Le lourd bilan humain de Xynthia aurait-il pu être évité ?

le 01 mars 2010 à 11h32 , mis à jour le 01 mars 2010 à 19h03

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Des questions se posent ce matin dans l'Ouest sur les mesures de prévention avant l'arrivée de la tempête mais Dominique Bussereau et Ségolène Royal écartent toute polémique.

Tempête : une nuit à la cellule de crise de la VienneInterventon de pompiers en Vendée. © TF1/LCI

Lundi matin, tous les élus de la région Poitou-Charentes rendent hommage aux victimes et se portent au secours des familles sinistrées. L'heure n'est pas à la polémique et la campagne régionale est pour l'instant suspendue. Mais beaucoup d'interrogations se posent parmi les habitants de la région sinistrée et des critiques se font jour sur les mesures de prévention avant l'arrivée des vents violents. Malgré l'alerte rouge déclenchée samedi après-midi vers 16h15 sur quatre départements, les zones côtières submergées n'ont pas été évacuées et la circulation des automobiles et des personnes n'était pas restreinte. 

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« Très honnêtement, le préfet de la Charente-Maritime, qui est l'ancien directeur de la sécurité civile, avait fait tout ce qu'il fallait, les gens étaient prévenus", a affirmé Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports sur France Info. "C'est un phénomène qu'on n'a jamais vu depuis plusieurs siècles, il faudra bien sûr regarder de plus près les livres d'histoire", a ajouté le patron du conseil général de Charente-Maritime. « Les arrêtés de catastrophe naturelle vont être pris pour favoriser les indemnisations, a-t-il confirmé. Il estime les dégâts à "des dizaines et des dizaines de millions d'euros".

De son côté, son opposante socialiste aux régionales Ségolène Royal s'est gardée de toute critique lundi matin. La présidente de la région a déclaré que ¨personne ne pouvait prévoir l'ampleur" de la tempête meurtrière. Elle a refusé de critiquer les services de l'Etat, tout en estimant qu'il faudrait tirer le bilan de cette catastrophe pour la reconstruction."Personne ne pouvait prévoir la concomitance des trois phénomènes météo (...) C'est toujours difficile de porter des accusations après coup", a-t-elle dit. "Il va falloir reconstruire des digues suffisamment puissantes, solides et hautes. Elles sont très anciennes n'étaient peut-être pas faites pour supporter un tel choc. Il faut maintenant en tirer les conséquences", a-t-elle ajouté. Sur LCI, le porte-parole de la Sécurité civile a affirmé à propos de cette tempête que « c'est un phénomène que l'on connaissait mal » sans toutefois commenter les actions de la préfecture. 

« Il faut construire autrement sur la côte »

Le président du Conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, a estimé pour sa part que la catastrophe provoquée par le passage de Xynthia imposait de nouvelles normes de construction. Les décès sont à déplorer essentiellement dans des localités de la Vendée proches de la mer, qui ont été submergées, où les habitants surpris dans leur sommeil ont été noyés. "Sur le moyen terme, il faut construire autrement sur la côte, partout en France. L'Etat impose des normes qui sont respectées par les maires le plus souvent mais qui ne sont pas assez sévères", a-t-il affirmé sur France info. Selon lui, les digues de plus en plus hautes et de plus en  plus renforcées, sont anciennes et il n'est pas souhaitable de procéder à une perpétuelle consolidation. "Partout où la terre est au niveau de la mer, il est prudent de construire plus loin", a estimé Philippe de Villiers.
 
Pour sa part, Chantal Jouanno a réagi lundi matin en insistant sur la nécessité de durcir les règles de construction dans les zones inondables. « Il y a des zones où on ne peut absolument pas construire", a-t-elle insisté sur i-TELE : "Il ne faut pas construire dans des zones qui sont derrière des digues, surtout quand elles sont encaissées entre une voie ferrée et une digue". "On est constamment accusé de vouloir mettre sous cloche, d'empêcher les constructions", a-t-elle ajouté. "Mais on subit des pressions, c'est clair". Depuis 1999, 100.000 logements ont été construits en zone inondable sur l'ensemble de la France : "C'est un combat perpétuel". Selon elle, le président de la République en déplacement dans les zones sinistrées lundi annoncera "un plan d'urgence et de consolidation des digues"." La France en compte près de 10.000 km dont "1.000 à risque", a-t-elle indiqué.

le 01 mars 2010 à 11:32
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18 Commentaires

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  • mcg35, le 01/03/2010 à 22h44

    Bonsoir. Et si l'on écoutait un peu plus la mémoire des anciens??? Une vidéo parle de grandes inondations en 1940 ... Les permis de construire ont peut-être été établis en bonne et dûe forme. Mais les terrains avaient bien été déjà inondés, donc le risque subsistait. D'autre part, personne ne peut, de bonne foi, dire qu'il n'était pas a courant de la force de cette tempête. Les médias n'ont pas cessé, samedi, de réitérer les alertes et les appels à la prudence. Ces pauvres personnes n'auraient-elles pas dû quitter leur domicile pour se mettre à l'abri??? Et les promoteurs??? Et l'entretien des digues??? Quand on connaît un peu la région, on voit qu'elle est plate sur des dizaines de kilomètres, et que le sol est très meuble. Bref, beaucoup de questions. L'heure est au recueillement et aux condoléances envers les familles des disparus.

