Le jeune poignardé est mort, son agresseur présumé interpellé

le 09 janvier 2010 à 07h56 , mis à jour le 09 janvier 2010 à 22h59

Le drame serait survenu à la suite d'une dispute entre les deux élèves à propos de la soeur de la victime. L'agresseur présumé arrêté dans la nuit de vendredi à samedi se trouve dans un état "prostré".

Le lycée Darius Milhaud.Le lycée Darius Milhaud. © LCI

Les médecins n'ont rien pu faire. L'élève de 18 ans est décédé vendredi soir après avoir été poignardé par un camarade à l'intérieur de son établissement. Hakim, scolarisé au lycée Darius Milhaud, avait été transporté dans un état grave et opéré en urgence à l'hôpital Henri Mondor de Créteil. La victime était "touchée au foie et à l'aorte", a précisé l'AP-HP. Selon le procureur, il avait été frappé par trois coups de couteau. Après 6h d'intervention, le décès a été constaté à 22h50. 
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L'agresseur présumé de la victime, un jeune de 18 ans scolarisé dans le même établissement, a de son côté été interpellé sur la voie publique vers 1h samedi à Ivry-sur-Seine. Cette agression "devrait donner lieu lundi à l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide volontaire", selon le procureur. "Pour le moment il ne donne pas d'explication", a déclaré le procureur de la République de Créteil. "Est-ce qu'il avait amené exprès le couteau, est-ce qu'il avait l'habitude de se promener avec un couteau, il y a des choses qu'il faudra que l'enquête détermine", a-t-il ajouté.

"En rupture familiale"

Le lycéen soupçonné d'être l'auteur des coups de couteau étudiait dans la même classe que la soeur de la victime. Il aurait interpellé la jeune fille de façon désinvolte jeudi, et celle-ci s'en serait plainte à son grand frère, Hakim, scolarisé dans le même établissement. Cherchant à avoir une explication, Hakim serait alors allé à la rencontre de son agresseur lors d'un intercours vendredi matin, et aurait reçu les coups de couteau. Des riverains avaient aperçu le jeune homme qui "déambulait dans la rue, très perturbé, et s'interrogeait sur le fait qu'il avait tué quelqu'un", a raconté le procureur.

Décrit comme un jeune "en rupture familiale", Islam était hébergé depuis environ un mois par une amie de son frère, a-t-il ajouté. Il avait changé "plusieurs fois d'établissement depuis la rentrée", mais n'avait pas d'antécédents judiciaires, et "aucun antécédent défavorable au niveau scolaire", a précisé le chef de la sûreté territoriale du Val-de-Marne.

Samedi matin, les 1.500 élèves de Darius-Milhaud, un lycée polyvalent avec  des sections générales et professionnelles, ont repris les cours, suspendus la veille après l'agression. Devant le lycée, des adolescents ont déposé quelques roses, rouges ou blanches. Hakim "est mort pour rien, pour des bêtises", s'indignait Selma, 18 ans, élève de terminale L, "attristée et choquée". Une "marche silencieuse", en mémoire du lycéen partira lundi à 14h du lycée en direction du domicile de la victime, a annoncé samedi à l'AFP la proviseure.
 
Une réflexion sur le respect de l'autre
 
Dans un communiqué, le syndicat CGT Educ'Action 94 relève que le lycée Darius Milhaud "ne dispose, en matière de surveillants, aides-éducateurs,  médiateurs, que de 12 équivalents temps plein" pour quelque 1.500 élèves. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, se sont rendus vendredi sur place, ainsi que le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.

Luc Chatel a annoncé vendredi soir qu'il réunirait "la semaine prochaine" les représentants des chefs d'établissements pour "faire un point sur les mesures de sécurisation". Luc Chatel propose par ailleurs "à  l'ensemble des proviseurs de lycée et des principaux de collège de faire  respecter une minute de silence à la mémoire d'Hakim dans la journée du mardi 12  janvier." Le ministre de l'Education "leur suggère également d'organiser des temps de parole pour réfléchir collectivement sur la fraternité, le respect de l'autre et la dignité de la personne humaine." La tête de liste UMP aux élections régionales en Ile-de-France, Valérie Pécresse, propose samedi que les crédits des emplois-tremplins non pourvus soient utilisés pour recruter des "surveillants-tuteurs" régionaux pour renforcer "la sécurité dans les lycées".

Mardi 16 décembre, un adolescent de 16 ans avait été blessé par un tir de  fusil devant son lycée, à Sucy-en-Brie, dans le même département du  Val-de-Marne. Le lycéen, légèrement blessé au genou, avait été hospitalisé, sans  que ses jours ne soient mis en danger.

le 09 janvier 2010 à 07:56
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79 Commentaires

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  • lolopsw, le 11/01/2010 à 07h34

    Là vous me faites un peu sourire tous... j'ai 45 ans de "vie parisienne et banlieusarde", et moi j'affirme bien haut que tout cela n'est pas nouveau du tout... dans les années 70 il y avait déjà des bandes, des banlieues chaudes, des morts idiotes de jeunes... ne vous laissez pas entrainer par la peur entretenue par les pouvoirs publics sur la soi-disant "insécurité" pour justifier... des votes en leur faveur... les français ont bien la mémoire courte, mais il est vrai que les archives des journeaux sont payantes pour la plupart, ce qui empeche bien souvent de comparer le présent avec le passé... mais la réalité est bien que les choses ne sont ABSOLUMENT pas différentes à l'heure actuelle qu'il y a plusieurs dizaines d'années... malgré le recrutement et la modernisation de la police... seule différence : toutes les prisons sont remplies à 200% de leur capacité, il n'y a plus de place... et ça n'a rien changé non plus dans les faits d'ailleurs...

