La mésaventure d'Anne, 14 ans, a été révélée ce mardi matin par France Info. Anne est une adolescente parisienne, scolarisée dans le XXe arrondissement de la capitale ; au cours de la semaine dernière, elle avait été impliquée dans une bagarre au sein de son établissement. Tout ce qu'elle avait fait, assure-t-elle, c'est essayer de s'interposer. Elle n'en a pas moins, selon son témoignage diffusé sur France Info et selon sa mère, passé neuf heures en garde à vue, menottée, interrogée sans douceur par les policiers - le tout sans avoir même pu se changer, alors qu'elle était en pyjama lorsque la police s'était présentée chez elle... Un détail qu'un représentant du syndicat policier Synergie a démenti toutefois, interrogé un peu plus tard également par France Info : la jeune fille n'aurait pas été emmenée sans avoir le temps de s'habiller ; elle aurait été placée en garde à vue en jogging, non en pyjama.
Collégiennes en garde à vue : affaire classée
Début février, pour une bagarre à proximité d'un collège, trois adolescentes avaient passé plusieurs heures en garde à vue, étant même menottées lors d'un transfert. Le parquet a décidé de classer l'enquête sans suite.
Publié le 04/03/2010
Réformer la garde à vue ? Hortefeux "pas hostile", mais...
Le ministre de l'Intérieur est à priori ouvert à l'étude d'une réforme des gardes à vue dès lors qu'elle ne se fait "pas au détriment des forces de sécurité ni des victimes".
Publié le 13/02/2010
Les trois collégiennes auraient bien été menottées
Les premiers éléments d'enquête recueillis par la police des polices tenderaient à confirmer les dires des parents des trois collégiennes dont le placement en garde à vue la semaine dernière à Paris fait polémique.
Publié le 11/02/2010
Garde à vue : la réforme envisagée par MAM ne convainc pas
En pleine polémique sur les conditions de placement en garde à vue de 3 collégiennes à Paris la semaine dernière, la garde des Sceaux a redit mardi de quelle façon elle entendait améliorer cette procédure.
Publié le 10/02/2010
Polémique autour de la garde à vue d'une adolescente
Anne, 14 ans, collégienne à Paris, a-t-elle été conduite en pyjama au commissariat pour y être placée en garde à vue ? A-t-elle été menottée pour être interrogée ? La préfecture de police dément et donne sa version des faits.
Publié le 09/02/2010
Les gardes à vue en accusation
Garde à vue controversée d'une collégienne de Paris, procédures annulées pour non respect des droits des personnes entendues, chiffres en explosion : des politiques montent au créneau. Certains dénoncent un "scandale".
Publié le 09/02/2010
Offensive judiciaire contre les gardes à vue
Pour la première fois, le tribunal correctionnel de Paris a annulé toute une série de gardes à vue dans une même affaire. Motif : les droits des prévenus n'avaient pas été suffisamment respectés.
Publié le 06/02/2010
Pas d'avocat = pas de garde à vue ?
Des PV de garde à vue ont été écartés par une cour d'appel au motif que les suspects n'avaient pu voir un avocat avant la 72e heure de leur audition, comme le prévoit la Convention européenne des droits de l'Homme.
Publié le 22/01/2010
Garde à vue : un député porte le débat à l'Assemblée
En pleine polémique sur cette question, Manuel Aeschlimann, député UMP et avocat, doit présenter vendredi une proposition de loi visant à renforcer la présence de l'avocat lors des gardes à vue.
Publié le 11/12/2009
Garde à vue : faut-il changer la loi ?
<b>Talk -</b> Pourquoi les avocats souhaitent-ils pouvoir accéder au dossier de leurs clients et les assister dès le début de la garde à vue ? Pourquoi les policiers sont-ils contre ? Eléments de réponse dans PJ.
Publié le 09/12/2009
Une garde à vue annulée à Bobigny faute d'avocat
France Info annonce ce matin qu'une garde à vue a été annulée la semaine dernière à Bobigny car il n'y avait pas d'avocat dans la première heure de garde à vue.
Publié le 03/12/2009
Les gardes à vue illégales en France ?
Se fondant sur deux arrêts de la Cour européenne des droits de l'Homme, le bâtonnier de Paris appelle tous ses confrères à déposer des recours en nullité contre toutes les gardes à vue faites par les policiers.
Publié le 17/11/2009
Les garde à vue en hausse de 40% à Paris
Au cours des 9 premiers mois de l'année, dans près d'un délit routier sur deux constatés à Paris, le conducteur a fait l'objet d'un placement en garde à vue.
Publié le 28/10/2009
Hortefeux veut des gardes à vue prolongées
Brice Hortefeux confirme qu'une "réflexion est en cours" sur le prolongement à quatre jours de la garde à vue pour les affaires de crimes sexuels.
