Image d'archives © TF1Un des deux frères interpellés jeudi pour des suspicions de liens avec l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique a été remis en liberté samedi en fin de journée. Après plus de 48 heures de garde à vue et sans aucune charge retenue contre lui. En revanche, la garde à vue de son frère, un ingénieur au Centre européen de recherche nucléaire à Genève (Cern) âgé de 32 ans, a été prolongée. Il pourrait être déféré avant lundi au parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste.
L'aîné des deux frères H. avait manifesté son envie de commettre au moins un attentat : il en était au stade "de souhait, d'envie", mais ne semble "pas avoir commis d'actes matériels de préparation", selon des sources proches du dossier. Il aurait également été en relation par internet avec des membres de l'Aqmi, qui a succédé en 2007 au GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Ce groupe, qui a prêté allégeance à la mouvance Al-Qaïda, est particulièrement actif dans les pays du Maghreb, en Mauritanie et au Mali. Le juge antiterroriste Christophe Teissier a confié à la Direction centrale du renseignement intérieur une commission rogatoire "pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".
Deux ordinateurs et trois disques durs
Les deux frères, de nationalité française, avaient été transférés tôt vendredi dans les locaux de la DCRI à Levallois pour la poursuite de leur garde à vue après leur interpellation à leur domicile jeudi à Vienne. C'est dans le cadre d'une autre enquête, qui visait une filière présumée de jihadistes vers l'Afghanistan, que des échanges par internet entre le frère aîné et un membre de l'Aqmi avaient été repérés. Les enquêteurs avaient en effet déjà "ciblé" l'aîné des frères H. et seraient en possession de plusieurs de ses textes, grâce à la "veille internet". La captation des données informatiques permet d'intercepter à distance, discrètement et en temps réel, les données échangées par des internautes, "presque comme si on lisait par dessus leur épaule", soulignait déjà début 2009 Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur, en souhaitant que cette possibilité soit étendue à différents domaines criminels. En outre, les enquêteurs attendaient beaucoup de l'expertise technique et scientifique des deux ordinateurs portables, des trois disques durs et des nombreuses clés USB saisis lors des perquisitions effectuées jeudi matin chez les deux hommes.
De son côté, le Cern a publié vendredi un communiqué pour préciser que l'aîné des frères H. n'avait "jamais été en contact avec quelque élément qui pourrait être utilisé à des fins terroristes". Il s'agit "d'un physicien qui travaillait sur des projets d'analyse de données de physique au Cern depuis 2003 (...), dans le cadre d'un contrat avec un institut extérieur" et "aucune (de ses) recherches n'a d'application militaire potentielle".
D'après agence
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