Le sauvetage qui pourrait leur coûter cher

Par , le 01 novembre 2009 à 15h51 , mis à jour le 01 novembre 2009 à 21h49

Alors qu'un spéléologue était bloqué dimanche dans un boyau immergé dans l'Ardèche, les pompiers de la Drôme ont porté plainte contre celui qui a dû être secouru le week-end dernier.

Equipe de secours dans le gouffre des Biefs Boussets à DeservillersEquipe de secours dans le gouffre des Biefs Boussets à Deservillers © TF1/LCI

Tout c'était bien fini le week-end dernier. Un vrai happy end pour ce spéléologue d'une quarantaine d'années pourtant réputé chevronné. Après s'être retrouvé coincé à 200 mètres sous terre, dans une grotte de la Drôme, par une montée d'eau due à de fortes pluies, il avait pu être secouru. Il faut dire qu'il y avait eu mobilisation générale : 17 sapeurs-pompiers et 55 sauveteurs, dont 4 plongeurs. Une opération réussie certes, mais un peu exagérée et même chère au goût des pompiers, pour qui tout aurait pu être évité sans ces têtes-brûlés.

Plus d'infos

 
Alors qu'un autre spéléologue était bloqué dimanche soir dans l'Ardèche (lire plus bas), le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de la Drôme a même déposé plainte vendredi contre ledit spéléologue et son camarade, leur reprochant d'avoir "mis en danger" les sauveteurs par leur imprudence. "Ces deux hommes ont pratiqué leur sport avec une témérité telle que ça a mis en œuvre des secours énormes et mis en péril la vie d'autres personnes", a expliqué le Sdis. Dans sa plainte, révélée dimanche par le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, le Sdis lui reproche d'avoir "mis en danger la vie d'autrui", au motif que les bulletins météo prévoyaient de fortes pluies, et se réserve la possibilité de se porter partie civile "pour récupérer les 30.000 à 40.000 euros" qu'aurait coûtés l'opération. 
 
"Non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours"
 
Le deuxième spéléologue, descendu dans la grotte le 19 octobre, comme son camarade, mais remonté seul en catastrophe deux jours plus tard, est quant à lui visé pour "non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours". Il lui est reproché de n'avoir prévenu les sauveteurs spéléologues que le lendemain. Ces derniers ayant eux-mêmes attendu 24 heures pour prévenir les pompiers, les secours "sont partis alors que l'eau avait déjà beaucoup monté", a souligné le Sdis.
 
Le patron du Sdis se défend de vouloir remettre en cause le principe de la gratuité des secours, même si le sauvetage a coûté 50 fois plus cher que les "600 à 700 euros" d'une opération classique de secours à personne, mais appelle de ses voeux une "réflexion" sur les risques liés à certaines pratiques. "Lorsqu'un skieur prend un forfait de remontées mécaniques, une somme est automatiquement prélevée pour les interventions sur les pistes. Dans certains sports un peu particuliers, il y a peut-être un travail à effectuer pour inclure un système d'assurance dans la licence", a-t-il estimé. Le colonel Olivier Bolzinger, directeur du Sdis, réclame pour sa part "une mise en vigilance de ceux qui pratiquent les sports de plein air", déplorant que les pompiers de la Drôme soient "régulièrement confrontés à l'imprudence" de certains pratiquants.

Un autre spéléologue en difficulté, 50 secouristes mobilisés

C'est donc au beau milieu de ce coup de gueule des pompiers qu'un autre spéléologue expérimenté s'est retrouvé dimanche bloqué dans un boyau immergé au sud de l'Ardèche. Une quarantaine de pompiers aidés de huit plongeurs du Secours Spéléo de France étaient mobilisés dans la soirée pour tenter de le retrouver, selon les pompiers.

Le spéléologue, âgé d'une quarantaine d'années, était parti seul, samedi, explorer sur quelque 1.200 mètres de longueur le boyau immergé de la Fontaine de Boisin, sur la commune de Vans, une expédition dont il avait l'habitude. Ne le voyant pas revenir vers minuit alors que sa voiture était restée sur le parking, des amis ont alerté les secours dimanche à 13h40. "C'est un spéléologue très aguerri, qui connaît bien ce boyau et il se peut qu'il ait eu un problème technique", a déclaré le Codis, ajoutant : "il y a des poches d'air dans ce boyau relativement plat et il se peut qu'il attende les secours".