Publié le 08/10/2009
Dix cyclistes à l'ombre pour quelques verres de trop
Pour des cyclistes bordelais, un banal contrôle de police s'est conclu par une nuit derrière les barreaux. Volonté de lutter contre les accidents de la route... ou de faire du chiffre ?
Publié le 24/03/2009
Elle était encore couchée quand des coups ont retenti à la porte, raconte-t-elle ; il était alors environ dix heures et demie du matin. Anne se lève alors pour se retrouver nez à nez avec une policière qui lui signifie qu'elle est placée en garde à vue et qu'elle doit l'accompagner au commissariat. La jeune fille demande si elle peut se changer. Non, répond simplement la policière. C'est donc vêtue comme elle avait dormi que l'adolescente arrive au commissariat, où elle est aussitôt mise en cellule. A sa sortie, raconte-t-elle sur France Info, elle se trouve face à un policier qui commence à l'interroger et lui dit aussitôt : "Maintenant, tu vas arrêter de te foutre de ma gueule, sinon je te prolonge de 24 heures".
Une mère en colère
Anne n'est pas la seule dans ce cas de figure ; selon son avocat, Me Jean-Yves Halimi, elles sont trois adolescentes à avoir ainsi été entendues par la police. Une information confirmée par la mère d'Anne. Laquelle juge une telle procédure "disproportionnée". Elle se dit "énervée, déçue" qu'un tel traitement puisse s'appliquer à une adolescente : "c'est complètement délirant", juge-t-elle. Selon elle, sa fille "a été prise en photo de face, de profil, comme les grands bandits", et la mère de l'adolescente commente : "Un terroriste n'aurait pas été traité différemment". Toujours selon elle, au cours de la garde à vue de sa fille, un policier lui aurait dit : "Je n'ai jamais passé des menottes à des poignets aussi fins".
Autre détail démenti par Synergie : la jeune fille n'aurait pas été menottée. Le syndicat parle d'ailleurs d'une "non affaire". Son représentant Mohammed Douhane précise que la jeune fille a reconnu les faits et a "plaisanté" avec les policiers. Il a également revu à la baisse la durée de la garde à vue : initialement, la famille évoquait une procédure ayant duré jusqu'à 11 heures. A Synergie, on évoque plutôt une garde à vue de six heures et demie.
L'IGS saisie
Du côté de la préfecture de police, on se refuse à faire de commentaire sur les faits. Les règles entourant la garde à vue de mineurs de 13 ans et plus sont strictes, elles ont été respectées, assure-t-on ; la jeune fille a pu notamment bénéficier d'un examen médical, son interrogatoire a été filmé ; avant cela, ses parents avaient été prévenus sur leur portable. Un respect des procédures que Me Halimi ne conteste nullement. Même si le bien-fondé d'un tel placement en garde à vue ne laisse pas de poser des questions.
Quoi qu'il en soit, une enquête administrative a été confiée à l'Inspection générale des services, la "police des polices", selon un porte-parole de la préfecture. La suite de l'histoire d'Anne se déroulera au tribunal, où elle est convoquée d'ici un peu plus d'un mois pour répondre du chef de "coups portés en réunion".
| Que s'est-il vraiment passé ? |
La jeune gardée à vue était-elle en pyjama ou en jogging ? La garde à vue a-t-elle duré 6h30 ou 11 heures ? Un certain flou entoure la procédure au coeur de laquelle s'est retrouvée la jeune Anne. Les faits à l'origine de cette procédure remontent au mardi 2 février : ce soir-là, à la sortie du collège, une bagarre éclate entre deux garçons. L'un d'eux, par la suite interpellé, donne des coups mais, selon la maman d'Anne, "pas les filles qui ont essayé de séparer les protagonistes". Toujours selon la mère de l'adolescente, le collégien qui accompagnait les jeunes filles, lui-même interpellé le soir-même, à 20 heures, ne sera relâché que le jeudi matin, à 1 heure, après avoir passé plus de 25 heures en garde à vue. Selon les faits reconstitués d'après les témoignages recueillis par l'AFP, c'est le lendemain, 3 février, que six policiers se rendent au collège et demandent à deux jeunes filles de les suivre. Ils vont ensuite au domicile d'Anne, restée à la maison car elle était souffrante. Cueillie chez elle, elle part alors en jogging, la tenue dans laquelle elle dormait, avec les policiers. Ceux-ci annoncent aux jeunes filles leur mise en garde à vue. Puis elles sont placées en cellule, leurs lacets ayant été confisqués. Lors d'un transfert chez le médecin, les trois jeunes filles sont menottées dans le fourgon de police. Elles ne sont rendues à leurs parents que le soir, à 20 heures, après la prise de photos individuelles par la police. |
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