recueillement"
 
L'annonce de ce décès a provoqué des tensions dimanche soir à Bagnolet, où une quarantaine de jeunes de la cité où vivait la victime s'en sont pris à des voitures et à du mobilier urbain. Selon le ministère de l'Intérieur, les jeunes en colère ont incendié des véhicules et des poubelles et brisé la vitrine d'un commerce, des abribus et les vitres du lycée voisin. Un cameraman a par ailleurs été agressé.
 
La "police des polices" a été saisie de l'enquête. Dans l'attente des résultats, Brice Hortefeux a refusé de s'exprimer sur un éventuel contact entre la moto et la voiture de police. Le ministre a appelé "au calme et à la responsabilité de chacun" et précisé qu'il réunirait une vingtaine d'associations des quartiers sensibles, le 31 août, avec Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, et Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse. "Cette initiative vise à établir les bases d'un dialogue serein et permanent entre le monde associatif de ces quartiers, ses habitants et la police", a-t-il expliqué dans un communiqué.
 
Le maire communiste de Bagnolet, Marc Everbecq, a appelé lundi "l'ensemble des jeunes de (sa) ville à rester dans une position plus calme". "Nous avons compris leur message d'émotion suite à la mort de leur copain. Maintenant que ce message est entendu, il faut essayer maintenant de prendre le temps du recueillement", a-t-il dit sur RTL.
 

(D'après agence)

le 10 août 2009 à 19:25
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2 Commentaires

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  • Hobbyone, le 10/08/2009 à 20h45

    Samedi Soir à METZ, c'est un jeune automobiliste qui venait de démarrer au feu vert, et qui a été percuté par un "Djeunz" qui conduisait une moto à vive allure et qui a grillé le rouge. L'automobiliste est décédé quelques heures après. Le motard s'en est sortit sans trop de bobo, vu qu'il a eu le temps de se sauver, avec l'aide de ses potes dans une voiture. Pourquoi, on n'en parle pas de ça ? Avec un peu de bon sens, il y a plus à être scandalisé de cet accident, que de celui-ci.

  • Jonjon, le 10/08/2009 à 19h38

    Je suis consterné par le décès de ce gamin, et je penseau chagrin des parents.Toutefois j'ai 57 ans et jamais je me suis enfui devant des policiers

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