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| Ses voisins : "il était bizarre" |
Le corbeau démasqué. Après l'envoi de lettres de menaces à des politiques, un homme est passé aux aveux. C'est ce qu'affirme lundi une source proche de l'enquête. Agé de 51 ans, Thierry J., a été interpellé dimanche, chez lui, à Hérépian dans l'Hérault en raison d'une concordance entre son ADN et celui extrait des quatre premiers courriers de menaces envoyés par la mystérieuse "cellule 34". Son épouse a été placée en garde à vue "pour vérifications". Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait agi seul. D'après une source judiciaire, il a précisé avoir écrit "seul" toutes les lettres.
Cet homme, handicapé, sans profession et membre d'un club de tir local avait été entendu la semaine dernière comme témoin, une audition au cours de laquelle son ADN avait été prélevé, a précisé à l'AFP une source judiciaire. Le maire de la petite commune, Pierre Bernard a raconté à l'AFP que le suspect vivait "depuis quinze ans dans un logement social avec son épouse". "C'est un homme fragile qui ne travaille pas et récrimine souvent. C'est vrai que le premier courrier était parti à Lamalou mais nous sommes quand même très surpris", a ajouté l'élu. Selon des voisins, Thierry J. est "quelqu'un de très discret", et dont la santé nécessitait d'être "dialysé". Il loue, avec son épouse et sa fille, une maison dans un lotissement résidentiel de ce village.
Une priorité de l'Elysée
La "cellule 34" a adressé depuis fin 2008 plus d'une trentaine de lettres de menaces, postées dans le Midi, à des ministres ou personnalités de droite, dont Nicolas Sarkozy. Cette affaire était devenue une priorité de l'Elysée. Le chef de l'Etat avait reçu début septembre les plus hauts responsables des forces de l'ordre et les avait sommés de faire avancer cette enquête. Depuis, les enquêteurs avaient une "obligation de résultat", ont commenté à l'AFP des sources policières, notamment après une série d'interpellations infructueuses comme celles de début septembre qui avaient déclenché des protestations contre les méthodes employées par la police.
Lors de leur perquisition chez Thierry J., les enquêteurs ont trouvé de nombreuses munitions correspondant aux calibres des balles glissées dans les courriers, notamment du 9 mm, du 7.65, des munitions de marque Gecko, une feuille chiffonnée qui serait un brouillon de lettre de menaces, des séries de timbres identiques à ceux utilisés et un ordinateur et une imprimante qui vont être expertisés.
Les missives avaient été postées de plusieurs villes de l'Hérault: quelques envois sporadiques, inconnus à l'époque, fin 2008, suivis de plusieurs autres à partir de début février 2009 d'un même endroit, à proximité de Béziers. Parfois accompagnées d'une balle de 9 mm, de type 38, les lettres ont été adressées au sénateur-maire UMP de Béziers, Raymond Couderc, à Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Christine Albanel, ainsi qu'au maire UMP de Bordeaux Alain Juppé. Le député UMP du Nord, Christian Vanneste, et le sénateur UMP de Lozère, Jacques Blanc, en ont également reçu. Un courrier similaire a été envoyé aux dirigeants de France Télévisions et TF1 ainsi qu'à l'AFP en mars.
(D'après agence)
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