Un directeur de prison responsable de la mort d'un détenu ?

Par , le 04 décembre 2009 à 15h58 , mis à jour le 04 décembre 2009 à 16h05

L'ex-directeur de la maison d'arrêt de Nancy pourrait être mis en examen pour homicide involontaire après la mort en 2004 d'un prisonnier tué par ses codétenus.

[Expiré] prison liberté barreaux évasion © SXC.HU

L'ancien directeur de la maison d'arrêt de Nancy pourrait être mis en examen pour homicide involontaire après la mort en 2004 d'un prisonnier tué par ses codétenus, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier. La victime avait été placée dans la même cellule qu'un homme jugé psychopathe et dans l'attente d'une comparution pour tortures et actes de barbarie commis sur un codétenu, dans la même prison, quelques années auparavant. La famille de Johnny Agasucci, mort à 26 ans, avait déposé une plainte avec constitution de partie civile et fait appel du non-lieu rendu par un juge d'instruction nancéien. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nancy a ordonné le renvoi du dossier à Epinal et un supplément d'information aux fins de mise en examen de Stéphane Scotto, l'ancien directeur de la prison Charles III, aujourd'hui désaffectée.

"C'est une décision très importante parce qu'on a l'impression qu'elle peut faire entrer des libertés dans la prison", a dit Me Alain Behr, avocat de la mère de la victime. La chambre de l'instruction estime que Stéphane Scotto a commis une faute caractérisée, susceptible d'engager sa responsabilité pénale, en plaçant la victime dans la même cellule qu'un détenu réputé dangereux, sans surveillance particulière. Johnny Agasucci, peintre en bâtiment, était en détention provisoire dans un dossier de trafic de stupéfiants. Il a succombé aux coups et aux étranglements infligés par ses deux codétenus dans la nuit du 24 au 25 août 2004.

L'un de ses tortionnaires, Sébastien Simonnet, 28 ans à l'époque et "caïd" de la cellule, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. L'autre coupable, Sébastien Schwartz, 19 ans seulement au moment des faits et dont le rôle a été jugé mineur, a été condamné à un an de prison. Lors du procès en janvier dernier, Stéphane Scotto, cité comme témoin, avait blâmé la vétusté de l'établissement et la banalisation de la violence dans les prisons françaises.

Par Alexandra Guillet le 04 décembre 2009 à 15:58
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4 Commentaires

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  • fimadou, le 04/12/2009 à 22h05

    N'oubliez pas une chose importante:il était en détention provisoire,donc pas jugé,donc présumé innocent! C'est un grave manquement à son devoir de même que les surveillants de ce secteur de la maison d'arrêts. En prison,il y a des fous furieux qu'on ne doit pas mélanger avec des gens qui sont en détention provisoire. Si c'était un de vos proche(personne n'est à l'abri) vous feriez preuve d'un peu plus d'humanité.

  • 61clementine, le 04/12/2009 à 17h21

    Et pourquoi pas, pendant qu'on y est, mettre un surveillant derrière chaque détenu ... ça créerait de l'emploi ... et les vociférations des contribuables aussi !!!

  • gilou663, le 04/12/2009 à 16h59

    Le juge d'instruction qui a rendu le premier non-lieu n'est-il pas solidaire avec le directeur de prison ?

  • alain-paris, le 04/12/2009 à 16h20

    Trop facile pour des fonctionnaires de plaider l'irresponsabilité et de se décharger sur l'état et par conséquent les contribuables de l'indemnisation de leurs erreurs. Un bon début. faudrait l'étendre à toute la magistrature.

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