© LCI.fr/DHY a-t-il plus d'animosité en ce moment autour de l'aéroport de Roissy entre les forces de l'ordre et les taxis qu'elles contrôlent ? Dans la nuit de lundi à mardi, elle a en tout cas failli dégénérer. Et les chauffeurs sont allés jusqu'à entamer une action de blocage autour du terminal 3. "Les policiers nous empêchent de fumer, de jouer aux cartes, de faire la prière, nous sommes 300 taxis présents et nous sommes décidé à bloquer le terminal toute la nuit", lançait alors l'un des protestataires, Tarek Moktad, qui en appelait aux autorités : "Nous voulons que le préfet vienne ici afin de lui exposer la situation".
Le déclencheur de cette bouffée de colère a été le contrôle d'un chauffeur. Selon Tarek Moktad, "les policiers ont procédé au contrôle musclé de l'horodateur d'un véhicule, un chauffeur a été blessé par un tir de flahsball, il a été interpellé ce qui a provoqué la colère de la profession". D'où la brusque montée de tension à partir d'une heure du matin entre les chauffeurs et les forces de l'ordre. Mais elle survient alors que selon certains chauffeurs, depuis plusieurs mois déjà, les relations sont mauvaises entre les membres de la brigade de police spécialisée dans le contrôle des taxis, surnommés "les boers", et les chauffeurs.
Une rencontre pour "vider tous les abcès"
La situation s'est détendue en cours de nuit avec la venue sur place, non du préfet comme le réclamaient les protestataires, mais du commissaire principal de Bobigny, qui a rencontré les chauffeurs de taxis en colère. A la suite de son intervention, le chauffeur interpellé à été relâché, et les taxis ont mis fin au blocage du terminal vers 4h30. Mais au-delà de la crise de la nuit, une rencontre entre les chauffeurs et des responsables policiers est prévue "dans la journée, pour vider tous les abcès et normaliser nos relations", selon le porte-parole des taxis.
Ecoutez la réaction des chauffeurs de taxis, interrogés par LCI.
Ces incidents ont en tout cas fait tiquer Brice Hortefeux. Qui a fourni une version des événements un peu différente de celle avancée par les chauffeurs. "Très concrètement, c'était un propriétaire de véhicule qui avait un litige avec un conducteur. Cela a dégénéré, il y a eu d'ailleurs des jets de projectiles sur les forces de police qui ont riposté", a-t-il assuré. "Il s'agissait en réalité d'une enquête de la brigade qui est chargée de la surveillance des taxis, qui était chargée d'enquêter sur un véhicule qui était signalé comme volé". Djillali Ouanfouf, secrétaire général du syndicat de défense des chauffeurs de taxis parisiens, n'en a pas moins annoncé qu'une manifestation serait organisée jeudi à 10 heures à l'aéroport de Roissy en assurant : "Selon un décret préfectoral de 1995, la police a interdiction de se mêler des problèmes entre loueurs et chauffeurs".
Brice Hortefeux non plus ne compte pas en rester là : "Dès cette nuit (...), j'ai demandé aux services de police compétents - c'est-à-dire à la fois la direction générale de la police nationale et les services de la préfecture de police de Michel Gaudin - (...) qu'une enquête soit diligentée très rapidement", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur Europe 1. A la question de savoir si, le cas échéant, des sanctions seraient prononcées, il a simplement répondu : "naturellement". D'ores et déjà, l'Inspection générale des services est saisie de l'affaire.
D'après agence
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