Les "boat people" de Corse acheminés sur le continent

Par TF1 News (D'après agence), le 23 janvier 2010 à 09h32 , mis à jour le 23 janvier 2010 à 17h11

Le groupe de 57 hommes, 29 femmes dont cinq enceintes, et 38 enfants, a quitté samedi le gymnase de Bonifacio pour une base de l'armée de l'air. Direction : des centres de rétention sur le continent.

Quelques-uns des 124 migrants débarqués sur une plage corse (22 janvier 2010)Quelques-uns des 124 migrants débarqués sur une plage corse (22 janvier 2010) © TF1/LCI

Les 124 personnes découvertes vendredi sur une plage près de Bonifacio ont quitté samedi matin le gymnase de la ville où elles avaient été installées pour la nuit. "Les évacuations ont eu lieu avant 8 heures et alors que je craignais qu'elles se passent dans des conditions difficiles, tout est rapidement rentré dans l'ordre", a expliqué le maire, Jean-Charles Orsucci. Ces 57 hommes, 29 femmes dont cinq enceintes et une handicapée, et 38 enfants dont neuf nourrissons, qui se disent Kurdes venant de Syrie, ont été emmenés à bord d'autocars militaires vers la base aérienne de Ventiseri-Solenzara à environ 80 km de Bonifacio pour être transportées en avion sur le continent vers des centres de rétention.  

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Les autocars étaient escortés de véhicules de gendarmerie. Les journalistes sur place près du gymnase ont été tenus à distance par les gendarmes lors de l'évacuation. Certains hommes ont résisté, refusant de quitter le gymnase, quelques minutes avant d'être conduits vers les autocars. Exigeant de ne pas être séparés, les hommes avaient refusé de s'alimenter vendredi soir exigeant notamment l'intervention de la Ligue des droits de l'Homme. Le représentant en Corse de la LDH, André Paccou, a dit être "très en colère", affirmant qu'il devait se rendre auprès des clandestins vers 8h30 dans le gymnase.

Puis, vers 10h30, un premier groupe d'une soixantaine de personnes a quitté l'île à bord de trois avions. Selon une source proche du dossier, ces réfugiés pourraient être installés dans des CRA de six villes : Marseille et Lyon pour des familles, ainsi que Lille, Nîmes, Rennes et Toulouse.

Un deuxième groupe d'une cinquantaine de réfugiés clandestins a quitté samedi après-midi la base aérienne pour le continent, a indiqué la préfecture de Corse. Ces réfugiés ont été transportés à bord de deux avions de la Sécurité civile pour une destination qui n'a pas été précisée. Un dernier groupe d'une dizaine de personnes doit quitter la Corse en début de soirée, a ajouté la préfecture.

Un bateau suspect repéré

Le ministère d'Eric Besson a fait savoir "qu'à l'arrivée dans ces centres, ces personnes bénéficieront des services d'un interprète, d'une visite médicale, d'une information sur les dispositifs d'aide au retour volontaire et d'une assistance juridique". Il a ajouté dans un communiqué que "chacune de ces personnes bénéficiera d'une évaluation individuelle de sa situation". Egalement interrogé sur l'avenir des réfugiés, le préfet de Corse-du-Sud avait commenté quelques heures auparavant : "La réglementation dit que les personnes qui sont rentrées en séjour irrégulier ont vocation à repartir là d'où elles venaient. Nous devons appliquer la loi en ce domaine".  

La France n'avait pas connu un tel débarquement de réfugiés sur ses côtes depuis 2001, quand 900 Kurdes étaient arrivés dans le Var, ce qui a fait dire au ministre de l'Immigration que la situation était quasiment inédite. Les réfugiés ont été pris en charge dans les premières heures suivant leur découverte par la Croix-Rouge. Pour les autorités françaises, "la priorité est de savoir s'il y a pas d'autres personnes en péril", a précisé Eric Besson. Des recherches ont été engagées en mer pour trouver d'éventuelles embarcations dans les environs ou d'éventuelles personnes tombées à l'eau. Les criques de Bonifacio ont été passées au peigne fin. Mais aucune embarcation n'a été retrouvée sur les côtes corses où six hélicoptères et avions et deux vedettes ont été déployés.

Une information judiciaire a en outre été ouverte pour "aide à l'entrée d'étrangers en bande organisée". Eric Besson a annoncé qu'un bateau suspect avait été repéré dans les eaux internationales de la Méditerranée, au large de la Sardaigne. Il a proposé la tenue d'un "sommet de crise" des pays européens concernés par l'immigration clandestine, cet épisode confortant, selon lui, la proposition française de créer un corps de garde-frontières européens : "On ne peut pas laisser la Méditerranée aux mains des filières de la traite des êtres humains". La Corse, a ajouté Eric Besson, "ne peut pas devenir un nouveau Lampedusa", du nom de l'île de Sicile devenue un point d'entrée privilégié pour les immigrés africains irréguliers. D'une part parce que le gouvernement "ne laissera pas faire" et d'autre part parce que la Corse ne semble pas être une voie aisée pour les passeurs, a-t-il estimé.

