Le Rafale © Sirpa MediaL'"hypothèse la plus probable", pour la marine nationale, c'est une collision en vol. Les recherches se poursuivaient vendredi matin pour tenter de retrouver l'un des pilotes des deux Rafale de la Marine nationale qui se sont abîmés jeudi en Méditerranée. La frégate Courbet, une vedette de la gendarmerie maritime, trois hélicoptères Dauphin de la Marine nationale et un hélicoptère Ecureuil de la gendarmerie nationale sont sur zone. En outre, le remorqueur Abeille Flandres se dirige actuellement vers la zone de recherche avec à son bord du matériel de recherches sous-marines pour localiser les épaves des avions.
"Il nous faut mener une enquête nécessaire, toute réponse serait précipitée" mais "a priori l'accident n'a rien à voir avec l'avion, il s'agit d'un accident de vol", a confirmé le ministre de la Défense Hervé Morin lors d'une conférence de presse à la préfecture maritime de Toulon. Le scénario privilégié par les enquêteurs est donc celui d'une collision à la suite d'un brusque virage à gauche de l'un des deux appareils. "Après le choc, le capitaine de corvette Beaufils (le pilote rescapé) a expliqué que son avion est parti en vrille, qu'il a pu s'éjecter. Lors de son éjection, il a constaté que l'avion de son camarade continuait à voler et nous avons perdu quelques minutes plus tard son signal radar", a expliqué Hervé Morin. Le pilote recherché totalise 5000 heures de vol et est âgé de 45 ans, l'autre pilote, qui s'était éjecté et a pu être repêché "sain et sauf" ayant effectué 3000 heures de vol à 40 ans.
Le Rafale, fierté française, mais jamais exporté
Cet accident est le premier à frapper la version marine du Rafale, la Marine nationale comptant actuellement 17 appareils de ce type. Un exemplaire de l'armée de l'air s'était déjà écrasé le 6 décembre 2007, en Corrèze. Il avait été attribué par l'armée à une "désorientation spatiale" du pilote qui avait été tué dans l'accident. Mais cette fois, l'accident survient à un très mauvais moment pour Dassault, qui s'est refusé jeudi soir à tout commentaire : la France vient en effet d'entrer en négociations avec le Brésil pour la vente de 36 Rafale. L'annonce en avait été faite par les présidents français et brésilien le 7 septembre à l'occasion d'une visite de Nicolas Sarkozy à Brasilia. Le Rafale a été commandé à ce jour à 120 exemplaires, dont 82 auront été livrés à fin 2009, et ce uniquement en France.
Le choix du Rafale par le Brésil permettrait à Dassault Aviation de connaître son premier succès à l'exportation. Les militaires brésiliens ont d'abord rappelé que le processus de sélection n'était pas encore terminé et que les négociations se poursuivent avec les trois compétiteurs, avant de confirmer ultérieurement que la décision appartenait en dernier ressort au président Luiz Inacio Lula.
Pour le Charles-de-Gaulle aussi, l'accident tombe fort mal, et 2009 restera comme une année noire. Avant ce drame frappant ses avions, l'unique porte-avions français avait été immobilisé pendant un an et demi pour une opération d'entretien programmée, marquée par le premier renouvellement du combustible nucléaire de ses réacteurs. Cette opération s'était achevée dans les temps, en novembre 2008. L'activité du fleuron de la Marine nationale avait toutefois été de nouveau suspendue en mars dernier à la découverte d'une usure "anormale" de pièces sur les arbres de transmission de son système de propulsion. Les pièces défectueuses ont depuis été changées et le porte-avions, commandé par le capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland, a repris la mer le 21 septembre pour procéder à la "requalification" des pilotes de ses avions de combat Super Etendard et Rafale et à la qualification de jeunes pilotes.
D'après agences
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