Equipe de secours dans le gouffre des Biefs Boussets à Deservillers © TF1/LCITout c'était bien fini le week-end dernier. Un vrai happy end pour ce spéléologue d'une quarantaine d'années pourtant réputé chevronné. Après s'être retrouvé coincé à 200 mètres sous terre, dans une grotte de la Drôme, par une montée d'eau due à de fortes pluies, il avait pu être secouru. Il faut dire qu'il y avait eu mobilisation générale : 17 sapeurs-pompiers et 55 sauveteurs, dont 4 plongeurs. Une opération réussie certes, mais un peu exagérée et même chère au goût des pompiers, pour qui tout aurait pu être évité sans ces têtes-brûlés.
Les pompiers réclament 40.000 euros pour un sauvetage
Les pompiers qui avaient participé au sauvetage de deux spéléologues portent plainte : ils estiment que les deux hommes ont été négligeants.
Publié le 01/11/2009
Alors qu'un autre spéléologue était bloqué dimanche soir dans l'Ardèche (lire plus bas), le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de la Drôme a même déposé plainte vendredi contre ledit spéléologue et son camarade, leur reprochant d'avoir "mis en danger" les sauveteurs par leur imprudence. "Ces deux hommes ont pratiqué leur sport avec une témérité telle que ça a mis en œuvre des secours énormes et mis en péril la vie d'autres personnes", a expliqué le Sdis. Dans sa plainte, révélée dimanche par le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, le Sdis lui reproche d'avoir "mis en danger la vie d'autrui", au motif que les bulletins météo prévoyaient de fortes pluies, et se réserve la possibilité de se porter partie civile "pour récupérer les 30.000 à 40.000 euros" qu'aurait coûtés l'opération.
"Non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours"
Le deuxième spéléologue, descendu dans la grotte le 19 octobre, comme son camarade, mais remonté seul en catastrophe deux jours plus tard, est quant à lui visé pour "non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours". Il lui est reproché de n'avoir prévenu les sauveteurs spéléologues que le lendemain. Ces derniers ayant eux-mêmes attendu 24 heures pour prévenir les pompiers, les secours "sont partis alors que l'eau avait déjà beaucoup monté", a souligné le Sdis.
Le patron du Sdis se défend de vouloir remettre en cause le principe de la gratuité des secours, même si le sauvetage a coûté 50 fois plus cher que les "600 à 700 euros" d'une opération classique de secours à personne, mais appelle de ses voeux une "réflexion" sur les risques liés à certaines pratiques. "Lorsqu'un skieur prend un forfait de remontées mécaniques, une somme est automatiquement prélevée pour les interventions sur les pistes. Dans certains sports un peu particuliers, il y a peut-être un travail à effectuer pour inclure un système d'assurance dans la licence", a-t-il estimé. Le colonel Olivier Bolzinger, directeur du Sdis, réclame pour sa part "une mise en vigilance de ceux qui pratiquent les sports de plein air", déplorant que les pompiers de la Drôme soient "régulièrement confrontés à l'imprudence" de certains pratiquants.
Un autre spéléologue en difficulté, 50 secouristes mobilisés
C'est donc au beau milieu de ce coup de gueule des pompiers qu'un autre spéléologue expérimenté s'est retrouvé dimanche bloqué dans un boyau immergé au sud de l'Ardèche. Une quarantaine de pompiers aidés de huit plongeurs du Secours Spéléo de France étaient mobilisés dans la soirée pour tenter de le retrouver, selon les pompiers.
Le spéléologue, âgé d'une quarantaine d'années, était parti seul, samedi, explorer sur quelque 1.200 mètres de longueur le boyau immergé de la Fontaine de Boisin, sur la commune de Vans, une expédition dont il avait l'habitude. Ne le voyant pas revenir vers minuit alors que sa voiture était restée sur le parking, des amis ont alerté les secours dimanche à 13h40. "C'est un spéléologue très aguerri, qui connaît bien ce boyau et il se peut qu'il ait eu un problème technique", a déclaré le Codis, ajoutant : "il y a des poches d'air dans ce boyau relativement plat et il se peut qu'il attende les secours".
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