© AFPLa fillette de cinq ans qui est morte mardi au centre hospitalier de Mulhouse, la tête coincée dans les barreaux de son lit d'hôpital, a été "semble-t-il victime de négligences", a déclaré vendredi le procureur de Mulhouse, Jean-Pierre Alacchi. Il a également indiqué qu'il envisageait d'ouvrir assez vite "une information pour homicide involontaire par négligence et défaut de surveillance qui pourrait déboucher sur une mise en examen de l'hôpital en tant que personne morale, voire la mise en examen de personnes physiques".
Selon le procureur, la fillette est décédée "par asphyxie", car son corps est passé entre les barreaux à l'extérieur du lit, mais sa tête est restée bloquée à l'intérieur, entre le matelas et les barreaux. Plusieurs fois hospitalisée depuissa naissance, elle était "fragilisée" par une maladie génétique et elle ne parlait ni ne marchait, a-t-il précisé. "Le matelas a glissé, le corps a glissé, mais la tête de l'enfant a été retenue par les barreaux", a déclaré le procureur. "Il est évident que le système de coussins (qui aurait dû empêcher l'enfant de passer par les barreaux) n'était pas efficace", a déclaré M. Alacchi. "Si les coussins avaient été solidement attachés au lit, l'enfant n'aurait pas glissé, car elle a semble-t-il glissé, et comme elle était fragile, elle n'a pas pu se dégager", a-t-il expliqué.
"Pas de dysfonctionnement"
Pour Jean-François Mathis, directeur adjoint de l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) d'Alsace, "il existe des cas similaires" survenus avec des lits hospitaliers non adaptés à l'âge de l'enfant. "Le problème, c'est que quand les enfants ont cinq-six ans, on est obligé de les hospitaliser dans des lits adultes avec des barrières sécurisées, mais ce sont des barrières pour adultes, donc on encastre un certain nombre de protections qui permettent d'éviter des accidents, mais c'est quand même arrivé au Centre hospitalier de Mulhouse", a-t-il expliqué. François Courtot, directeur adjoint du Centre hospitalier, a indiqué pour sa part vendredi dans un communiqué que "les premières observations" d'une enquête interne diligentée par l'ARH "ne démontreraient pas de dysfonctionnement dans l'organisation du service".
L'accident est survenu vendredi 31 juillet dans une unité du service de pédiatrie du centre hospitalier, le jour où l'enfant devait quitter l'hôpital, après plusieurs jours d'hospitalisation. L'alerte a été donnée par sa maman vers 9h45 qui l'a découverte inanimée. Quinze minutes avant, une puéricultrice était venue remettre en place un coussin qui avait glissé, a précisé le procureur. L'enfant est morte dans la nuit du 3 au 4 août malgré des soins intensifs. L'autopsie a montré le décès par asphyxie, mais aussi la fragilité dont elle souffrait, a précisé le procureur. Les parents n'ont pas encore porté plainte, selon la même source. La brigade criminelle du commissariat central de Mulhouse a été chargée de l'enquête préliminaire.
Plusieurs décès dans des circonstances comparables |
Quatre décès comparables à celui d'une fillette de cinq ans, asphyxiée par les barreaux de son lit d'hôpital à Mulhouse, avaient motivé dès 2008 le lancement d'études pour rendre ces lits plus sûrs, a indiqué vendredi l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps). Jusqu'à l'âge de trois ans, "il y a des lits spéciaux, qu'on appelle 'lits-parc', complètement clos". Après, "c'est un lit classique qu'on appelle couramment lit d'adulte", selon l'Afssaps. Pour les enfants plus grands, jusqu'à 12 ans, des barres de protection sont ajoutées. Or, dans certains cas, "les gens risquent de s'engager sous la barrière ou entre les barreaux pour essayer de sortir du lit et il y a un risque d'être piégé". Le premier décès a été constaté en 2005: "on a eu un premier signalement complètement isolé, mais qui était un cas tout à fait particulier (...) Ensuite, on en a eu un en 2007, suivi de deux en 2008. C'est donc sur 2007-2008 qu'on a engagé des réflexions et des travaux", a encore indiqué l'Afssaps. Selon l'agence, "le plus souvent, des enfants de morphologie atypique essayant de s'échapper de leur lit se sont faits piéger". Il s'agit notamment d'enfants âgés entre 5 et 10 ans "de très faible poids et de grande taille". |
(D'après agence)
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