© sxc.huSeize ans après les faits, son ADN l'a finalement sans doute trahi. Un détenu, condamné pour un délit mineur, est désormais soupçonné d'avoir commis un viol à Paris en 1993. Le 27 novembre de cette année là, une jeune psychologue est victime d'un viol sous la menace d'un couteau dans l'Est parisien. A l'époque, on pense à Guy Georges. Mais il sera mis hors de cause, l'ADN prélevé sur la victime ne correspondant pas. Depuis, les enquêteurs étaient dans l'impasse. Et c'est une banale affaire de délit de fuite lors d'un contrôle routier qui va finalement permettre de résoudre l'affaire.
Le 25 mai dernier, des policiers en moto de la Compagnie de sécurité repèrent en effet un individu à la conduite dangereuse en scooter dans le XXe arrondissement de la capitale. Ils tentent de le contrôler mais ce dernier prend la fuite enchaînant trottoirs et sens interdits avant de s'engouffrer dans le parc des Buttes-Chaumont. "Le suspect a alors perdu le contrôle de son engin en renversant une passante, explique une source policière. Dans sa fuite, il a perdu son téléphone portable et jeté son casque, ses gants, sa chemise, son pantalon et sa ceinture". Le scooter s'avère être volé mais les policiers récupèrent les effets personnels de l'individu.
Des prélèvements sont faits et quelques temps plus tard le fichier des empreintes génétiques fait ses révélations : cet ADN est en tout point semblable à celui retrouvé sur les vêtements de la jeune femme violée 16 ans plus tôt. Il correspond aussi à celui retrouvé sur les lieux de vols avec effraction commis en 2006 et 2008 à Paris. Trois affaires résolues d'un coup. Sauf que l'ADN ne porte toujours pas de nom. C'est l'analyse du téléphone portable perdu dans le parc qui permettra de remonter jusqu'à lui.
L'homme, âgé de 36 ans, a été "extrait" de sa cellule de la maison d'arrêt de Fresnes cette semaine pour être à nouveau présenté à un juge. "Cela montre, s'il en est besoin, qu'il n'y a jamais de 'petites' affaires en matière de police, et que des petits faits bien traités permettent parfois de résoudre des gros dossiers", commente satisfait un enquêteur de la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP, ex PUP).
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