L'avenir des "boat people" de Corse se joue aujourd'hui

Par TF1 News (Avec agence), le 24 janvier 2010 à 12h22 , mis à jour le 24 janvier 2010 à 13h48

Placés en centres de rétention à Toulouse, Nîmes, Marseille, Lyon et Rennes, ils sont sous le coup d'arrêtés de reconduite à la frontière. Des arrêtés examinés ce dimanche par les juges de la liberté et de la détention.

Migrants recueillis sur une plage corse et se disant Kurdes de Syrie (23 janvier 2010)Migrants recueillis sur une plage corse et se disant Kurdes de Syrie (23 janvier 2010) © TF1/LCI

Leur sort se décide ce dimanche : les requêtes en annulation des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière pris à l'encontre des 124 migrants recueillis près de Bonifacio sont examinées tout au long de la journée par les divers juges de la liberté et de la détention. Tous se disent Kurdes de Syrie ; après leur découverte sur une plage, ils ont été transférés de Corse vers différents centres de rétention administrative, à Toulouse, Nîmes, Marseille, Lyon et Rennes. Un transfert qui s'est effectué globalement dans le calme, même si les hommes du groupe avaient, dans un premier temps, entamé un début de grève de la faim vendredi pour réclamer qu'on ne les sépare pas. A Toulouse, c'est une femme enceinte qui a été hospitalisée dans une maternité de la ville, avant de regagner le Centre de rétention administrative, son accouchement n'ayant pas eu lieu.

Plus d'infos

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a appelé samedi Paris à "s'assurer que toutes les personnes" concernées puissent demander l'asile et bénéficier d'un "examen complet et équitable" de leur situation. La ligue de défense des droits de l'homme (LDH), la Cimade et RESF (Réseau éducation sans frontières) ont lancé pour leur part un appel pour qu'un rassemblement soit organisé ce dimanche dans la salle d'audience marseillaise du juge de la liberté et de la détention, pour soutenir les familles. Dénonçant "une crispation grandissante de ce gouvernement à l'égard de tout ce qui est étranger", les trois associations ont appelé à "manifester contre, disent-elles, ce qui représente pour nous un déni du droit d'asile".

Le PS monte au créneau

Elles ne sont pas les seules : le PS aussi monte au créneau. Et il estime que le gouvernement, qui ne veut pas que la France soit confrontée au même afflux de migrants que l'Italie, la Grèce ou Malte, n'aurait pas dû prendre à l'égard de ces migrants un arrêté de reconduite à la frontière. "Il semble que ce soient des réfugiés politiques (...) qui demandent l'asile à la France et qui sont traités comme s'ils étaient des immigrés clandestins qu'il faudrait raccompagner à la frontière", a déclaré sur Radio J le porte-parole du PS, Benoît Hamon. "A un moment où le gouvernement prétend être attaché aux valeurs de la France, qu'il se montre accueillant et généreux", a-t-il ajouté  en demandant que le dossier de ces personnes "soit instruit".

Pendant ce temps, l'enquête du parquet d'Ajaccio sur les conditions de l'arrivée en Corse de ces 124 réfugiés se concentre sur un navire ukrainien, à Fos-sur-Mer. Des vérifications déjà effectuées depuis vendredi en Sardaigne sur un cargo russe "n'ont pas apporté d'élément probant" et l'enquête n'a encore "pas beaucoup évolué", a indiqué le procureur, soulignant toutefois la "réactivité très forte" des autorités judiciaires italiennes dans cette enquête de flagrance ouverte pour "traite d'êtres humains et aide au séjour irrégulier en bande organisée".

Les migrants ont tous déclaré aux enquêteurs avoir été transportés en camions de Syrie en Tunisie d'où des passeurs, qui auraient encaissé 2500 à 10.000 euros par personne, les auraient fait embarquer sur un cargo qui les aurait transportés jusqu'en Corse.

Par TF1 News (Avec agence) le 24 janvier 2010 à 12:22
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9 Commentaires

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  • lentpecheur2, le 25/01/2010 à 08h43

    Le premier deni de droit est bien commis par ceux qui s'introduisent clandestinement , et ceux qui les incitent à le faire

  • alainjo007, le 24/01/2010 à 22h33

    Ils n'ont jamais été privé de Liberté que je sache .

  • twist1961, le 24/01/2010 à 18h54

    Comme d'habitude une multitude d'associations font déja pression pour que nous gardions ces étrangers;c'est totalement irresponsable,car cela va créer un appel d'air,et des multitudes d'immigrants illegaux vont échouer sur nos cotes;les passeurs sont a l'affut des points faibles,afin de déposer leur cargaison humaine;l'espace shengen est une passoire,il est temps que l'Europe se réveille!

  • lalys59, le 24/01/2010 à 18h10

    Le PS devrait réfléchir avant de contester comme d'habitude, ces malheureuses personnes il ne s'agit pas seulement de les accueillir, mais de les nourrir, leur fournir un logement décent et du travail, alors que tant d'habitants sont au chômage ou en dessous du seuil de pauvreté, pouvons-nous nous permettre de les faire passer avant ceux et celles qui rament depuis X temps pour avoir une vie décente ? avec la crise qui est toujours présente pour les personnes de bas salaire et même les français (dit) moyens qui voient leurs revenus baisser comme une peau de chagrin, sans compter l'appel d'air qui va encourager les migrants de tous les pays . Comme on dit "être trop bon c'est être trop c...." nous n'en avons plus les moyens, il y a déjà trop de misère dans nos villes et dans nos villages

  • papylu45, le 24/01/2010 à 14h53

    Combien parmi ceux qui se disent émus par le sort de ces personnes seraient prêts à les aider personnellement ?

  • framboise9250, le 24/01/2010 à 14h28

    Cela m'a aussi interpellée.

  • chouchou1940, le 24/01/2010 à 13h57

    Malheureusement c'est un cercle vicieux, si on laisse entrer ces malheureux , d'autres suivront. Quelle est la solution ? Y en a t-il seulement une ? La France doit se montrer généreuse et accueillante dit le PS, je me demande ce qu'il ferait s'il était au pouvoir ?

  • bernique77, le 24/01/2010 à 13h13

    Les passeurs expérimentent de nouvelles routes maritimes et de nouvelles destinations d'arrivée aprés le durcissement des autorités italiennes provoqué par les flots continus de migrants arrivant sur l'ile de Lampedusa notamment. L'opinion publique italienne et les politiques étant trés défavorables il se pourrait bien que la France soit le nouvel Eldorado de ces malheureux. Avec des femmes enceintes, des enfants et les associations derrière il est probable qu'il restent de façon définitive. La Corse va rester sous surveillance pendant quelques temps...

  • juigne11, le 24/01/2010 à 13h11

    Comment font ils pour payer des sommes exorbitantes pour passer les frontiéres.

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