© TF1-LCI/R.BousquetUn engin incendiaire composé de bombes aérosol a été lancé mardi matin contre une école juive de Marseille, provoquant un feu qui n'a pas fait de victimes mais causé des dégâts matériels. Les enquêteurs n'ont procédé à aucune interpellation. Dans un premier temps, il avait été indiqué que plusieurs engins incendiaires avaient été lancés. Un riverain a déclaré avoir aperçu un jeune homme, mais il n'y a encore aucune certitude sur le ou les auteurs de l'acte ni leurs motivations, a précisé le procureur de la République Jacques Dallest lors d'une conférence de presse. "On ne sait pas s'il s'agit d'un acte gratuit, d'une provocation, de représailles. Je serais surpris s'il était revendiqué", a déclaré M. Dallest. "Il n'y a pas eu de blessé mais c'est un événement particulièrement insupportable car il a visé un établissement scolaire", a ajouté le procureur, en l'occurrence le lycée d'enseignement général et professionnel ORT Léon Bramson, qui accueille 400 élèves dans le 10e arrondissement de Marseille.
"Le feu a été impressionnant mais c'était près du mur d'enceinte de la cantine, dans un coin de la propriété assez loin des classes et les élèves ne s'en sont pas rendus compte", a déclaré à le directeur du collège, Maurice Cohen-Zagouri. "Il n'y a pas eu de cessation des cours et la cantine a fonctionné normalement". Selon les premiers éléments de l'enquête, l'engin incendiaire était de fabrication artisanale et composé de trois bombes aérosol auxquelles le feu avait été mis. L'incendie survenu vers 9h40 a brûlé une haie de cyprès située entre la cantine de l'école et la rue, sur une vingtaine de mètres. La chaleur dégagée a fortement endommagé quatre véhicules garés dans la rue, brisé quelques vitres et fait fondre une gouttière.
"Un geste inadmissible"
Le maire Jean-Claude Gaudin a condamné cet acte "avec force", relevant que "ce geste inadmissible aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour nos concitoyens, tant sur les élèves de l'établissement nombreux en ces jours de rentrée scolaire, que sur les habitants du quartier". M. Dallest a qualifié l'acte de "rare", malgré des précédents dans le passé. L'adjointe au maire de Marseille pour la sécurité, Caroline Pozmentier, présente à la conférence de presse, a rappelé qu'une synagogue avait été incendiée à Marseille en 2002 et une école juive en 2005.
Selon le président du Crif-Marseille Provence (Conseil représentatif des institutions juives de France), Isidore Aragones, aucun événement de ce type ne s'était produit depuis.Le préfet de police des Bouches-du-Rhône Philippe Klayman a décidé de renforcer les patrouilles autour des établissements scolaires et religieux à l'approche de la période des fêtes juives en septembre et octobre. Les investigations ont été confiées au groupe des violences urbaines (GVU) de la Sûreté départementale. Les experts de l'identité judiciaire ont procédé à des prélèvements qui vont être analysés au laboratoire de police scientifique.
L'incendie volontaire est passible de 10 ans d'emprisonnement.
(D'après agence)
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