Capture écran du site d'Interpol présentant l'avis de recherche du Rwandais Eugène Rwamucyo © DREugène Rwamucyo aurait sans doute pu travailler encore des années à l'hôpital de Maubeuge sans souci particulier. Selon le syndicat Sud-Santé, ce médecin du travail rwandais a déjà travaillé dans trois hôpitaux publics de la région éveiller les soupçons. Pour lui, les ennuis ont commencé ce jour d'octobre où sa route a croisé celle d'une infirmière. Alors qu'elle venait pour consulter le praticien, la soignante aurait été choquée par "des remarques déplacées sur son embonpoint".
Le soir même, l'infirmière, revancharde, demandait à son mari de taper le nom du médecin sur Google. Et elle découvrait alors que le nom d'Eugène Rwamucyo correspondait à celui d'un homme recherché par Interpol pour son implication présumée dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Selon le site internet de l'organisation policière internationale, l'homme est notamment suspecté d'implication dans des crimes de guerre. L'infirmière, syndiquée à SUD-Santé, décidait alors d'alerter son syndicat.
Prudence du côté de la justice
Depuis, le médecin a été suspendu "officiellement dans l'attente d'une enquête", selon Sud-Santé, qui a lui-même informé la police de Maubeuge, saisi le procureur général de Douai et le procureur de Lille et informé le directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation des soupçons à l'encontre du médecin.
Dans sa lettre au procureur général, Sud-Santé demande "si l'avis de recherche d'Interpol est toujours en cours", (...) "si ce médecin dispose des diplômes requis pour exercer la profession de médecin d'un établissement public en France" et comment cette personne, "au cas où elle n'aurait pas les diplômes requis, a pu être recrutée dans les établissements publics de la région". De source judiciaire, on précise toutefois que "ce médecin fait l'objet de demandes de renseignements d'Interpol et pas d'une demande d'arrestation".
Le maire de Maubeuge (Nord) Rémi Pauvros (PS) a d'ores et déjà réclamé samedi "une clarification" de l'Etat. "J'attends vraiment une clarification rapide des services de l'Etat, car je
m'interroge beaucoup sur le fait que telle personne recherchée par Interpol, classée rouge par Interpol, puisse bénéficier d'une carte de séjour", a-t-il précisé.
D'après agence
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