Les autorités accusées

Le transfèrement en centre de rétention administrative des migrants découverts en Corse constitue "une violation des engagements les plus essentiels" de la France, a dénoncé samedi la Ligue des droits de l'Homme. "Les droits les plus élémentaires de ces personnes sont grossièrement violés", déplore la LDH dans un communiqué cosigné par la fédération internationale des droits de l'Homme et le réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme. "Il ne s'agit pas de "clandestins" vivant en se cachant sur le sol français, mais de réfugiés qui, arrivant sur le territoire de la République, ont le droit absolu, au regard tant de la Constitution française que des conventions internationales, de demander asile", affirment les associations.

Par TF1 News (D'après agence) le 23 janvier 2010 à 09:32
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28 Commentaires

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  • humanoide56, le 24/01/2010 à 07h25

    Ne confondez pas la dette qui est un problème d'erreur de vote et la solidarité qui est l'image de la France. Mais les français sont nihilistes dans leurs propres comportements. Imaginer que l'étranger n'est que la représentation de l'esclave du colonialisme ou de l'indigène habillé en peaux de bêtes me semble un tantinet simplet

  • humanoide56, le 24/01/2010 à 07h07

    Et la charité chrétienne alors ? Ce sont des Kurdes probablement chrétiens, à pardon j'oubliais que je suis athée.....tout se perd sauf la honte

  • humanoide56, le 24/01/2010 à 06h57

    Chacun sa misère, chez nous elle est surtout intellectuelle.....

  • horchani, le 23/01/2010 à 23h54

    A la manière de Malraux ! Compte tenu, d'une part, des débats passionnels récurrents, relatifs au «bien-vivre-ensemble » avec les étrangers de France, patrie des philosophes des lumières et des théoriciens de la liberté, provoqués par l'initiative Sarkozy-Besson sur l'Identité Nationale, qui ont secoué, souvent, tous les rouages de l'Etat, y compris le plus Haut Niveau (cf. la fameuse tribune du Président de la République parue, le 8 décembre 2009, dans le quotidien le Monde), qui ont conduit aux cacophonies les plus savoureuses , aux dérapages les plus scandaleux, et aux déclarations les plus «anxiogènes », aussi bien dans la sphère du pouvoir que dans celle des médias, et qui ont dominé l'espace politique de la fin de cette première décennie du Siècle et, d'autre part, de la mondialisation de l'émigration et du fait que seule une élite minoritaire, des pays industrialisés, perçoit les apports bénéfiques, à long terme, de ladite mondialisation en tant que phénomène opportun, équilibrant, stimulant et libérateur , la plupart des citoyens, eux, se sentant, plus que jamais , menacés , redoutant les sacrifices à venir et s'inquiétant pour leur travail, pour la qualité de leur vie ou pour leur identité !, on peut dire, sans risque de se tromper, à la manière de la prophétie attribuée à André Malraux, que « le 21ème Siècle sera « étrangerophile » ou ne sera pas » ! HORCHANI Salah

  • jane0764, le 23/01/2010 à 20h21

    Faites vous le nécessaire auprès de vos voisins dans le besoin? Il faut donner des leçons en donnant l'exemple. N'oubliez quand même pas qu'en France, autour de vous, des ouvriers ayant travaillé dur à l'usine et ayant cotisé ont des retraites de misère 800 à 900 Euros par mois. Pourriez vous vivre avec cette somme? Pour ma part, je parle en connaissance de cause et mon discours n'est pas guidé par les bons sentiments mais par la réalité que je fréquente au quotidien. Ce n'est pas politiquement correct mais concret..;

  • jacques1963, le 23/01/2010 à 18h58

    Ceux qui hurlent à la solidarité sont précisément ceux qui ne paient jamais RIEN ... ! La France n'a plus les moyens d'accueillir qui que ce soit depuis très longtemps, alors arrêtez ce stupide larmoiement bien-pensant, c'est ridicule.

  • libre-arbitre, le 23/01/2010 à 18h21

    Exact, mais la France est le pays le plus bête du monde, avec des dirigeants incompétents et dangereux.

  • bri741, le 23/01/2010 à 17h56

    Ce qui me choque dans cette histoire, c'est que ces personnes, arrivées clandestinement sur le sol français, se permettent d'exiger !! Exiger de ne pas être séparés, exiger l'intervention de la Ligue des droits de l'homme !!! Il me semble que lorsque l'on arrive illégalement dans un pays pour y demander l'asile, il convient de montrer un minimum de respect envers ce pays, et non pas des exigeances à peine arrivé !!!

  • gringoz, le 23/01/2010 à 17h55

    Ces gents se disent "Syrien"... pourriez vous m'expliquer le rapport entre la France et la "misere" de la syrie... si il en existe une bien sûr....

  • mammone, le 23/01/2010 à 17h38

    Cela n'a vraiment aucun rapport !! Comparons ce qui est comparable !

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