La fillette morte à l'hôpital "victime de négligences"

le 07 août 2009 à 10h27 , mis à jour le 07 août 2009 à 19h21

Le parquet envisage d'ouvrir "une information pour homicide involontaire par négligence et défaut de surveillance".

[Expiré] [Expiré] Hôpital de Mulhouse © AFP

La fillette de cinq ans qui est morte mardi au  centre hospitalier de Mulhouse, la tête coincée dans les barreaux de son lit  d'hôpital, a été "semble-t-il victime de négligences", a déclaré vendredi le  procureur de Mulhouse, Jean-Pierre Alacchi. Il a également indiqué qu'il envisageait d'ouvrir assez vite "une information pour homicide involontaire par négligence et défaut de surveillance qui pourrait déboucher sur une mise en examen de l'hôpital en tant que personne morale, voire  la mise en examen de personnes physiques".

Selon le procureur, la fillette est décédée "par asphyxie", car son corps est passé entre les barreaux à l'extérieur du lit, mais sa tête est restée  bloquée à l'intérieur, entre le matelas et les barreaux. Plusieurs fois hospitalisée depuissa naissance, elle était "fragilisée" par une maladie génétique et elle ne parlait ni ne marchait, a-t-il précisé. "Le matelas a glissé, le corps a glissé, mais la tête de l'enfant a été  retenue par les barreaux", a déclaré le procureur. "Il est évident que le système de coussins (qui aurait dû empêcher l'enfant  de passer par les barreaux) n'était pas efficace", a déclaré M. Alacchi. "Si les coussins avaient été solidement attachés au lit, l'enfant n'aurait  pas glissé, car elle a semble-t-il glissé, et comme elle était fragile, elle n'a  pas pu se dégager", a-t-il expliqué.

"Pas de dysfonctionnement"

Pour Jean-François Mathis, directeur adjoint de l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) d'Alsace,  "il existe des cas similaires" survenus avec des lits hospitaliers non adaptés à l'âge de l'enfant. "Le problème, c'est que quand les enfants ont cinq-six ans, on est obligé de les hospitaliser dans des lits adultes avec des barrières sécurisées, mais ce sont des barrières pour adultes, donc on encastre un certain nombre de protections qui permettent d'éviter des accidents, mais c'est quand même  arrivé au Centre hospitalier de Mulhouse", a-t-il expliqué. François Courtot, directeur adjoint du Centre hospitalier, a indiqué pour sa  part vendredi dans un communiqué que "les premières observations" d'une enquête  interne diligentée par l'ARH "ne démontreraient pas de dysfonctionnement dans l'organisation du service".

L'accident est survenu vendredi 31 juillet dans une unité du service de  pédiatrie du centre hospitalier, le jour où l'enfant devait quitter l'hôpital,  après plusieurs jours d'hospitalisation. L'alerte a été donnée par sa maman vers 9h45 qui l'a découverte inanimée.  Quinze minutes avant, une puéricultrice était venue remettre en place un coussin  qui avait glissé, a précisé le procureur. L'enfant est morte dans la nuit du 3 au 4 août malgré des soins intensifs. L'autopsie a montré le décès par asphyxie, mais aussi la fragilité dont elle  souffrait, a précisé le procureur. Les parents n'ont pas encore porté plainte, selon la même source. La brigade criminelle du commissariat central de Mulhouse a été chargée de  l'enquête préliminaire.

Plusieurs décès dans des circonstances comparables

Quatre décès comparables à celui d'une fillette  de cinq ans, asphyxiée par les barreaux de son lit d'hôpital à Mulhouse, avaient motivé dès 2008 le lancement d'études pour rendre ces lits plus sûrs, a indiqué  vendredi  l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps). Jusqu'à l'âge de trois ans, "il y a des lits spéciaux, qu'on appelle  'lits-parc', complètement clos". Après, "c'est un lit classique qu'on appelle  couramment lit d'adulte", selon l'Afssaps. Pour les enfants plus grands, jusqu'à 12 ans, des barres de protection sont  ajoutées. Or, dans certains cas, "les gens risquent de s'engager sous la  barrière ou entre les barreaux pour essayer de sortir du lit et il y a un risque  d'être piégé".

