La directrice d'une maison de retraite de Bayonne a été mise en examen mercredi après la découverte de nombreux cas de maltraitance sur des personnes âgées. © TF1/LCI
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| "La France se fout de ses vieux" |
Tout est allé très vite, une fois l'horreur mise à jour. Au lendemain de la découverte mardi par la police de graves cas de maltraitance dans la maison de retraite Les Colombes, à Bayonne, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris un arrêté en fin de matinée de fermeture immédiate de l'établissement. La quinzaine de résidents, âgés de 80 à 96 ans, a été relogée mercredi dans des structures médicalisées agréés à l'aide sociale. Une cellule psychologique a été mise en place pour aider les familles. La gérante de l'établissement, âgée de 70 ans, a pour sa part été mise en examen pour "faits de violence n'ayant pas entrainé d'incapacité de travail (...) commis sur personnes vulnérables".
Selon nos informations, c'est une infirmière en déplacement qui aurait déclenché l'alerte en septembre. Sur place, les policiers, accompagnés d'un magistrat et de médecins, ont constaté la présence "de personnes laissées sans surveillance et un défaut d'hygiène évident", a confié une source policière. Plus grave, les enquêteurs ont retrouvé certaines personnes âgées "attachées dans leur lit au milieu d'excréments" et, pour d'autres, victimes de "violences physiques" ou "affaiblies". Dans l'après-midi, la procureur de Bayonne, Anna Kayanakis, a confirmé que les enquêteurs avaient observé que "deux résidentes étaient attachées à leur lit par des liens non encadrés par des prescriptions médicales".
Des aliments et certains médicaments "ayant dépassé la date limite" ont été trouvés sur les lieux, mais pour ce qui concerne l'alimentation le dépassement était de l'ordre d'un jour seulement, a précisé la magistrate, ajoutant que l'enquête devait encore clarifier la situation des médicaments de ce point de vue. Des cas de "bousculades et de manques de soins" ont été rapportés, "mais sans violences directes". "Indignée", Nora Berra, la secrétaire d'Etat chargée des aînés, a ajouté que l'enquête avait montré que des coups étaient portés à des pensionnaires, certains étant attachés en permanence. En outre, précise-t-elle dans un communiqué, les pensionnaires souffraient de sous-alimentation, "les repas étant commandés pour 8 au lieu de 16".
Nora Berra "appelle à la plus grande vigilance de tous les acteurs indispensable pour éviter que de telles horreurs ne se reproduisent". "Au-delà, une politique de lutte contre la maltraitance ne peut être crédible que si les pouvoirs publics se préoccupent réellement des conditions de vie au quotidien des personnes âgées les plus fragilisées", a ajouté pour sa part l'AD-PA (directeurs des maisons de retraite). "Cela suppose de mettre à leur disposition le nombre de professionnels suffisant en établissement comme à domicile où ont lieu 80% des maltraitances", a-t-elle ajouté.
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