La collision en vol, "hypothèse la plus probable"

le 25 septembre 2009 à 07h29 , mis à jour le 25 septembre 2009 à 14h29

Hervé Morin a assuré vendredi que le crash était "un accident de vol" qui "a priori n'a rien à voir avec l'avion". Un pilote est toujours porté disparu.

Le RafaleLe Rafale © Sirpa Media

L'"hypothèse la plus probable", pour la marine nationale, c'est une collision en vol. Les recherches se poursuivaient vendredi matin  pour tenter de retrouver l'un des pilotes des deux Rafale de la Marine nationale qui se sont abîmés jeudi en Méditerranée. La frégate Courbet, une vedette de la gendarmerie maritime, trois hélicoptères Dauphin de la Marine nationale et un hélicoptère Ecureuil de la gendarmerie nationale sont sur zone. En outre, le remorqueur Abeille Flandres se dirige actuellement vers la zone de recherche avec à son bord du matériel de recherches  sous-marines pour localiser les épaves des avions.

"Il nous faut mener une enquête nécessaire, toute réponse serait précipitée" mais "a priori l'accident n'a rien à voir avec l'avion, il s'agit d'un accident  de vol", a confirmé le ministre de la Défense Hervé Morin lors d'une conférence de presse à la préfecture maritime de Toulon. Le scénario privilégié par les enquêteurs est donc celui d'une collision à la  suite d'un brusque virage à gauche de l'un des deux appareils. "Après le choc, le capitaine de corvette Beaufils (le pilote rescapé) a expliqué que son avion est parti en vrille, qu'il a pu s'éjecter. Lors de son éjection, il a constaté que l'avion de son camarade continuait à voler et nous avons perdu quelques minutes plus tard son signal radar", a expliqué Hervé Morin. Le pilote recherché totalise 5000 heures de vol et est âgé de  45 ans, l'autre pilote, qui s'était éjecté et a pu être repêché "sain et sauf" ayant effectué 3000 heures de vol à 40 ans.

Le Rafale, fierté française, mais jamais exporté

Cet accident est le premier à frapper la version marine du Rafale, la Marine nationale comptant actuellement 17 appareils de ce type. Un exemplaire de l'armée de l'air s'était déjà écrasé le 6 décembre 2007, en Corrèze. Il avait été attribué par l'armée à une "désorientation spatiale" du pilote qui avait été tué dans l'accident. Mais cette fois, l'accident survient à un très mauvais moment pour Dassault, qui s'est refusé jeudi soir à tout commentaire : la France vient en effet d'entrer en négociations avec le Brésil pour la vente de 36 Rafale. L'annonce en avait été faite par les présidents français et brésilien le 7 septembre à l'occasion d'une visite de Nicolas Sarkozy à Brasilia. Le Rafale a été commandé à ce jour à 120 exemplaires, dont 82 auront été livrés à fin 2009, et ce uniquement en France.

Le choix du Rafale par le Brésil permettrait à Dassault Aviation de connaître son premier succès à l'exportation. Les militaires brésiliens ont d'abord rappelé que le processus de sélection n'était pas encore terminé et que les négociations se poursuivent avec les trois compétiteurs, avant de confirmer ultérieurement que la décision appartenait en dernier ressort au président Luiz Inacio Lula.

Pour le Charles-de-Gaulle aussi, l'accident tombe fort mal, et 2009 restera comme une année noire. Avant ce drame frappant ses avions, l'unique porte-avions français avait été immobilisé pendant un an et demi pour une opération d'entretien programmée, marquée par le premier renouvellement du combustible nucléaire de ses réacteurs. Cette opération s'était achevée dans les temps, en novembre 2008. L'activité du fleuron de la Marine nationale avait toutefois été de nouveau suspendue en mars dernier à la découverte d'une usure "anormale" de pièces sur les arbres de transmission de son système de propulsion. Les pièces défectueuses ont depuis été changées et le porte-avions, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland, a repris la mer le 21 septembre pour procéder à la "requalification" des pilotes de ses avions de combat Super Etendard et Rafale et à la qualification de jeunes pilotes.

D'après agences

le 25 septembre 2009 à 07:29
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41 Commentaires

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  • Ludivine, le 26/09/2009 à 13h06

    Je me sens proche de cette famille et je partage leur douleur J'ai perdu mon fils qui s'est crashé en mer aux commandes d'1 avion au cours d'1 vol d'essai ; pour répondre à la question de DD le nombre d'avions est plus difficile à détecter par les radars , enfin ,je crois. Je suis mère de pilote et femme de pilote et j'ai vécu sur bases !!! ,le 10 octobre en la cathédrale des Invalides journée du souvenir dédié à tous les pilotes partis ,loin de nous , je penserai à sa famille et partagerais sa peine