  • roland77, le 11/01/2010 à 00h22

    Voilà un commentaire juste et pertinent ! Je crois que la majorité des citoyens " connaissent " ce que vous décrivez concernant la " bestialité " , le machisme, l'extrême violence qui règnent dans ces cités dites " sensible " où la civilisation n'existe plus ! Mais je pense que certaines personne ne veulent pas reconnaitre la réalité ! Vous avez entièrement raison de dire que le travail de la justice, tellement laxiste et indulgente envers ces "fauves" n'est surement pas à la hauteurs de " l' EXCELLENT " travail de la police qui n'est pas toujours respectée à sa juste valeurs ! Tant que les politiques ( en particulier de gauche ) exploiteront cette violence et ces incivilités ainsi que la misère sociale de ces cités " sensible " à des fins électorale et fermeront les yeux sur la réalité, ce genre de violence continuera à se rependre comme du mazout en pleine mer ! De toutes façon, refuser de voire le mal là où il se trouve, c'est le cautionnement et lui permettre d'exister ! Aujourd'hui, n'importe qui peut se faire tuer ou tabasser pour rien au hasard d'une rue.........et ce n'est pas digne d'une nation dites civilisés comme la notre !

  • syberya, le 10/01/2010 à 20h23

    Mère de trois enfants, il m'est arrivé souvent de penser comme toutes les mères à ce que je pourrais ressentir si la vie venait à m'en arracher un. Et j'ai veillé sur eux, faisant du mieux que je pouvais, mais cela sans jamais perdre de vue qu'une fois dehors,au primaire, au collège, au lycée, ils se pouvaient aller vers d'autres choses dans lesquelles je n'aurais jamais ma place, et pour lesquelles je ne les aurait pas préparés, car d'une autre génération..et leur faisant confiance. Je n'ai cependant jamais perdu de vue que j'étais sur le fil du rasoir et lorsque je regardais partir mes enfants pour une journée d'école, en leur disant combien je les Aimais immensément, un noeud au fond de mon coeur me disait qu'entre la coupe et les lèvres il reste encore de la place pour un malheur..

  • danou34110, le 10/01/2010 à 19h20

    Absolument, le reste de votre commentaire reste très valable

  • stanzatos, le 10/01/2010 à 18h58

    Mais comment ont-ils été éduquer pour que les résultats en soient aussi criminels ???? Pauvre gosses qui meurt à l'àage où s'ouvre la vie ... Navrée pour les parents et sa famille

  • danou34110, le 10/01/2010 à 16h23

    Non, à 18 ans, on n'est pas encore assez mature pour être lâché dans la nature. Ce n'est pas parce qu'une loi en a décidé ainsi que les jeunes cerveaux de 18 ans sont adultes.

  • danou34110, le 10/01/2010 à 16h18

    J'ai reçu la même éducation des années 50/60 que vous et, personnellement, je ne l'ai pas trouvée très stricte. En ce qui me concerne, que ce soit en primaire ou en secondaire, je n'ai pas subi de traumatisme particulier. Nous devions nous lever à l'entrée de l'instit, du prof ou du directeur (on disait encore comme ça) en signe de respect, nous étions punis ou collés si on troublait l'ordre de la classe et on ne récriminait pas parce que l'on savait que c'était le prix à payer pour les perturbateurs. On n'aurait jamais osé rétorquer à un rappel à l'ordre. Nous respections nos enseignants, pour ce qu'ils représentaient, c'est à-dire l'autorité mais, sans doute aussi parce qu'ils étaient respectables, dans leurs tenues, leurs comportements et leurs propos. On nous donnait des cours de morale et d'instruction civique, ce qui fait que si les parents étaient défaillants, nous avions quand même des notions dans ces domaines. Il est vrai aussi que les gamins avaient un opinel ou un couteau suisse dans leur poche, reçu du père, de l'oncle, du parrain ou du grand frère, comme preuve qu'ils étaient assez responsables pour en posséder un. Ils le sortaient par fierté ou pour tailler bouts de bois ou de ficelle et qu'ils se faisaient confisquer par l'enseignant s'ils les exhibaient pendant les cours. Mais, quand nous étions de bons élèves, il y avait des récompenses, aussi, qui matérialisaient nos efforts et nos mérites et nous stimulaient (bons points et images pour les petites classes, prix pour les plus grandes) et c'était avec fierté que nous allions recevoir nos piles de livres le jour de la distribution des prix, preuves tangibles devant toute une salle, de nos efforts d'une année.

  • danou34110, le 10/01/2010 à 15h56

    Bonjour, j1700. Vous avez dû être terriblement choqué et ce doit être le binz dans votre lycée. Connaissiez-vous la victime et son meurtrier ? Voulez-vous en témoigner ? Ce que vous nous en diriez serait probablement plus proche de la réalité que tout ce que nous pouvons écrire sur ce sujet.

  • ilesmarquises, le 10/01/2010 à 15h30

    Désolée, Danou34110, dans l'une des premières vidéos, il me semble qu'il était dit que c'était la soeur de l'agresseur. D'où mon erreur. Tout le monde peut se tromper. De toute façon , cela ne change rien aux problèmes de violence actuelle et aux conséquences qu'il faut en tirer.

  • humanoide56, le 10/01/2010 à 12h48

    J'ai oublié le principal, je me suis fait réprimender par un maître de ma fille en CM2, dénonçant le fait que je lui faisais réciter les fameuses tables de X. Le texte de ce "maître" comportait 84 mots, 38 fote d'ortografe. No comment !

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