Le premier décès a été constaté en 2005: "on a eu un premier signalement  complètement isolé, mais qui était un cas tout à fait particulier (...) Ensuite,  on en a eu un en 2007, suivi de deux en 2008. C'est donc sur 2007-2008 qu'on a  engagé des réflexions et des travaux", a encore indiqué l'Afssaps. Selon l'agence, "le plus souvent, des enfants de morphologie atypique  essayant de s'échapper de leur lit se sont faits piéger". Il s'agit notamment  d'enfants âgés entre 5 et 10 ans "de très faible poids et de grande taille".

(D'après agence)

le 07 août 2009 à 10:27
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34 Commentaires

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  • Maïckou, le 09/08/2009 à 01h19

    @ Valérie, Dijon - "Négligence", "défaut de surveillance". Ce n'est pas moi qui le dis. Lorsqu'on voit une douzaine de personnes rassemblées dans un bureau pour faire une pause, on se dit que les coupures pourraient être échelonnées, de façon à ce qu'il y ait un roulement dans la surveillance. Les parents sont deux, à l'hôpital, ils sont 5 ou 10. Ce n'est pas comparable.

  • Ide, le 08/08/2009 à 21h58

    ça fait dix ans que je travail dans un CHU, ça fait dix ans qu'on dénonce des anomalies de tous genres, ça faits dix ans que la hierarchie nous répond qu'ils n'ont pas les budgets, depuis dix ans il ya des chutes parce qu'on a pas assez de barrières pour les lits, qu'on demande du matériel adapté en fonction de l'état du patient et la réponse des supérieurs est toujours la même. Il ne faut pas mettre en cause le personnel, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne. En tant que soignant, si vous êtes pas d'accord, votre hiérarchie vous accuse de négligeance ou abandon de poste dans le pire des cas. Alors arretons d'accuser le personnel soignant (médecins,infirmiers, aides soignants) qui travaillent avec ce que l'on leur fournit comme matériel ou personnel mais dénonçont plutot que les hôptaux sont dans une démarche d'économie sur tout (matériel à bas prix, optimisation du personnel, fermeture de poste etc). Donc, pour dire que cet accident est tragique, mais s'il y avait eu un matériel adapté au patient cela ne serait jamais arrivé. On reproche à la puer de n'avoir pas bien fixé le coussin qui devait empecher l'enfant de passer à travers la barrière. Il faut arreter, on est pas au rayon bricolage de chez Casto, soit on accueil le patient en toute sécurité avec du matériel adapté soit ont le transfert dans une unité adaptée à son cas. En tout cas je pense que c'est comme d'habitude, c'est une histoire politico-financière et une fois de plus, c'est le petit personnel qui va prendre. Mais attention, le petit personnel qui fait vivre l'hôpital, un jour, et c'est déja le cas, n'ira plus travailler dans le service public hospitalier. Prenez garde Mme la Ministre !

  • Valérie, le 08/08/2009 à 14h50

    Maïckou, arrêtons de dire, qu'il n'y a que soi qui travaille et que les autres sont des fainéants. Ces petits discours sont discriminatoires vis à vis de certaines professions. J'ai été hospitalisée plusieurs fois et j'ai toujours trouvé que le personnel hospitalier était exemplaire, bien à l'écoute des malades. Il faut leur permettre de prendre un café ou d'aller aux toilettes...sourire...ce ne sont pas des bêtes de somme. Ici, il s'agit manifestement d'un matériel non adapté qui a été signalé à plusieurs reprises par le personnel hospitalier. Donc, encore une fois une histoire d'argent. Il ne doit pas être bien difficile de concevoir des lits adaptés pour les gamins ! Il ne peut y avoir négligence. Une infirmière ne peut pas rester au pied du lit d'un malade 24h sur 24 ! Même un parent ne pouvait pas être là à chque minute, et on le reproche au personnel....Un peu de bon sens. Je précise que je ne travaille pas dans les hôpitaux.

  • Maïckou, le 08/08/2009 à 11h17

    Il faut arrêter de toujours crier au "manque de personnel". J'ai personnellement été hospitalisée il y a 2 ans. J'ai vu beaucoup de gens "en service" dans les bureaux, en train de boire le café tranquillement, et en train de se raconter les dernières blagues. On a besoin de pauses, soit, mais de là ... Que de manque de conscience professionnelle. Et personne pour encadrer. J'ai, par contre, admiré une infirmière, qui n'hésitait pas à venir et à rester discuter avec les patients angoissés, la nuit, rien que pour le contact humain. Oui, certaines professions sont plus proches de "vocations". Il faut le savoir quand on y entre. Rassurer, soulager, parler, surveiller, il n'y a pas que les soins strictement médicaux à l'hôpital. Je le dis d'autant plus que, je l'avoue, je ne serais personnellement pas capable de faire ce travail.

