lettre MesrineDes petits cœurs ou des fleurs soigneusement coloriés dans le coin d'une feuille, une belle écriture soignée... Quand Jacques Mesrine écrit de sa cellule des mots doux à sa dulcinée, il sort le grand jeu. Les quelques 300 missives signées Bruno, son surnom, envoyées à Jocelyne Deraiche, qu'il appelle sa "petite Canac", montre un gangster inédit, épris de romance : " Le contraste entre la révolte du personnage et son style très conventionnel est saisissant, tant dans le contenu que dans la forme. C'est écrit avec une belle écriture d'ado, une écriture très scolaire ", affirme Fréderic Castaing l'expert qui a authentifié les lettres pour le compte de l'Hôtel des ventes situé rue Drouot.
Jacques Mesrine envoya la majorité de ces lettres durant sa détention à la Prison de la Santé, une correspondance qui dura près de quatre ans, jusqu'à son évasion en 1978. Jocelyne Deraiche et le braqueur de banques se sont rencontrés au Québec six ans plus tôt. Ce sont les medias de cette province qui donnent pour la première fois au gangster son célèbre surnom d'ennemi public numéro 1. En un an de vie commune, Jocelyne Deraiche partagea quelques moments importants de la "carrière" du braqueur. Elle était présente lors de son arrestation à Boulogne, celle où Mesrine proposa une coupe de champagne au commissaire venu l'arrêter. Près de quarante ans plus tard, malade et sans ressource, celle qui affirme l'aimer "véritablement toujours", met en vente sa correspondance. Le lot sera mis à prix entre 60.000 et 80.000 euros à partir du 30 janvier.
D'autres proches de Jacques Mesrine ont également mis en vente des objets lui ayant appartenu. Des lettres à des complices, une chevalière, des passeports et des photographies pourront également être acquis à l'hôtel des ventes le 30 janvier.
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