Image d'archives © TF1L'affaire remonte à 2005. Mais les conclusions de l'Institut médico-légal (IML) ne tombent que maintenant. Un complément d'expertise dans l'enquête sur la mort d'un sans-papiers malien après sa garde à vue à Courbevoie (Hauts-de-Seine) en 2005 contredit la version policière. Cette version serait, selon le rapport de l'IML, "peu compatible avec les constatations médicales et médico-légales". Trois médecins légistes, entendus par une magistrate de Nanterre, ont de nouveau livré une version différente de celle de la police dans l'enquête sur la mort début 2005 d'un Malien après sa garde à vue à Courbevoie.
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Selon cette version policière, le Malien de 38 ans, s'était volontairement cogné la tête contre la porte de sa cellule, provoquant lui-même sa chute dans le coma. Mais les trois experts de l'IML constatent que "nulle part" dans les différents dossiers n'apparaît "une lésion traumatique crânienne ou crânio-faciale par choc direct contre un plan dur". De plus, "l'exiguïté de la cellule de garde à vue ne permet pas de prendre un élan et une accélération suffisants pour créer ce type d'oedème cérébral". Ainsi, "la déclaration" d'un gardien de la paix "qui aurait assisté à la projection de la victime contre la paroi de la cellule de la garde à vue est peu compatible avec les constatations médicales et médico-légales". Les médecins légistes évoquent plutôt "un ébranlement cérébral par violente(s) secousse(s) de la victime (...)".
Pièces du dossier disparues
Les trois experts avaient déjà remis un premier rapport en octobre 2008 à la juge d'instruction de Nanterre chargée de l'enquête, mais sur la base d'une partie seulement du dossier médical, car des pièces avaient disparu à l'hôpital Louis Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine) où avait été admis le gardé à vue. Après que l'ensemble du dossier a été retrouvé, ils ont à nouveau été saisis par la juge. Abou Bakari Tandia avait été interpellé le 5 décembre 2004 à Courbevoie pour séjour irrégulier. Placé en garde à vue, il était tombé dans le coma le lendemain et hospitalisé, avant de décéder près de deux mois plus tard sans reprendre connaissance. Après une première enquête, le parquet avait classé le dossier sans suite le 10 mars 2005. Mais l'oncle et le frère de la victime, qui dénoncent des zones d'ombre dans le dossier, avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile, entraînant l'ouverture d'une instruction.
(D'après agence)
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