  • Pierre, le 08/08/2009 à 09h02

    Si l'on mais une personne physique en examen, et ben cela fera une de moins a surveiller, déja qu'il ni a pas grand monde, on ne peu mettre une personne devant chaque patient

  • Emirhan, le 07/08/2009 à 20h40

    Ma petite fille de 12 mois été hospitaliser je me suis absenter 15 minute j avais prevenu les infirmieres a mon arriver j ai trouver ma fille qui pleurer et se taper la tete contre les bareaux du lit ,les infirmieres ne sont occuper meme pas

  • Pierre, le 07/08/2009 à 19h23

    D'accord avec Andre Mulhouse. A ecouter les francais, ils sont meilleurs en tout.

  • André, le 07/08/2009 à 18h06

    Toutes mes pensées émues à la famille en deuil . J'ai malheureusement eu affaire à un service d'urgence de cet hôpital il y a un mois et j'ai été "scotché " quant à la réaction d'intervention et à l'accueil que j'ai reçu...Il faut savoir qu'à Mulhouse dans le service d'urgences en cardiologie , l'interne qui m'a reçu m'a dit qu'il vaudrait mieux téléphoner au préalable pour qu'ils puissent s'organiser !!! On croit rêver ! En ayant sonné , il a bien fallu attendre 5 à 7 minutes avant de voir arriver quelqu'un que je qualifierai de "traîne savates ". Après branchement pour enregistrement , et 20 minutes d'attente , se pointe une 2e interne qui ose se présenter comme "docteur" ...Evidemment le " docteur " en question n' a pas su poser de diagnostic et il a fallu attendre 2h de plus pour enfin être reçu par le médecin titulaire , la crise de tachycardie ayant disparu depuis un bon moment et le diagnostic posé étant de surcroît faux d'après le cardiologue traitant !!! Pendant ce temps 6 ou 7 personnes attablées à discuter , vous avez dit pénurie de personnel ? Mais non c'est tout simplement de la nonchalance et un manque cruel de hiérarchie qui dicterait la conduite à tenir : finalement l'hôpital est le reflet de la société actuelle : cool , cool et cela aboutit à.. du m'enfoutisme et ...inculpation pour négligence ! CQFD. Ceci est le témoignage d'un professionnel de la santé ( docteur ) qui a quitté la France pour exercer à l'étranger il y a 17 ans et je peux dire aux nombrilistes français qui prétendent qu'on a la meilleure médecine au monde qu'on ose affirmer cela uniquement en France parce que dans tous les congrès internationaux , ce discours fait bien rire ....C'est vrai , certaines cliniques privées et services de pointe ont un niveau excellent mais l'hôpital dont le patient lambda a besoin au quotidien laisse à désirer !

  • Fiesta, le 07/08/2009 à 17h48

    Et voilà c'est quand les accidents arrivent que l'on fait quelque chose,mais en attendant c'est trop tard,mon fils a ete opere des vegetations il avait 11 ans et je suis reste tous le temps avec lui ,jusqu'a ça sortie ,il me viendrait pas a l'idee de laisser un enfant seul en clinique ou hopital ,ils font se qu'ils veulent de vous une fois rentre ,je sais de quoi je parle ,alors un enfant seul vous m'avez compris .toute mes condoleances aux parents.

  • Patou, le 07/08/2009 à 17h24

    Je suis de l'avis de MARY d'ANGERS , malheureusement dans la vie , il ne faut pas toujours jeté la pierre aux autres , dans ce cas-ci , il est vrai que des barreaux auraient peut être empêché ce drame , mais comme vous le voyez , des accidents , il y en a tous les jours , je suis maman de 3 enfants , et je sais , que malgré tout nos efforts quand on à des enfants malades à la maison , ill peut arriver un malheur , à cette famille qui vient de perdre quelqu'un de cher , je voudrais simplement vous dire , sincères condoléances , et beaucoup de courage pour la suite PATOU

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