Par Diane Heurtaut le 01 novembre 2009 à 15:51
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83 Commentaires

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  • Mimichoupette, le 03/11/2009 à 11h38

    Je trouve normal que l'on fasse payer ces imprudents qui s'aventurent n'importe où, n'importe quand. Ce spéléologue, si chevronné qu'il était, ne devait pas s'aventurer dans ce milieu souterrain alors que la région avait subit des pluies en abondance. C'est comme les skieurs qui skient sur les pistes interdites et qui font déplacer l'hélicoptère. Messieurs, avez-vous conscience de ce que coûte tout ce déploiement ? Et bien posez-vous la question et je pense que vous serez un peu plus disciplinés. Si la demande de plainte aboutit à un jugement honnête, cela fera réfléchir plus d'un ; enfin je le souhaite.

  • Ricardo, le 03/11/2009 à 11h27

    Afin d'éviter des coûts de sauvetage à notre Société pour certains sports à risque, il serait opportun d'envisager de faire contracter une Assurance avant. ( Déjà les compétiteurs ou les extrêmes seraient peut-être plus conscients du risque qu'il prenne) Ex la Montagne, la Mer , l'automobile, sur ou sous Terre, l'avion etc...

  • Martin, le 03/11/2009 à 03h01

    Ils ont du avoir le coeur dans la gorge. C'est une expérience bien remuante et dangereuse.

  • Domi, le 02/11/2009 à 22h47

    Je voudrais juste dire a victor que se sont les secouriste du spéléo secours qui interviennent sous terre et eux ne se prennent pas des des super héros en camion rouge et posant sur des calendrier et j'aimerai ajouter que sans tout cet étallage de moyen des cdis les secours couterai parfois un peu moins cher !! et comme ce monsieur et d'autre on l'air de ne oas savoir de quoi il parle je les invites a aller voir le communiqué de presse de la fédération française de spéléologie.a oui ! ça coute combien par an a la société les sorties des pompiers du au arrêt cardio vasculaire siute a une trop importante et trop longue consomation d'alcool et de tabac!!!!!!

  • Stéphane, le 02/11/2009 à 22h43

    Partie 2 Elle ne peut également cautionner : - L'attaque portée publiquement à une victime dans le cadre d'une opération de secours car elle est une atteinte à la déontologie des sauveteurs dont la seule préoccupation devrait être de pouvoir se concentrer sur la sauvegarde de la personne sans que vienne interférer une quelconque notion de responsabilité du secouru. - La remise en cause du déroulement de l'opération de secours, conduite par le Spéléo Secours Français (commission spécialisée de la Fédération Française de Spéléologie) sous la direction de l'autorité requérante qui en a validé les différentes phases et notamment le dimensionnement des équipes. Les 54 sauveteurs du SSF mobilisés étaient non seulement nécessaires à la réalisation des différentes missions de l'opération mais ils étaient également les seuls à posséder les compétences requises pour intervenir dans une telle cavité, aucun des personnels du SDIS 26 n'étant compétent dans ce domaine. Ils ont de plus été mobilisés sur un temps le plus court possible entre le vendredi soir et la nuit du samedi au dimanche. - L'annonce d'un coût prohibitif de l'opération alors que sur les 30 000 à 40 000 euros annoncés la part correspondant à l'intervention des 54 sauveteurs du Spéléo Secours Français sur cette opération s'élève à 11 770 ?, soit un coût de seulement 218 ? par sauveteurs SSF engagés (frais de déplacements, pertes de matériel, matériel consommable utilisé et indemnisation horaire durant le temps d'opération inclus). La Fédération Française de Spéléologie déplore que cette opération de secours, qui a été une entière réussite sur le plan technique et humain, n'ait été le prétexte d'une nouvelle remise en cause de la gratuité des secours pourtant clairement réaffirmée dans la loi de modernisation de la sécurité civile du 30 juillet 2004.

