Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s'est déplacé mardi à Lyon après la mort dimanche d'Amar, un adolescent de 12 ans lors d'une fusillade en pleine rue. "Les enquêteurs progressent à grande vitesse au niveau de l'identification" des personnes impliquées, a déclaré le ministre à l'Hôtel de police, où il a rencontré la famille de l'adolescent tué dans une fusillade partie d'une altercation entre jeunes de quartiers différents.
Il a précisé que "les enquêteurs avaient en leur possession des images" d'une caméra de surveillance d'un local associatif situé près du lieu de la fusillade. "J'ai demandé à l'ensemble des préfets d'établir une cartographie très précise des lieux de trafics département par département d'ici un mois. Puis nous lancerons des opérations 'coups de pied dans la fourmilière'", a par ailleurs annoncé le ministre.
"Trois à cinq individus encagoulés"
Dans un climat serein, le ministre y a rencontré une quinzaine de responsables associatifs au centre social du quartier, certains d'entre eux accueillant Brice Hortefeux avec une photo du jeune Amar à la main. "Je suis ici pour rappeler que dans notre pays, quand on assassine, on est condamné pour des actes inadmissibles comme celui-là. Il faut qu'il y ait justice", a-t-il assuré à la soeur et au meilleur ami d'Amar. "Je suis ici pour vous remercier de votre dignité et de l'image que vous avez donnée au pays tout entier", a-t-il encore dit, évoquant la marche silencieuse à la mémoire d'Amar, qui a rassemblé sans incident quelque 500 personnes lundi soir. Le sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, a appelé pour sa part à ce "qu'un tel drame ne puisse plus se reproduire".
Selon les premiers éléments de l'enquête, "trois à cinq individus encagoulés" et "armés de deux armes longues", une "carabine" et une "arme 7,62 mm de type fusil mitrailleur", ont ouvert le feu dimanche vers 17h30 devant un tabac-presse du 8e arrondissement après une altercation banale entre jeunes de différents quartiers. Le jeune Amar, qui cherchait son pain à une boulangerie, a été tué par un tir de chevrotine. Inconnu comme lui des services de police, un deuxième adolescent, âgé de 17 ans, a été blessé à une cuisse et a pu quitter l'hôpital dans la soirée.
Quatre jeunes, soupçonnés d'être impliqués dans les rixes précédant les coups de feu, étaient en garde à vue mardi, mais le tireur ne serait pas parmi eux, selon la police. On comptait parmi eux un témoin arrêté lundi et dont la garde à vue a été prolongée jusqu'à mercredi matin, a précisé mardi le parquet de Lyon, et trois garçons âgés de 16, 19 et 20 ans, interpellés lundi soir et mardi matin, a précisé pour sa part la police.