  • RV, le 26/09/2009 à 12h10

    Mes pensées aux familles, particulièrement celle du pilote toujours porté disparu. L'aspect humain est toujours plus important que l'aspect matériel. A DD: le vol en formation a des raisons tactiques et pratiques qui ont toutes un tronc commun mais qui peuvent varier d'un pays à l'autre selon la doctrine militaire en vigueur. Pour n'en citer qu'une parmi de nombreuse, il est par exemple plus difficile pour un radar ennemi de détecter le nombre exact d'appareils volant dans une formation serrée. Autrement dit pour un radar un chasseur peut en cacher un autre ce qui évidemment procure un avantage (ou désavantage selon le côté duquel on se trouve) tactique. La formation sert aussi de base de départ pour les manoeuvres offensives et/ou défensives que les pilotes peuvent être amené à accomplir au cours d'une mission. Pour que ces manoeuvres puissent être pratiquées avec succès il leur faut une référence de base, un point de départ et c'est le vol en formation. Moi ce que je ne m'explique pas c'est la relation que les médias semblent vouloir faire entre cet accident et un éventuel succès (ou manque de succès) commercial à l'étranger du Rafale. Que je sache, le F16 américain qui est l'un des appareils les plus vendus à l'export au monde est aussi l'un des appareils possédant la plus impressionnante liste d'accidents en tout genres (collisions en vol incluses), le dernier datant juste du 13 septembre dernier avec le crash d'un F16 israélien et la mort de son pilote. Rien que pour l'année 2009, toutes armées utilisatrices confondues, c'est le cinquième F16 détruit lors d'accidents ayant entraîné la perte de trois pilotes (et il ya eu des années bien pires comme 2006 - pour ceux qui lisent l'anglais il y a des sites sur internet présentant tous les accidents impliquant des F16 comme F-16.net). Cela empêche-t-il le F16 d'être un succès commercial à l'export? Non. Le Rafale sera-t-il pénalisé pour un total de deux accidents? Non. Par contre pour son prix...

  • Le gaulois, le 26/09/2009 à 11h33

    Pour Poe Paris je vous dirais pour conclure que j'ai fait la guerre non pas dans un simulateur mais sur le terrain et en conséquence je sais de quoi je parle.Quant aux states malgré toute leur technologie , leurs marines et leurs divisions archi blindées,le jour où ils gagneront une guerre faites le moi savoir!

  • Coco2941, le 26/09/2009 à 11h28

    Ancienne militaire j'ai été affectée au sein de la base aéronavale où sont postés ces Rafales Marine et je me dis que j'ai certainement déjà eu l'occasion de rencontrer ces pilotes. toutes mes pensées vont donc à la famille du pilote disparu a qui je souhaite beaucoup de courage ! mais aussi à la famille du pilote repeché sain et sauf pour lequel votre soutien va être très important ! cela représente bien plus qu'un métier pour ces hommes et femmes, c'est pour eux une passion !

  • James, le 26/09/2009 à 05h59

    J'aime bien la theory de Moimarc. (ca rappel une scene du film a l'aube du 6eme jour) il s'agissait peut etre d'un vol d'essai de nouvelles technologie militaire pour des avions sans pilotes... qui sait...

  • Jean, le 25/09/2009 à 21h50

    C'est pas le moment de dire que les radars anti colision n'ont pas fonctionnés. On est en train de vendre 36 Rafales au Brésil, soit plus qu'en dispose la France. C'est un superbe avion, mais super cher. Maintenant, les pilotes sont super chevronnés, mais il n'y a aucun interet à voler cote à cote, d'où l'accident. En même si le radar anti colision fonctionnait, il ne sera pas possible de faire un changement de cap en quelques dixième de secondes.

  • DD, le 25/09/2009 à 21h33

    En premier toutes mes pensées a la famille du pilote disparu, respect pour ces personnes qui sont la pour protéger nos démocraties et notre liberté. En deuxiéme je me pose la question, pourquoi volent-ils si prés les uns des autres, si un pilote pouvez me répondre

  • Poe, le 25/09/2009 à 20h23

    A le gaulois de mon temps le service national était obligatoire et seul les planqués et les objecteurs de conscience pouvaient y échapper. Mais vous n'apportez aucune eau à mon moulin sur le fait de trois armes que je cite et qui font pour l'instant un grand fiasco. Quand vous parlez d'expérience de notre à la vue du nombre d'avions rafales que disposent la marine et quand on voit que même aux states beaucoup de pilote de combat font du simulateur car les heures de vol sur appareils coutent très je me demande si vous meme vous savez de quoi vous parlez du prix que coutent de former des pilotes de combats comme la possibilité de tester de façon réelle l'armement.

  • Michel, le 25/09/2009 à 19h08

    Qu'est ce qui est le plus important : Bruno de st Jean d'Angely, le prix d'un avion ? Ou celle de la vie d'un homme qui pilotait ce rafale ?

  • Le gaulois, le 25/09/2009 à 18h40

    A Poe Paris le grand stratège: avez vous seulement accompli vos obligations militaires?Si l'on vous suit on va bientôt construire nos futurs blindés avec des boites de conserve recycléees et doter nos soldats de l'armure à la Du Guesclin.Quant aux pilotes ""qui ne connaissent pas parfaitement ce nouvel avion"" je vous cite,ils vont apprécier!!.En attendant un vieux de la vieille salue le disparu.

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