  • Stéphane, le 02/11/2009 à 22h42

    Droit de réponse de la "défense" : partie 1 La Fédération Française de Spéléologie ne peut accepter : - La remise en cause de la compétence et de la connaissance du milieu souterrain de ses membres et cela d'autant plus lorsque ceux-ci apportent leur contribution à la connaissance scientifique d'un milieu qui présente de multiples intérêts pour la collectivité (structure des terrains, préhistoire, circulation des eaux souterraines, connaissance de la faune cavernicole, étude des pollutions et contaminations en provenance de la surface?). Tel était bien l'objectif des explorateurs dans le gouffre des Chuats car cette cavité récemment découverte permettait une collecte d'informations d'ordre scientifique unique et novatrice en terme de connaissance de ce secteur souterrain du Vercors. - La prétendue inconscience des personnes incriminées alors que celles-ci avaient non seulement veillé à respecter toutes les règles de précaution et de prévention nécessaires à une pratique en sécurité mais également à organiser avec minutie l'expédition. Cela faisait plus d'un mois qu'un bivouac avait été mis en place dans cette cavité en vu de cette expédition et plusieurs sorties préalables avaient permis à cette équipe de connaître un niveau d'eau de la cavité exceptionnellement bas en cette période. Un arrêté de restriction des eaux sur cette commune témoigne, depuis juillet 2009, des niveaux des eaux particulièrement bas dans ce secteur. Enfin, la météo prise préalablement à cette expédition pour la semaine indiquait bien des chutes d'eau, mais ne laissant présager aucun risque majeur au regard de l'ensemble des éléments pris en considération pour la réalisation de cette sortie, et sans commune mesure avec celle réellement enregistrées en fin de semaine.

  • Cricri, le 02/11/2009 à 22h09

    Encore heureux qu'il y ait des explorateurs avec de la témérité ! Que la vie serait bien triste s'il n'y avait plus de terrain d'aventure ou l'homme peut mettre à profit ses connaissances ! Vive l'aventure ! Avec ou sans pompiers ! S'il fallait penser à ce qui pouvait nous arriver chaque matin, nous ne prendrions plus notre voiture, nous ne ferions plus d'enfants... Bien heureux celui qui vie par procuration devant sa télévision devant de beaux reportages... En attendant y'en a qui mouillent leur chemise et qui prennent des risques par passion autour d'un sujet unique: l'aventure ! S'il y a des montagnes, c'est pour les gravirs et s'il y a des gouffres c'est pour les descendres...

  • P 28, le 02/11/2009 à 20h57

    Je supose que comme partout ce sont les spéléo qui sont allés chercher leur collègue en emmenant les pompiers ; pour avoir collaboré avec des pompiers '{ du grimpe ou non ) lors "d'exercices secours " ceux-ci sont toujours très interressés par ces sauvetages qui les changent un peu de leurs habitudes ; les secours à perssonne '{u plutôt à tout le monde ) sont pour eux une passion !!!

  • Zemygale, le 02/11/2009 à 19h14

    La bal des pompiers n'a pas assez rapporté, les calendriers ne rapportent plus donc il faut bien trouver une autre solution pour conserver l'arbre de Noël...

  • Stéphane, le 02/11/2009 à 16h19

    Je suis d'accord sur le fait qu'il faut être vigilant sur les conditions météos avant de s'engager sous terre et que les bulletins météos sont là notamment pour ça. Je suis personnellement embêté quand on fait passer les spéléos pour des inconscients. Qu'ils aient fait des erreurs de jugement, OK (encore que : dans ce cas de figure, le spéléo était plusieurs jours avant? fiabilité des prévisions météos sur plusieurs jours ?). Qu'ils soient inconscients, non ! Pour aller aussi loin sous terre, ce sont forcément des spéléos formés et expérimentés, donc conscients des risques. Et tant pis si j'insiste, mais puisqu'on parle de coûts supportés par la collectivité, il faut savoir que la spéléo est aussi une activité qui « rapporte » du service et du savoir : Service : La spéléo est la seule activité, à ma connaissance qui ait formé ses propres équipes de secours et qui intervient même pour secourir des personnes « du grand public » (soit 2 interventions sur 3). Ça s'apparente à du service public. Savoir : Les activités spéléo contribuent au développement des connaissances dans différents domaines : préhistoire, localisation des nappes phréatiques pour savoir où capter, expérience de vie en milieu confiné et isolé (contribution aux voyages spatiaux habités). Et n'oublions pas que l'exploration a été un des plus grands moteurs de l'humanité. Ne devrait-elle pas le rester ?

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