prison © LCIC'est un nouveau drame qui s'est déroulé, vendredi à la maison d'arrêt de Gradignan : un détenu de 61 ans s'est suicidé vendredi dans sa cellule. Selon le syndicat UNSA-UFAP, le détenu était en détention préventive pour une affaire viol avec actes de barbarie. Il s'est pendu en utilisant le lacet de son pantalon pendant que son codétenu se trouvait au parloir.
Que vaut la vie d'un détenu malade ?
Illustration de la crise des prisons, un détenu âgé, sous assistance respiratoire, attend près d'Avignon une hypothétique suspension de peine après octobre. L'été pourrait lui être fatal.
Publié le 30/06/2009
Ce suicide est le troisième survenu depuis le 12 juin dernier à la maison d'arrêt de Gradignan dont le taux d'occupation selon les syndicats est d'environ 200%. Selon les chiffres dévoilés par la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie mardi dernier lors d'une visite à Orléans, ce suicide serait le 82e enregistré dans les prisons françaises depuis le début de l'année pour 115 sur l'ensemble de l'année précédente. L'association Ban Public a avancé mercredi le chiffre de 92 suicides; l'Observatoire international des prisons (OIP) estime que ces chiffres sont largement sous-estimés.
"Un kit anti-suicide"
Michèle Alliot-Marie a présenté à Orléans un plan d'action contre les suicides en prison portant notamment sur la formation des personnels pénitentiaires et la distribution d'un "kit anti-suicide" aux détenus (pyjamas en papier, matelas ininflammables). Ce plan a été fortement critiqué notamment par l'OIP et des syndicats du personnel pénitentiaire. Dans un courrier qu'il a adressé au ministre mercredi, le député Verts de la Gironde Noël Mamère a annoncé son intention de déposer sur le bureau de l'Assemblée nationale "une demande de mission d'information" sur le suicide en milieu carcéral, ce que réclame l'OIP.
Dans un communiqué, le sénateur PS de la Gironde Alain Anziani et le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas, tous deux vice-présidents du groupe socialiste au Sénat et à l'Assemblée nationale chargés de la politique pénale, se sont également élevés contre les chiffres officiels. "Non seulement la France détient le lamentable record européen des suicides en prison mais le chiffre officiel se révèle être un mensonge", écrivent-ils.
Pour Alain Guillemet, délégué syndical UNSA-UFAP à Gradignan "ce n'est pas avec des mesurettes qu'on va résoudre ce problème". "Les prisons sont vétustes, il y a de plus de détenus et la surpopulation est manifeste, sans oublier ceux qui souffrent de troubles psychologiques", a-t-il ajouté.
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