Manifs et affrontements à Mayotte : un gendarme blessé

le 02 décembre 2009 à 22h44 , mis à jour le 02 décembre 2009 à 22h46

Un gendarme a été grièvement blessé à Mayotte lors de manifestations mercredi contre la vie chère qui ont tourné aux affrontements avec les forces de l'ordre. La ministre de l'Outre-Mer appelle au calme.

Un gendarme a été grièvement blessé lors de manifestations contre la vie chère qui ont tourné aux affrontements avec les forces de l'ordre à Mayotte, archipel français de l'Océan indien où des renforts devaient être dépêchés. La ministre de l'Outre-mer Marie-Luce Penchard a appelé au calme, au soir d'une journée de troubles sur Petite-Terre, une petite île où se situe l'aéroport de Mayotte, séparée par un bras de mer de 2 km de Grande-terre, principal île mahoraise. Un gendarme de 27 ans, gravement blessé aux reins, a été un temps "entre la vie et la mort", a déclaré le préfet de Mayotte. Mais la direction de la Gendarmerie nationale annonçait dans la soirée que son pronostic vital n'était plus engagé.
 
Selon Marie-Luce Penchard, il y a eu trois blessés graves et 12 plus légèrement atteints. Des renforts devaient arriver de La Réunion, l'autre île française de l'Océan indien. Des accrochages sporadiques avec harcèlement des forces de l'ordre par des petits groupes de jeunes gens se poursuivaient dans la soirée sur Petite-terre où des troncs d'arbre étaient incendiés, selon le préfet. Les barrages ont été dégagés, a-t-il indiqué. L'aéroport a fonctionné normalement même si nombre de voyageurs ont manqué leur vol pour cause de rues barrées.
 
Hausse du prix d'accès aux barges
 
Toute la matinée, des incidents avaient eu lieu sur l'île, selon un journaliste de l'AFP. La police a procédé à plusieurs arrestations. Les troubles ont éclaté à la veille d'une réunion du conseil général qui devait décider jeudi d'une hausse - différée une première fois après des manifestations hostiles - du prix d'accès aux barges assurant, toutes les demi-heures dans chaque sens, la liaison entre les deux parties de Mayotte. Le ticket devait passer de 0,75 centime d'euro à un euro. Dans un souci d'apaisement, la délibération a été retirée de l'ordre du jour. Le conseil général devait demander une aide exceptionnelle de l'Etat pour ce territoire qui accuse plus de 90 millions d'euros de déficit.
 
A l'origine des incidents : une manifestation déclenchée tôt à l'appel du "collectif des citoyens perdus de Labattoir et de Pamandzi" (deux localités de Petite-terre). Ces protestataires, descendus pour la troisième fois dans la rue, ont occupé plusieurs ronds-points. Les manifestants ont aussi dénoncé la gestion du conseil général, et demandé la tête de son président, Ahamed Attoumani Douchina (UMP). Jean-Paul Musquin, membre du "collectif des citoyens perdus", accusait: "la population, avec de petits moyens de subsistance, des salaires minimes, ayant à peine de quoi se nourrir, n'a pas à subir les errements des élus". L'ancien président du conseil général Said Omar Oili décrivait auprès de l'AFP "une vraie atmosphère d'insurrection". Mayotte compte près de 200.000 habitants, avec une très forte immigration clandestine venue des Comores voisines.

le 02 décembre 2009 à 22:44
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3 Commentaires

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  • marjo_31, le 03/12/2009 à 16h00

    Les Mahorais sont fières d'être Français. Le référendum pour la départementalisation le montre bien. C'est l'une des îles des DOM TOM où il y a le moins de racisme. Quant aux aides ils commencent seulement à en avoir depuis la départementalisation, sachant que leurs SMIC est même plus bas que celui en France (75% du SMIC net métropolitain). Alors dire qu'ils profitent, c'est un peu gros. En ce qui concerne cette manifestation elle est tout à fait légitime, étant donner que c'est contre la hausse des prix.

  • christkan, le 03/12/2009 à 13h49

    Vous savez dans les DOM TOM beaucoup de ses gens vivent de nos subventions. Ils aiment crier haut et fort qu'ils veulent l'indépendance plus de sous ce qu'ils oublient c'est que sans l'argent de la métropole ils feraient une drôle de tête. Ce sont des Français pour toucher les aides et le reste du temps ils critiquent la France voulant tirer profit de la situation.

  • sebo92, le 03/12/2009 à 07h15

    J'espere que ceus qui ont fait ça a ce gendarme vont payer devant un tribunale ce qu'ils ont fait. (fils de gendarme) Respecter les forces de l'ordre !

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