  • rozennbretagne, le 01/03/2010 à 21h47

    Il faut surtout arrêter de construire n'importe où ! Il n'est pas normal de voir des terrains inondables se convrirent de maisons, c'est criminel !

  • nicocmlp, le 01/03/2010 à 19h30

    Et si on faisait un procès à la nature, je suis sûr que l'on trouverait des gens pour se porter "partie civile". Toutes mes pensées vont vers ceux qui ont été durement touchés.

  • rozennbretagne, le 01/03/2010 à 17h50

    Quelques soient les polémiques, la nature sera toujours la plus forte ! Nous ne sommes que des fétus de paille face à elle, il serait bon de s'en souvenir de temps en temps.

  • termermon1, le 01/03/2010 à 17h43

    Difficile de prévoir une telle catastrophe naturelle aussi violente ( même avec les techniques les plus modernes) et surtout la rupture de digues, Par rapport à 1999, les services météos et les autorités préfectorales avaientt mis tous les moyens en oeuvres ( territoires en alerte rouge.) Donc tous les habitants étaient prévus. En général sur les tempêtes, on annonce la vitesses des vents et la hauteurs des vagues mais très rarement on parle de l'eau. ( haut coefficient). D'autre part, on s'habitue aux alertes météos comme la semaine dernière de forts vents avaient ete annoncés et la réalité ne s'est pas concrétisée. On dit toujours la météo s'est encore trompée et la crédibilité n'est pas toujours prise au sérieux. C'est une explication je pense que les habitants soient restés très confiant de leur région qui ne les a jamais trahie. Personnellement, je reste toujours très attentif aux alertes météos et je vérifie par les cartes meteo internets. ( cartes des pressions, météo alerte infomations données tous les 10 à 20 mn pour toute la France). Je pense que je n'aurais jamais pu DORMIR dans cette région dans l'attente de cette tempête. J'aurai pris le principal et je serais parti en lieu plus sur. Mais encore une fois les habitants connaissent bien leur région. Condoléances aux familles et je souhaite bon courage à la reconstruction de ces belles régions qui nous accueillent l'été et pendant d'autres périodes de vacances. Le plus urgents semblent les digues.

  • henri_bambelle, le 01/03/2010 à 17h01

    On a su éviter l'épidémie de vache folle, le virus de la grippe du poulet H5N1, celui de la grippe porcine H1N1 du Mexique. On a échappé aux tremblements de terre de Haïti et u Chili. Que n'a-t-on pris les mesures indispensables pour se soustraire aux méfaits de Xinthia ?

  • albert75014, le 01/03/2010 à 16h08

    Et donc vous, vous avez quitter votre maison pour aller vous réfugier en hauteur ? Les gens qui se sont retrouvés sous l'eau savaient parfaitement qu'une tempête arrivait. Ils ne savaient pas, et personne ne le savait, que les digues allaient casser.

  • colst03, le 01/03/2010 à 15h41

    Je suis pour un site web gratuit géré par l'etat ou meteo france ou l'on pourrait s'inscrire pour recevoir ce genre d'infos en temps (en fonction de sa ou ses regions choisis) par email, fax, sms sur mobile, sms sur téléphone fixe. (quitte meme a payer 5? par an...) je pourrais inscrire ma mère qui habite en bord de mer et je serais plus tranquille de savoir qu'elle recevra l'information (y compris eventuellement d'evacuation) par des moyens simples qu'elle maitrise... Pour les personnes de plus de 75 ans et/ou handicapées, s'inscrire avec un niveau plus (controle téléphonique chaque année) permettant de figurer sur un listing des pompiers qui irait sur ce site web pour recuperer les listes des personnes a secourir en pirorité en cas de besoin (pas le degré de handicap et par l'adresse).

  • lise007, le 01/03/2010 à 14h31

    Oui tout à fait d'accord avec vous car dire" si on avait fait çi, si on avait fait ça" le risque est toujours là malheureusement.

  • timessquare, le 01/03/2010 à 13h57

    Hélas ce n'est pas une première .. il y a déjà eu une tempête en 1999 ... apparemment aucune leçon n'a été tirée

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