Une mairie française © TF1-LCIJugé trop "autoritaire", le maire de Heimsbrunn (Haut-Rhin) a été privé de l'essentiel de ses délégations et de ses indemnités d'élu par son propre conseil municipal, une procédure "rare" mais légale, selon l'association haut-rhinoise des maires. Jeudi dernier donc, par 13 voix pour, quatre contre et un bulletin blanc, le conseil municipal a retiré 18 des 22 délégations dont disposait Bernard Just, maire depuis 2003 d'Heimsbrunn, petite localité de 1200 âmes de la région mulhousienne, a expliqué mercredi Jean-Jacques Schmitt, l'un des adjoints frondeurs.
Dans la foulée, un second scrutin (12 voix pour, quatre contre et deux bulletins blancs) a divisé par six les indemnités mensuelles de l'édile qui plafonnent désormais à 250 euros par mois. M. Just, qui n'a pas souhaité s'exprimer sur l'affaire, ne dispose désormais plus que de quatre délégations de pouvoir, qu'il pourra exercer sans passer par le conseil municipal (contracter des assurances au nom de la commune, délivrer des concessions au cimetière, faire rectifier des documents d'urbanisme, régler les dommages financiers d'un accident impliquant un véhicule communal). Toutes les autres décisions seront votées en conseil, selon M. Schmitt.
"Se soumettre ou se démettre"
Pour ce professeur à la retraite, dépouillé par le maire de ses délégations il y a un an, cette situation insolite est le fruit d'une "lente dégradation" des relations entre M. Just, ancien gendarme, et la plupart des conseillers, pourtant issus de la même liste élue dès le premier tour en 2008 mais dont beaucoup dénoncent "l'autoritarisme" et la gouvernance "incohérente". "C'est un ras-le-bol général", confirme Jean-Paul Sirlin, premier adjoint qui fustige un maire qui "ne veut pas de dialogue" et "passe en force". "Il doit se soumettre ou se démettre", renchérit M. Schmitt pour qui le conseil municipal n'envisage pas de faire machine arrière "dans un proche avenir".
Prévu par le code des collectivités, le vote n'affectera pas le fonctionnement de la mairie, observe René Danési, président de l'association des maires du Haut-Rhin. Il peut en revanche être attaqué devant le tribunal administratif, poursuit-il, jugeant toutefois que "sur le fond, il n'y a rien à redire".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




