Le corps d'Anissa qui s'est noyée dans la Durance en hydrospeed rapatrié à Etampes, le 3 août 2009 © TF1-LCI 
> De nombreuses questions en suspens
> Etampes sous le choc
> Sports en eaux vives : des activités très encadrées
> La cousine d'Anissa raconte
Ta
ndis que les enfants de la colonie, sous le choc, sont rentrés dès dimanche à Etampes (voir la vidéo), le corps d'Anissa, la fillette de 11 ans qui s'est noyée samedi dans la Durance lors d'une sortie en hydrospeed, a été rapatrié ce lundi après-midi auprès de sa famille. Sa cousine, qui accompagnait le groupe, et était donc sur place au moment du drame estime qu'"Anissa n'a pas eu de chance, mais je pense que ça aurait pu être évité". Elle raconte : voir la vidéo. Une "veillée" se tenait en fin d'après-midi à la mosquée d'Etampes, puis une prière devait avoir lieu aux pompes funèbres en fin de journée.
Parallèlement, la garde à vue du moniteur stagiaire, âgé de 19 ans, a été levée en fin d'après-midi, avant une éventuelle mise en examen mardi. Seul le gérant du club nautique restait donc en garde à vue lundi soir, alors que l'enquête devait faire la lumière sur d'éventuelles défaillances d'encadrement. Sa garde à vue a été prolongée jusqu'à mardi matin. Le procureur de la République de Gap avait souligné dès dimanche des "manquements à la réglementation".
"Des questions restent en suspens"
"D'autres personnes pourraient être mises en cause", avait-il ajouté lundi matin, indiquant que les éducateurs de la colonie venue d'Etampes auraient dû au préalable fournir les attestations relatives à la capacité de nager des enfants. Dimanche, le procureur avait déjà souligné le fait que le moniteur d'hydrospeed, stagiaire, aurait notamment dû être supervisé et encadrait trop d'enfants à la fois : 11 personnes (9 enfants et deux éducateurs d'Etampes) au lieu de 8 à cet âge, ce qui "aurait nécessité la présence d'un moniteur supplémentaire".
La fillette, qui a "dévié de la trajectoire normale" alors qu'elle pratiquait l'hydrospeed, activité de nage en eaux vives avec un flotteur, est restée coincée sous une barre de fer de 12 mètres de long qui traversait la rivière. Cet objet "pourrait provenir de la destruction d'un pont routier il y a une dizaine d'années", avait précisé le procureur. Mais aucune reconnaissance de la rivière n'avait été effectuée, avait-il déploré. Et "des questions restent en suspens concernant notamment l'âge des enfants" âgés de 10 à 14 ans, pour ce type d'activité, et "l'absence de reconnaissance du parcours".
Selon le maire d'Etampes, la mairie avait signé une "convention" avec la structure qui organisait la sortie. "Mes services m'ont assuré que le dossier était dans les règles", a-t-il dit. La mairie devait s'assurer que les enfants avaient plus de six ans, qu'ils avaient un certificat médical, et que les enfants devaient savoir nager. Selon le maire, le moniteur de la ville encadrant la colonie était habilité à déterminer si les enfants savaient nager. "Le stage a été préparé dans un bassin à Etampes" plusieurs semaines avant le départ, a-t-il assuré.
"Un véritable piège"
Michel Baudry, président du comité des Hautes-Alpes de la Fédération française de canoë, estime que "la vraie cause de cet accident est la présence de cette barre de fer". "Elle a été un véritable piège. Le parcours avait été extrêmement sécurisé pour les Championnats de France de canoë qui se sont déroulés au mois de juillet. Pendant une semaine, tous les jours une équipe descendait pour sécuriser les lieux, mais aucune barre de fer n'avait été signalée" sur cette portion de la Durance pourtant "très fréquentée", a-t-il affirmé à l'AFP. "Il y a non seulement eu des vérifications, mais des milliers de kayakistes sont passés par là. Et personne n'a rien vu", a lui aussi insisté Joël Giraud, maire d'Argentière-la-Bessée et député des Hautes-Alpes.
Le haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, a pour sa part demandé lundi à ses services de "procéder à des contrôles sur pièce et sur place, ciblés sur les activités les plus risquées", afin d'assurer "que les encadrants disposent bien des titres nécessaires à l'exercice de leur activité et que l'ensemble des règles régissant ces activités soient bien respectées". Martin Hirsch a ajouté que "l'ensemble des accueils collectifs de mineurs" étaient "destinataires d'un rappel des règles applicables en matière de taux d'encadrement selon les différents types d'activités", par le biais des "services déconcentrés de l'administration jeunesse et sport". "Les normes sont à nos yeux suffisantes, mais là dans ce drame (...), c'est pas un manque de normes", a déclaré le ministre sur RTL, tout en rappelant "qu'il y a 1,5 million d'enfants qui partent en vacances et que dans l'immense majorité des cas, ça se passe très très bien".
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