A 14 ans, interpellée au saut du lit, pour 9 h de garde à vue

Par TF1 News, le 09 février 2010 à 07h04 , mis à jour le 09 février 2010 à 14h09

Interpellée chez elle à son réveil pour une bagarre dans son collège, cette élève parisienne a été emmenée au poste avant d'être mise en cellule et interrogée. Elle a témoigné sur France Info.

La mésaventure d'Anne, 14 ans, a été révélée ce mardi matin par France Info. Anne est une adolescente parisienne, scolarisée dans le XXe arrondissement de la capitale ; au cours de la semaine dernière, elle avait été impliquée dans une bagarre au sein de son établissement. Tout ce qu'elle avait fait, assure-t-elle, c'est essayer de s'interposer. Elle n'en a pas moins, selon son témoignage diffusé sur France Info et selon sa mère, passé neuf heures en garde à vue, menottée, interrogée sans douceur par les policiers - le tout sans avoir même pu se changer, alors qu'elle était en pyjama lorsque la police s'était présentée chez elle... Un détail qu'un représentant du syndicat policier Synergie a démenti toutefois, interrogé un peu plus tard également par France Info : la jeune fille n'aurait pas été emmenée sans avoir le temps de s'habiller ; elle aurait été placée en garde à vue en jogging, non en pyjama.

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Elle était encore couchée quand des coups ont retenti à la porte, raconte-t-elle ; il était alors environ dix heures et demie du matin. Anne se lève alors pour se retrouver nez à nez avec une policière qui lui signifie qu'elle est placée en garde à vue et qu'elle doit l'accompagner au commissariat. La jeune fille demande si elle peut se changer. Non, répond simplement la policière. C'est donc vêtue comme elle avait dormi que l'adolescente arrive au commissariat, où elle est aussitôt mise en cellule. A sa sortie, raconte-t-elle sur France Info, elle se trouve face à un policier qui commence à l'interroger et lui dit aussitôt : "Maintenant, tu vas arrêter de te foutre de ma gueule, sinon je te prolonge de 24 heures".

Une mère en colère

Anne n'est pas la seule dans ce cas de figure ; selon son avocat, Me Jean-Yves Halimi, elles sont trois adolescentes à avoir ainsi été entendues par la police. Une information confirmée par la mère d'Anne. Laquelle juge une telle procédure "disproportionnée". Elle se dit "énervée, déçue" qu'un tel traitement puisse s'appliquer à une adolescente : "c'est complètement délirant", juge-t-elle. Selon elle, sa fille "a été prise en photo de face, de profil, comme les grands bandits", et la mère de l'adolescente commente : "Un terroriste n'aurait pas été traité différemment". Toujours selon elle, au cours de la garde à vue de sa fille, un policier lui aurait dit : "Je n'ai jamais passé des menottes à des poignets aussi fins".

Autre détail démenti par Synergie : la jeune fille n'aurait pas été menottée. Le syndicat parle d'ailleurs d'une "non affaire". Son représentant Mohammed Douhane précise que la jeune fille a reconnu les faits et a "plaisanté" avec les policiers. Il a également revu à la baisse la durée de la garde à vue : initialement, la famille évoquait une procédure ayant duré jusqu'à 11 heures. A Synergie, on évoque plutôt une garde à vue de six heures et demie.

L'IGS saisie

Du côté de la préfecture de police, on se refuse à faire de commentaire sur les faits. Les règles entourant la garde à vue de mineurs de 13 ans et plus sont strictes, elles ont été respectées, assure-t-on ; la jeune fille a pu notamment bénéficier d'un examen médical, son interrogatoire a été filmé ; avant cela, ses parents avaient été prévenus sur leur portable. Un respect des procédures que Me Halimi ne conteste nullement. Même si le bien-fondé d'un tel placement en garde à vue ne laisse pas de poser des questions.

Quoi qu'il en soit, une enquête administrative a été confiée à l'Inspection générale des services, la "police des polices", selon un porte-parole de la préfecture. La suite de l'histoire d'Anne se déroulera au tribunal, où elle est convoquée d'ici un peu plus d'un mois pour répondre du chef de "coups portés en réunion".

Que s'est-il vraiment passé ?

