© LCI.fr/DHLes incidents ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Sur leur origine exacte, les versions ont divergé. Mais leurs effets ont été assez spectaculaires, avec interpellation d'un taxi, jets de projectiles et tirs de flash-ball de la part des forces de l'ordre, le tout suivi d'une action de blocage lancée autour du terminal 3 par les chauffeurs en colère, qui ont bloqué la "base arrière des taxis" (à savoir le lieu de stationnement des véhicules dans l'attente des clients) et n'ont consenti à mettre fin à leur action vers 4h30 du matin qu'après intervention du commissaire principal de Bobigny.
Des faits suffisamment exceptionnels pour que Brice Hortefeux lui-même monte au créneau. "Dès cette nuit (...), j'ai demandé aux services de police compétents - c'est-à-dire à la fois la direction générale de la police nationale et les services de la préfecture de police de Michel Gaudin - (...) qu'une enquête soit diligentée très rapidement", a-t-il lancé mardi matin. L'Inspection générale des services est d'ores et déjà saisie pour enquêter sur ces violences.
Mardi matin, un chauffeur assurait que le déclencheur de cette bouffée de colère avait été le contrôle d'un chauffeur. Selon lui, "les policiers ont procédé au contrôle musclé de l'horodateur d'un véhicule, un chauffeur a été blessé par un tir de flahsball, il a été interpellé ce qui a provoqué la colère de la profession". Brice Hortefeux a fourni en cours de matinée une explication plus fournie : "Très concrètement, c'était un propriétaire de véhicule qui avait un litige avec un conducteur. Cela a dégénéré, il y a eu d'ailleurs des jets de projectiles sur les forces de police qui ont riposté", a-t-il déclaré. Selon lui, "il s'agissait en réalité d'une enquête de la brigade qui est chargée de la surveillance des taxis, qui était chargée d'enquêter sur un véhicule qui était signalé comme volé".
Ecoutez la réaction des chauffeurs de taxis, interrogés par LCI.
Selon le Syndicat de défense des conducteurs du taxi parisien, le différend qui a entraîné l'intervention de la police portait sur le paiement d'une somme due par un chauffeur à son loueur. Mais ce syndicat accuse en outre la Gimas, une société intervenant sur la "base arrière" de l'aéroport où circulent les taxis, d'avoir appelé indûment les forces de l'ordre pour une affaire qu'il ne juge pas de son ressort. "Nous dénonçons l'implication de la police dans une affaire d'ordre privée entre un chauffeur locataire qui est un travailleur indépendant et un loueur de taxis qui est une société d'ordre privé", a souligné le syndicat, dénonçant en outre "les méthodes employées (par la police) qui consistent à tirer au flashball contre des chauffeurs". Djillali Ouanfouf, secrétaire général du syndicat de défense des chauffeurs de taxis parisiens (SDCTP) a assuré pour sa part que "selon un décret préfectoral de 1995, la police a interdiction de se mêler des problèmes entre loueurs et chauffeurs", en appelant les chauffeurs à manifester à l'aéroport de Roissy.
Ce différend survient sur fond de rumeurs de tension entre les taxis et le "groupe taxi transport de personnes" de la préfecture de police, plus connu sous le nom de "Boers". Ce service opère comme un service d'investigation traditionnel, enchaînant filatures et opérations coup de poing, pour traquer les taxis clandestins dans leurs lieux de prédilection que sont les abords des gares internationales, les secteurs touristiques ou les sorties des établissements de nuit parisiens. "Les policiers nous empêchent de fumer, de jouer aux cartes, de faire la prière", accusait en cours de nuit un chauffeur présent à Roissy, en affirmant que des problèmes existaient depuis des mois. Des accusations cependant non corroborées par d'autres taxis.
D'après agence
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