Bébé enlevé : la mère avait prévenu la police des menaces

Par , le 18 février 2010 à 10h37 , mis à jour le 18 février 2010 à 16h37

La mère du petit Ibrahima, retrouvée morte mardi, avait plusieurs fois signalé à la police et à la justice que son ex-compagnon la menaçait de mort, affirme son avocate. Le plan Alerte enlèvement avait été déclenché pour retrouver son enfant.

L'immeuble d'où avait disparu Ibrahima, 18 mois (16 février 2010)L'immeuble d'où avait disparu Ibrahima, 18 mois (16 février 2010) © TF1/LCI

La police "ne l'a pas assez écoutée (...) Elle se plaignait depuis plus de mois, elle avait déposé de nombreuses mains courantes au commissariat", a dénoncé jeudi Oliveira, la soeur de Tania, retrouvée morte mardi dans son appartement. "Elle est allée voir la police avec son portable pour leur montrer les SMS et les messages de menace" laissés par son ex-compagnon, a dit Sasa, le frère de la jeune femme, âgée de 26 ans et mère d'un petit Ibrahima pour lequel le plan Alerte enlèvement avait été déclenché mardi soir, permettant de le retrouver sain et sauf quelques heures plus tard avec son père. Ce dernier a avoué mercredi avoir tué la mère de l'enfant, dont le corps avait été retrouvé la veille à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Dans une conférence de presse organisée jeudi matin, la famille a accusé la police et la justice de ne pas avoir fait respecter un contrôle judiciaire visant le père d'Ibrahima.

  • Un bébé enlevé à Fontenay-sous-Bois

    Le plan Alerte enlèvement a été déclenché mardi en début de soirée pour l'enlèvement d'un bébé de 18 mois à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. Sa mère a été retrouvée assassinée dans son appartement, le père est activement recherché.

    Publié le 16/02/2010 Un bébé enlevé à Fontenay-sous-Bois
  • Ibrahima, 18 mois, retrouvé grâce à l'alerte enlèvement

    Le petit garçon dont la disparition avait été signalée mardi matin a pu être retrouvé, et son père, soupçonné du meurtre de la mère, a été arrêté.

    Publié le 17/02/2010 Ibrahima, 18 mois, retrouvé grâce à l'alerte enlèvement
  • Mère d'Ibrahima : "Tanja à jamais dans nos coeurs"

    Plusieurs centaines de personnes ont participé samedi à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, à une marche silencieuse en mémoire de la mère d'Ibrahima, dont l'ancien compagnon a reconnu le meurtre.

    Publié le 20/02/2010 Mère d'Ibrahima : "Tanja à jamais dans nos coeurs"
  • Mère d'Ibrahima : le père mis en examen

    Il a été mis en examen vendredi pour le meurtre de son ex compagne et l'enlèvement de leur fils retrouvé sain et sauf mardi. Parallèlement, après la justice, c'est le préfet qui est mis en cause alors que la mère, se sentant menacée, aurait dit son souhait de quitter la ville.

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  • Mère d'Ibrahima : après la justice, le préfet mis en cause

    Selon Europe 1, la jeune femme assassinée mardi par son ex-mari, avait prévenu le maire de Fontenay-sous-Bois de son souhait de déménager suite aux violences subies. Il avait alors averti le préfet, sans réponse.

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  • Le plan 'Alerte Enlèvement' déclenché pour la neuvième fois

    Le plan "Alerte Enlèvement", a été déclenché mardi soir pour l'enlèvement d'un bébé de 18 mois à Fontenay-sous-Bois. C'est la neuvième fois qu'il est activé depuis sa mise en place en 2006.

    Publié le 16/02/2010 Le plan 'Alerte Enlèvement' déclenché pour la neuvième fois
Plus d'infos

 
Il avait été condamné début février à quatre mois de prison avec sursis pour avoir menacé de mort par SMS Tania, dont il était séparé depuis un an avec interdiction d'entrer en contact avec elle. "Il avait l'interdiction de résider dans le Val-de-Marne et pourtant tous les jours il venait devant chez mon père où ma soeur s'était réfugiée pour la menacer", a encore dit le frère de Tania assurant que la police était venue au moins une fois sur les lieux et était repartie sans rien faire.
 
"Je vais te tuer"
 
"Nous demandons au procureur de faire des vérifications sur le contrôle judiciaire. Il faut voir s'il y a eu dysfonctionnement et après on se demandera s'il y a lieu de poursuivre l'Etat", a dit une avocate de la famille, Me Marie-France Fontana. L'autre avocate de la famille, Me Yasmina Mechoucha Robin, a précisé que l'ex-compagnon employait "des mots très simples : je vais te tuer".
 
