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Le lâcher de billets dégénère : à qui la facture ?

Par Diane Heurtaut, le 16 novembre 2009 à 20h53, mis à jour le 16 novembre 2009 à 21:37

Préfecture et organisateur se renvoient toujours la balle après les échauffourrées de samedi près du Champs de Mars suite à l'annulation du lâcher d'argent. Le ministre de l'Intérieur, lui, a tranché.

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emeutesUne voiture renversée aux abords du Champ de Mars (le 14 novembre 2009) © LCI

Des vitres brisées, des oranges jonchant le sol qu'il a fallu nettoyer, une voiture vandalisée, des forces de l'ordre mobilisées en masse... Outre les jeunes et les journalistes agressés, voilà les dégâts de samedi dernier près de l'Ecole militaire à Paris, après l'annulation du coup de com' en forme de lâcher de billets de la société Rentabiliweb, pour lequel 7.000 personnes avaient afflué. Si cette dernière continue de nier toute responsabilité, le ministre de l'Intérieur, lui, la rend responsable des troubles (voir les images des violences).

Plus d'infos

 
"J'ai décidé de présenter la facture à cette société", a déclaré lundi soir sur Europe1 Brice Hortefeux. "C'est l'Etat qui dans un premier temps prend à sa charge l'indemnisation des dommages et le coût des forces de l'ordre mobilisées, mais il n'est pas question que ce soit le contribuable qui paie", a ajouté le ministre. Aussi, va-t-il se "retourner contre la société qui devra payer la facture et je n'hésiterai pas à utiliser toutes les voies de droit y compris s'il faut la traduire devant le juge civil", a poursuivi Brice Hortefeux. Interrogé pour savoir s'il envisageait d'éventuelles sanctions internes à l'encontre de la Préfecture de police, le ministre a assuré que "non, pas du tout".
 
Transformer cette infraction en "délit"
 
Par ailleurs, "pour éviter que de tels errements ne se reproduisent, je pense que les sanctions pénales doivent être plus dissuasives", a-t-il estimé. "Aujourd'hui, distribuer de l'argent sur la voie publique pour faire de la publicité est seulement puni d'une contravention de 150 euros, je veux que demain cela soit un délit puni jusqu'à trois mois de prison", a-t-il indiqué. C'est en ce sens qu'il présentera, a-t-il promis "un amendement à la LOPPSI (Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la Sécurité intérieure, ndlr) qui sera examinée à l'Assemblée nationale en début d'année" 2010.
 
Neuf personnes ont été placées en garde à vue samedi pour "jets de projectiles et dégradations" et quatre comparaîtront en janvier 2010 devant le tribunal correctionnel de Paris. Trois autres personnes avaient été relâchées et une autre comparaîtra devant le juge pour enfant. Une neuvième devrait être convoquée pour répondre d'outrage, à une date encore indéterminée.
 
Polémique sur les responsabilités
 
Auparavant, l'avocat de la société avait rejeté la responsabilité des débordements sur un "manque d'anticipation" de la préfecture de police. "Soit la préfecture de police estimait qu'il y avait un risque, auquel cas elle prononçait une interdiction (...); soit l'opération ne présentait aucun risque de trouble à l'ordre public pour la préfecture (...), auquel cas l'opération aurait dû avoir lieu", a déclaré lundi Me Jean-Marc Fedida lors d'une conférence de presse. Selon lui, la préfecture n'a eu "aucune réaction" jusqu'au matin de l'opération finalement annulée, le 14 novembre, alors que la société avait fait sa déclaration le 10 novembre. Son client n'a "fait que respecter la réglementation" et a "procédé aux déclarations" nécessaires.
 
De son côté la préfecture de police a rappelé "le principe constitutionnel de liberté de se rassembler et de manifester qui rendait impossible l'interdiction d'une opération de ce type pour lequel il n'existait aucun précédent". Elle a également insisté sur "le principe de responsabilité de l'organisateur, dûment informé des risques et de l'illégalité de son projet de distribution d'argent qui, dans le cas d'espèces, fait jouer aux pouvoirs publics le rôle de service d'ordre d'une opération de marketing en se défaussant de ses obligations". Samedi, seule une cinquantaine d'agents de sécurité privé étaient présents sur le Champs de Mars.

Par Diane Heurtaut le 16 novembre 2009 à 20:53
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