La jeune gardée à vue était-elle en pyjama ou en jogging ? La garde à vue a-t-elle duré 6h30 ou 11 heures ? Un certain flou entoure la procédure au coeur de laquelle s'est retrouvée la jeune Anne. Les faits à l'origine de cette procédure remontent au mardi 2 février : ce soir-là,  à la sortie du collège, une bagarre éclate entre deux garçons. L'un d'eux, par la suite interpellé, donne des coups mais, selon la maman d'Anne, "pas les filles qui ont essayé de séparer les protagonistes". Toujours selon la mère de l'adolescente, le collégien qui accompagnait les jeunes filles, lui-même interpellé le soir-même, à 20 heures, ne sera relâché que le jeudi matin, à 1 heure, après avoir passé plus de 25 heures en garde à vue

Selon les faits reconstitués d'après les témoignages recueillis par l'AFP, c'est le lendemain, 3 février, que six policiers se rendent au collège et demandent à deux jeunes filles de les suivre. Ils vont ensuite au domicile d'Anne, restée à la maison car elle était souffrante. Cueillie chez elle, elle part alors en jogging, la tenue dans laquelle elle dormait, avec les policiers. Ceux-ci annoncent aux jeunes filles leur mise en garde à vue. Puis elles sont placées en cellule, leurs lacets ayant été confisqués. Lors d'un transfert chez le médecin, les trois jeunes filles sont menottées dans le fourgon de police. Elles ne sont rendues à leurs parents que le soir, à 20 heures, après la prise de photos individuelles par la police.

Par TF1 News le 09 février 2010 à 07:04
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171 Commentaires

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  • pluezil, le 11/02/2010 à 01h58

    La pauvre, j'espère que ne lira jamais tous vos commentaires hargneux suintant de peur de ce que vous avez pourtant tous étés; des jeunes, des ados. oui on est conscient à 14 ans mais depuis quand conscient veut dire coupable ? vous nous rabâchez avec votre service militaire, n'essayez pas de me faire croire qu'il n'y avait jamais de bagarre dans les écoles pendant cette période (d'ailleurs le service était réservé aux garçons donc de le cas présent quel rapport avec la choucroute ?). il me semble qu'on convoque un témoin et qu'on interpelle un suspect pas l'inverse (oui j'ai dis suspect allez voir la définition étonnement comme pour conscient il n'y a pas le mot coupable dedans). et toutes ces tentatives d'intimidation (tutoiement menottes pas le droit de se changer) sont tous simplement honteuses. Et puis accordez vos violons, un coup c'est une sale gamine un autre c'est une fille censée être responsable ! De plus elle était malade, elle ne flemmardait pas au lit lisez =)à$£@ ! c'est sûr que ces horribles flemmards de jeunes, faudrait tous les envoyez en GAV ça les guérirait un bon coup !!! (relisez des fois, vous êtes...impressionnant !)

  • mimoune78, le 10/02/2010 à 09h26

    A geeksista, les vacances pour Paris commencent le 22 février. Bonne journée

  • maur., le 10/02/2010 à 06h36

    Le tutoiement des flics a l'egard des prevenus, le manque de respect de leur part, c'est ce qui detruit leur reputation. A vouloir tous jouer aux petits chefs, ils se retrouvent comme des cons et de plus controverses par leur propre hierarchie.

  • levioloniste06, le 09/02/2010 à 22h04

    Alors en france quand il ya des agression dans un établissement on crie sur la police. Quand la police interpelle ce genre de personne on crie aussi sur la police... Faut savoir ce que l'on veux....!!!!!!!!!!

  • danou34110, le 09/02/2010 à 20h35

    A franky37 : il me semble que les policiers ne peuvent venir chercher quelqu'un à son domicile pour le mettre en garde à vue que sur la demande d'un juge et que le document qui les y autorise s'appelle un mandat d'amener.

  • rossignol91, le 09/02/2010 à 17h15

    Nous ne connaissons pas les détails concernant cette bagarre entre collégiens. Si la police est intervenue, c'est certainement pour quelque chose. Quand on voit ce qui se passe actuellement dans certains collèges ( jeunes agressés, voire tués pour de simples querelles, soit disant) il est parfois légitime de prendre les devants pour éviter certains drames. A ne rien faire, ne risque -t-on pas de laisser la situation se détériorer? Le monde d'aujourd'hui implique que parfois, le principal ou proviseur ne puisse régler le problème seul, à cause des représailles et du manque de respect de certains jeunes envers l'autorité. Je ne justifie pas les méthodes de la police, d'ailleurs qui suis-je pour parler de qqch auquel je n'ai pas assisté, mais leur intervention dans ce genre de situation peut permettre d'éviter l'escalade...

  • sk8ergiirl, le 09/02/2010 à 17h14

    Mon pyjama, mon père il remarque pas que c'est pas un habit tellement ils sont fait aujourd'hui. Ca m'étonne pas que la police l'ai pris pour un joggin...

  • touille06, le 09/02/2010 à 17h12

    Que l on aime ou pas ce commentaire ce n est pas le probleme . Le vrai probleme c est qu il est criant de veritè.

  • sk8ergiirl, le 09/02/2010 à 17h12

    Ma soeur est au lycée et est en vacances, donc voilà...

  • sk8ergiirl, le 09/02/2010 à 17h06

    Bah ça c'est à ceux qui ont porté plainte contre la gamine plutôt qu'aller voir le principal ou les parents. Sûrement les parents d'un autre ado.

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