La victime "allait même jusqu'à appeler le contrôleur judiciaire pour lui faire part du fait que (son ex-compagnon) ne respectait pas" l'interdiction, qui lui était faite d'entrer en contact avec elle, a-t-elle ajouté. Si elle avait été entendue, "peut-être qu'aujourd'hui elle serait encore en vie", a poursuivi l'avocate.
  
Le parquet "réactif"
 
Le parquet a fait "preuve de réactivité" face aux menaces de mort proférées contre la mère du petit Ibrahima, a répondu le procureur de Créteil, Jean-Jacques Bosc, ajoutant qu'il n'entendait pas "entrer dans une polémique" avec la famille de la victime. Selon lui, le suspect âgé de 28 ans avait été interpellé et placé en garde à vue le 7 janvier, trois jours après le dépôt d'une plainte de la victime pour menaces de mort. Il a ensuite été condamné le 9 février à quatre mois de prison avec sursis assortis d'une interdiction d'entrer en relation avec la victime, a-t-il expliqué. "Cette interdiction a été respectée" jusqu'au jour du meurtre, a précisé M. Bosc. Dans une lettre datée du 21 janvier, la victime âgée de 26 ans avait par ailleurs écrit qu'elle avait recouvré "une certaine liberté" depuis l'interpellation de son ancien conjoint, dont elle était séparée depuis mai 2009, a poursuivi le procureur.
  
Mis en examen dans une affaire de viols depuis 2006, le père du petit Ibrahima était par ailleurs soumis à un autre contrôle judiciaire, en vertu duquel il n'avait pas le droit de résider dans le Val-de-Marne. Il était pourtant installé chez ses parents à Fontenay-sous-Bois, a reconnu le procureur. Mais cette affaire était "antérieure" à la rencontre entre le suspect et son ancienne compagne, a-t-il ajouté.
 
A la mi-journée, les services de la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, ont fait savoir qu'elle avait demandait au procureur général de Paris une enquête sur le contrôle des mesures de suivi ordonnées envers le père du petit Ibrahima.

Par Alexandra Guillet le 18 février 2010 à 10:37
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44 Commentaires

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  • baianaa, le 19/02/2010 à 09h55

    à bearnais Vous n'avez pas suivi cette pauvre jeune femme, vivait avec son père et son frère...

  • bearnais64, le 19/02/2010 à 09h02

    A la Police,c'est comme aux Urgences.On y va pour tout et pour rien,mais on veut toujours passer le premier et le cas personnel est toujours plus important ou plus grave que celui du voisin!!!!Dans de telles conditions et avec une telle mentalité,il est fort difficile de saisfaire tout le monde en meme temps!!!La critique est facile!!!

  • bearnais64, le 19/02/2010 à 08h09

    Pourquoi cette malheureuse personne ne s'est pas réfugiée dans sa propre famille?Apparemment elle avait un pére,une soeur et un frére.

  • roland77, le 19/02/2010 à 07h15

    Très bonne analyse milooser31, je suis de votre avis !!

  • shaelounouk, le 19/02/2010 à 06h28

    Sky 92 c bien vos intervention mais la jeune femme y aller toute les semaines porte plainte , de plus sont ex concubin n'etait pas inconnu des services alors zut oui la police aurait du ce bouger!!! vous parler de temoin fiable ,d'individu dangereux !! On ne parle pas d'un individu lamda, mais d'un homme qui a deja fait de la prison pour violence, d'une femme qui toute les semaines porte plainte.....

  • 34chris34, le 19/02/2010 à 05h08

    Ce n'est pas ceux qui font le mal qui me font le plus peur, c'est ceux qui regarde et laisse faire. Albert Einstein

  • champaloux87, le 19/02/2010 à 01h20

    Est-ce que les juges , les policiers et les services sociaux responsables de cette mort iront rendre un dernier hommage à cette malheureuse femme lors de ses obsèques ?? j'espère que tous ces gens ont du mal à trouver le sommeil !

  • wana76120, le 18/02/2010 à 22h15

    Oui la c un gros probleme de justice pauvre femme

  • roland77, le 18/02/2010 à 20h56

    Curieux, dans ce genre de situation, ceux qui se retrouvent au cimetière sont rarement ceux qui devraient s'y trouver !

  • tifins, le 18/02/2010 à 20h22

    Il est vraiment inadmissible de n'avoir pas réagit plus fermement sur cet individu, c'est sûr il est plus facile d'aller ceuillir des gamins de 9 ans à 14 ans dans les écoles tout juste menottés pour des délits parfois mineurs que de mettre les moyens (collier électronique) sur ce meurtrier et que Mme la ministre s'en aperçoive un peu tard. pauvre monde que de brutalité... toujours est-il que la prison à perpétuée reste encore un moyen bien difficile pour ce genre de personnage si cela continue le milieu carcéral sera aussi ingérable..

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