Le Rafale de Dassault © TF1-LCIDeux Rafale, le chasseur hyper-sophistiqué fabriqué par l'avionneur français Dassault, se sont abîmés jeudi en fin de journée dans la Méditerranée, a annoncé la Marine nationale. L'accident s'est produit vers 18 heures, à une trentaine de kilomètres à l'est de Perpignan, au cours d'une mission d'essai à laquelle participaient les deux appareils. "Ils avaient décollé du porte-avions Charles-de-Gaulle et étaient aux mains de pilotes très expérimentés", a précisé le capitaine de frégate Bertrand Bonneau, du Service d'information et de relations publiques de la marine (Sirpa Marine). "On ignore s'il s'agit d'une collision", a-t-il encore indiqué, précisant que "le pilote repêché était vivant et conscient".
"D'importants moyens aériens et nautiques ont été immédiatement déployés sur zone pour rechercher les deux pilotes dont l'un a été repêché", a-t-on précisé du côté de l'armée. "Les opérations de recherche sont coordonnées par la préfecture maritime de la zone maritime Méditerranée et se poursuivent pour retrouver le deuxième pilote". Toujours selon la Marine, les moyens de recherche engagés comptent une vedette de la Société nationale de sauvetage en mer, quatre hélicoptères, ainsi qu'un avion de guet aérien Hawkeye du porte-avions et un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a immédiatement ordonné une enquête afin de déterminer l'origine et les causes de l'accident, ont indiqué ses services dans un communiqué, précisant qu'il se rendrait sur place "dans les délais les plus brefs".
Le Rafale, fierté française, mais jamais exporté
Cet accident est le premier à frapper la version marine du Rafale, la Marine nationale comptant actuellement 17 appareils de ce type. Un exemplaire de l'armée de l'air s'était déjà écrasé le 6 décembre 2007, en Corrèze. Il avait été attribué par l'armée à une "désorientation spatiale" du pilote qui avait été tué dans l'accident. Mais cette fois, l'accident survient à un très mauvais moment pour Dassault, qui s'est refusé jeudi soir à tout commentaire : la France vient en effet d'entrer en négociations avec le Brésil pour la vente de 36 Rafale. L'annonce en avait été faite par les présidents français et brésilien le 7 septembre à l'occasion d'une visite de Nicolas Sarkozy à Brasilia. Le Rafale a été commandé à ce jour à 120 exemplaires, dont 82 auront été livrés à fin 2009, et ce uniquement en France.
Le choix du Rafale par le Brésil permettrait à Dassault Aviation de connaître son premier succès à l'exportation. Les militaires brésiliens ont d'abord rappelé que le processus de sélection n'était pas encore terminé et que les négociations se poursuivent avec les trois compétiteurs, avant de confirmer ultérieurement que la décision appartenait en dernier ressort au président Luiz Inacio Lula.
Pour le Charles-de-Gaulle aussi, l'accident tombe fort mal, et 2009 restera comme une année noire. Avant ce drame frappant ses avions, l'unique porte-avions français avait été immobilisé pendant un an et demi pour une opération d'entretien programmée, marquée par le premier renouvellement du combustible nucléaire de ses réacteurs. Cette opération s'était achevée dans les temps, en novembre 2008. L'activité du fleuron de la Marine nationale avait toutefois été de nouveau suspendue en mars dernier à la découverte d'une usure "anormale" de pièces sur les arbres de transmission de son système de propulsion. Les pièces défectueuses ont depuis été changées et le porte-avions, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland, a repris la mer le 21 septembre pour procéder à la "requalification" des pilotes de ses avions de combat Super Etendard et Rafale et à la qualification de jeunes pilotes.
D'après agences
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